On aime… Jiz Lee

Depuis une quinzaine d’années, les yeux perçants et effilés, la nuque bien nette, la silhouette athlétique et décidée, Jiz Lee inonde la scène x de son sex appeal genderfluid. 

Jiz Lee, 39 ans, d’origine hawaïenne, fait partie de ces personnes au charisme surnaturel et inclassable qui nous laisse à rêver au moment où iel sortirait de notre écran d’ordinateur pour venir  nous initier à ses charmes mystérieux.

Ce fantasme est d’ailleurs le scénario d’une production Deeper, dans laquelle sa collègue performeuse April O’Neil interprète une gameuse en train de jouer aux jeux vidéos dans sa chambre en compagnie d’une part de pizza, histoire que le cliché soit bien complet. La scène renverse l’image d’Epinal du geek plutôt masculin qui fantasme sur les héroïnes de ses jeux, avec notamment l’exemple emblématique de Lara Croft. Jiz Lee sort du jeu vidéo et entre dans la chambre d’April. Celle-ci est d’abord terrifiée, mais on comprendra vite qu’elle a bien envie de goûter à ce.tte charmant.e combattant.e dont émane une aura de confiance en soi et de sagesse qui est un marqueur des apparitions de Jiz Lee à l’écran. 

Carrière queer

En effet, Jiz Lee a souvent dans sa carrière pornographique le rôle de guide, qui fait passer une forme d’initiation queer ou bdsm à ses partenaires. Elle commence sa carrière en 2006 chez Pink & White Productions, la société audiovisuelle de son amie Shine Louise Huston, notamment réalisatrice de la fameuse série pornographique queer Crashpad, qui propose un contenu assez cru, contrairement à certaines productions de porno dit « pour femmes » avec tout ce que cette formulation a de dangereux.  De la même manière que la productrice et réalisatrice suédoise Erika Lust appelle le public à participer à la dynamique de création avec son projet XConfessions, en proposant de lui envoyer son fantasme par écrit afin qu’elle le concrétise dans un film, Shine Louise Huston propose à toute personne queer intéressée par la démarche de participer à ses productions X, dans un soucis de réalisme et de diversité des représentations des sexualités. 

On retrouve donc beaucoup Jiz Lee dans la série Crashpad, mais aussi chez Sweetheart video, la bonne adresse pour toutes les lesbiennes des années 2000 à la recherche désespérée de scènes de sexe saphique réalistes et excitantes sur les tubes. On la retrouve d’ailleurs globalement dans toutes les sociétés de productions de ce type de contenu moins dirigé vers la gente masculine comme Burning Angel, Joanna Angel ou alors plus récemment la plateforme de tubes qu’a crée l’actrice X Stoya, TrenchcoatX désormais repris par Deeper. 

« I like mixing business with pleasure, and doing things that make me sweat. »

Jiz Lee

Un esprit sain dans un corps sain

Un aspect de Jiz Lee qui me touche particulièrement et fait d’iel une personne particulièrement intéressante et excitante est son activisme pour l’éducation sexuelle et le changement des mentalités. Un·e acteurice qui varie ses engagements, à côté de sa pratique du marathon, et gagne pour le coup en profondeur y compris dans ses performances. On la retrouve notamment dans un très bon tutoriel pour débuter le BDSM chez la KinkUniversity.com, par ailleurs une super chaîne, à la fois très excitante et qui donne de bonnes idées pour varier un peu ses pratiques sexuelles.  (décrire) Elle nous donne une leçon à base de consentement, de listes des possibles (listes de pratique dans la phase de négociation entre les deux partenaires, durant laquelle ils se mettent d’accord sur les possibilités de la séances), safe words (mots pour arrêter ou continuer une pratique sm) tout en masturbant sa partenaire avec une Magic wand.

Iel est également l’auteurice d’un recueil de récits de travailleurs et travailleuses du sexe de leur « Coming out as a pornstar », c’est-à-dire s’affirmer publiquement en tant que porn star. Ces histoires de coming out, positives, négatives, en demi-teinte tracent une galerie de personnalités complexes et uniques qui sort un peu les TDS de leur représentation uniforme habituelle. Iel a commencé ce projet quand iel se renseignait autour de ses collègues pour pouvoir l’annoncer à sa famille, et s’est vite retrouvé avec une profusion de témoignages riches et divers qui l’ont poussé à former ce recueil. Un fil se tisse entre les témoignages, entre communauté, fierté de soi, affirmation et bien sûr le heurt de la stigma qui touche la majorité des travailleurs du sexe. 

Image en une, Jiz Lee dans Spill de Four Chambers

'

Aucun commentaire. Laisser un commentaire

Laisser un commentaire