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#NudeVember, Twitter se met à poil

Depuis 2018, le #NudeVember semble avoir conquis plus d’une personne. Le principe : poster une photo sexy (un « nude ») tous les jours du mois de novembre. À chaque jour correspond un thème, offrant une contrainte artistique aux participants. On a posé quelques questions aux internautes qui se dévoilent avec le hashtag.

Un novembre à nu

Et si novembre rimait avec confiance en soi ? Après le Inktober, challenge lancé en 2009 par Jake Parker, qui met au défi les artistes avec une liste de thèmes journaliers, un collectif a lancé depuis 2018 le #NudeVember, ou « Novembre Dénudé ». Au programme, trente thèmes, un par jour, allant de la bougie pour le premier novembre à la diversion pour l’ultime jour du mois, où la nudité et la sensualité déshabillée sont mises à l’honneur au travers d’un cliché privé ou rendu public. Les participants n’ont pas l’obligation de participer à l’ensemble des thèmes du mois, ni même de respecter à la lettre le thème donné.

Les leitmotivs de ce challenge sont simples : donner à la nudité ou la sensualité déshabillée un côté artistique, apporter un cadre créatif aux participants. Plusieurs personnes ont décidé de participer à ce challenge pour faire de chaque cliché un instant unique, un moment pour soi.

Le NudeVember version 2020

Pour l’année 2020, plusieurs listes ont vu le jour sur Twitter. Le confinement décidé au dernier moment par le Gouvernement Français a sans douté participé au succès du challenge. Pour Pauline, c’est une façon de s’occuper tout en faisant quelque chose pour soi : « Pendant le confinement, on aime les challenges et c’est une façon de s’approprier son corps et d’apprendre à s’aimer nu parce qu’on nous dit trop : « tu as un corps comme ceci, tu dois t’habiller comme cela pour cacher tes rondeurs, tes vergetures, tes cicatrices… » »

Pour d’autres, le challenge est un bon moyen de gagner en visibilité et d’avoir une certaine rigueur. « Je viens de me lancer sur Twitter en tant que TDS et cela me semble un bon tremplin niveau visibilité », selon Sybille.

« J’aime l’aspect challenge – car certains de ces mots demandent d’être assez inventif […] cela me donne une motivation. Finalement, ce sont les mêmes raisons qu’on retrouve dans l’Inktober : visibilité, challenge et se forcer à être régulier », nous dit LovelySofty.

Le nude, un incontournable

Le nude n’en est pas à ses débuts sur Twitter. Des anonymes comme des célébrités de l’industrie du porn s’exhibent quotidiennement sur le réseau social qui est actuellement le seul à accepter la nudité explicite sans la censurer. Suggestives ou explicites, les photos fusent, aidées par les nombreux hashtags qui ponctuent la semaine, du #LundiGambettes au #SameDick, en passant par le #AssWednesday ou le #VendrediSeins (détourné en #VendrediTorse pour les hommes).

Les « nuders » n’ont pas tous la même motivation, bien que cherchant toujours à faire la photo qui fera la différence sur la timeline des followers. Pour certain·e·s, l’art en lui-même est au cœur de l’envie, comme nous le révèle un twitto anonyme, qui participe pour le « plaisir de la photo, la beauté de la photo érotique sans aucun jugement sur le physique ». Pour d’autres, le regard d’autrui est au contraire nécessaire. Comme l’explique Phoenix, c’est « un besoin de savoir si je peux encore séduire, être un objet de désir ».

Le nude comme thérapie

Oui, s’exhiber peut également devenir une véritable thérapie : les likes et commentaires des followers, les jeux de séduction… Valinoreh nous a raconté les raisons qui l’ont amené à se montrer sur les réseaux sociaux : « J’ai commencé car je n’avais plus confiance en moi, en mon corps, […] j’avais l’impression de ne pas être désirable. […] J’ai reçu en quelques heures plusieurs centaines de likes, et ça m’a mis un boost de confiance en moi monstrueux. Depuis, ma confiance est bien présente, j’ai continué pour la beauté de la photo. »

OmbreLumire4 quant à lui revient sur ses complexes passés. « Depuis l’adolescence, j’ai toujours eu des complexes, une difficulté quelque peu handicapante à accepter mon corps et de fait, une confiance en moi très faible », nous confesse-t-il. « En effet, j’étais très filiforme et ne correspondais pas forcément aux critères de beauté généralement acceptés dans cette société. J’ai toujours vécu avec ces complexes et depuis quelques années, j’ai décidé d’agir : travailler sur le visible (mon corps) et l’invisible (mon état d’esprit)» Ce timide et réservé admet que « cette mise à nu est avant tout thérapeutique. C’est un challenge personnel qui me pousse à me livrer, à m’abandonner (tout en conservant mon anonymat). Même si mon physique a évolué depuis l’adolescence, ma perception de celui-ci n’a pas forcément suivi cette évolution. Ce qui est positif et qui fait que cette démarche est efficace, c’est le retour bienveillant des gens sur mes clichés », ajoute ce fan de photographie.

Une autre twitta utilise les publications pour reprendre confiance en elle après avoir subi une expérience passée douloureuse, « qui a complètement détruit la perception que j ai de mon corps ». « C’est devenu pour moi un moyen de me rendre compte que mon corps n’est pas si moche, pas si gros, pas si repoussant », nous explique-t-elle. « Du coup, j’accepte un peu mieux mon corps même si parfois je ne l’aime souvent pas. » Elle reconnaît que les commentaires des followers l’ont aidée. 

Qu’on nude en novembre, pour un challenge, ou qu’on le fasse tout au long de l’année, Twitter est parfois une endroit thérapeutique où le désir et l’envie de plaire se télescopent finalement avec le besoin de s’aimer, de s’assumer, de s’apprendre et de se tolérer.

Photo en une : Lowiness

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  • Je ne connaissais pas le concept, mais je trouve que c’est une super découverte de méler le nude à l’art. Decidement le mois de novembre inspire pour les concours

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