Des tubes sur les tubes : quand les chansons parlent de porno

Qui ne s’est jamais époumoné sur une chanson dans une langue étrangère, sans jamais vraiment faire attention au sens des paroles ? De nombreux artistes évoquent la sexualité dans leurs morceaux et, parfois, ils parlent même carrément de porno. Hé oui, quand on parle de culture porn c’est ça : le porn qui s’enfile aussi dans vos oreilles.

Si comme moi vous avez grandi à une époque à laquelle Google Trad n’existait pas encore, et que l’anglais n’était pas vraiment votre point fort au collège et au lycée, vous vous êtes probablement ambiancé·e sur des chansons, pour réaliser quelques années plus tard que les paroles criées en yaourt parlaient de cul. Eh oui, figurez-vous que « Pony » de Ginuwine ne parle pas d’un petit équidé, et que le « Genie in a Bottle » de Christina Aguilera n’a rien à voir avec le génie d’Aladdin.

Eh oui, moi aussi, j’étais sur le cul.

Mais si certains artistes font leur possible pour faire des paroles à double sens, histoire de laisser le public spéculer et de conserver le bénéfice du doute, d’autres n’hésitent pas à y aller franco dans leurs chansons. Y compris en allant jusqu’à parler de porno.

Des tubes inspirés par les magazines

Quelle meilleure façon de parler de porno que de parler de ses premiers émois ? Pour beaucoup d’artistes, ces derniers remontent à avant les tubes, avant Internet, et ce sont donc les magazines qui leur ont permis de découvrir l’érotisme et la pornographie. Ainsi, plusieurs artistes ont rendu hommage aux centerfolds, ces pages centrales des magazines coquins, graphiques et emblématiques.

C’est notamment le cas de J. Geils Band dans leur morceau « Centerfold », dans les années 80. Les paroles, une fois traduites, sont sans équivoque et racontent l’histoire d’un homme qui découvre que son crush du lycée a bien changé et se retrouve désormais dénudée sur papier glacé. « Une part de moi a été arrachée, les pages de mon esprit se sont effacées, je ne peux le nier, je crois que je suis obligé de l’acheter (…) Mon ange est dans les pages centrales. »

Dans les années 80, toujours, Devo fait partie de ces groupes qui n’ont jamais hésité à faire des chansons particulièrement explicites, preuve que les rappeurs de notre génération n’ont rien inventé. Leur tube « Penetration In The Centerfold » y va nettement plus franco que celui de J. Geils Band : « Il y a un nouveau magazine dans les rayons, c’est le meilleur du moment (…) Dans les pages du milieu, il y a quelque chose qui me donne des démangeaisons : une fille avec un doigt dans la fente, et un mec qui lui défonce le cul. » Classe.

Difficile de ne pas associer pornographie et masturbation, l’un entraînant souvent l’autre. Et cet entraînement est très présent dans le titre « The Girls Of Porn » de Mr Bungle. Cette chanson au titre évocateur raconte les effets des pages de papier glacé des magazines pornos sur le principal intéressé : « Ma main se fatigue et ma bite est douloureuse, mais les filles du porno en veulent plus, alors je tourne les pages du magazine une fois de plus, et je laisse juste mon sperme voler. » Eh oui, les traductions littérales ont parfois de quoi faire rêver.

Des tubes sur les tubes

Évolution des modes de consommation du cul obligent, il n’y a pas que les magazines qui inspirent les artistes qui chantent le porn, dansent le porn, ne sont qu’amour pour le porn. Dans sa chanson « Porno Freak », Blowfly annonce la couleur dès le premier couplet en racontant : « Assis à la maison, jouant avec ma bite, j’ai décidé de regarder une vidéo. Il n’y a que les films cochons qui m’excitent, comme Deep Throat et The Devil In Miss Jones. » La chanson est une véritable ode au travail de Gerard Damiano.

Brian McKnight, lui, a carrément décidé de dédier une chanson à YouPorn ! Après que le site porno a décidé de faire la promotion de son titre « If Ur Ready To Learn », dans lequel il propose à une femme de lui montrer « comment sa chatte fonctionne » (sic) puisqu’elle n’est pas « venue le voir en premier », il a accepté d’écrire un hymne pour la plateforme. Malheureusement (mais sans surprise), le clip a rapidement été censuré de YouTube, et n’est désormais disponible… que sur YouPorn.

Les Français·es ne sont pas en reste

Parmi les chansons qui m’ont valu de sacrées réalisations, et dont je vous parlais en introduction de cet article, impossible de ne pas citer Yelle et son tube « Je veux te voir ». Je me rappelle encore le regard outragé de ma mère alors que je chantais les paroles dans la voiture, du haut de mes 16 ans. Désolée, maman…

Tout ceci n’est évidemment que ma petite sélection du moment, mais vous même vous savez, du titre « Le Pornographe » de Brassens à la chanson « Porno Graphique » de Mylène Farmer, ainsi que tous les artistes dont on a pu vous parler en 10 ans, la liste est longue. Et d’ailleurs, toutes ne sont pas en faveur de la pornographie. Des chansons telles que « Violent Pornography » de System of a Down qui s’époumone en parlant des « filles qu’on étrangle et de la sodomie, toutes ces merdes qu’on peut voir à la télé« , ou encore « I Hate Porn » de Halo of Kitten, qui au moins annonce la couleur dès son titre. Les paroles sont toutes aussi équivoques, puisque le chanteur y raconte qu’il n’a « aucune envie de voir quelqu’un se faire enculer« . Chacun ses choix, hein.

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