Sexe & Style : les conseils de beauté des performers porno

Quelle place les performers accordent-ils à leur apparence ? Une interrogation à laquelle Dazed Digital apporte de nombreux éléments de réponse, en direct du Berlin Porn Festival.

L’espace d’un captivant article, Dazed Digital nous en dit plus sur la portée symbolique du maquillage au sein de la porn culture. De nombreux performers nous racontent comment l’apparence influe sur leur identité, leur sexualité et leur alter-ego porno. Bishop Black revient ainsi sur la « fétichisation de l’homme noir » et toutes les pressions qui lui sont inhérentes. Pour Black, soigner son apparence est une manière de jouer avec les codes relatifs à ces clichés tout en s’affirmant pleinement : transfigurer le stéréotype et en faire « de l’empowerement« . Le maquillage est essentiel durant ce processus puisqu’il lui permet de revendiquer sa bisexualité en déconstruisant par petites touches les diktats de la masculinité. « Aujourd’hui je me sens très féminin » conclue l’acteur, fasciné par l’esthétique drag queen.

Bishop Black @ JustFor.Fans

Alors qu’on pourrait croire qu’il n’est qu’un artifice, le maquillage est une arme pour les artistes du porno indie. Figure de proue du studio Four ChambersVex Ashley raconte comment elle est passée au cours de sa carrière d’un look candide à un style plus atypique, comme si mettre en scène son corps lui permettait d’assumer son étrangeté. Rouge et lèvres et mascara tiennent une place centrale dans une scène porno à ses yeux, ainsi conseille -t-elle à ses collègues performers un rouge à lèvres spécifique d’une résistance de vingt-quatre heures, « sorte de vernis à ongles pour la bouche« . Le rapport qu’entretient la performeuse Sadie Lune avec le makeup est plus organique encore puisqu’il questionne son rapport au glamour, au militantisme et aux années qui passent. « Vieillir est un peu plus facile à vivre pour les gens de ce milieu qui ne sont pas des femmes » affirme cette férue de lipstick gothique.

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© Carmina

« Au début de ma carrière, je prenais soin à me conformer constamment aux fantasmes de mes clients, mais depuis j’ai imposé mes propres préférences concernant la façon dont je souhaite paraître. J’ai plus de tatouages, je me suis rasé un peu la tête et j’ai cessé de m’épiler » détaille de son côté Lupa, escort et performeuse réfléchissant à son apparence suivant ses aspirations de féministe queer, soucieuse de renverser les injonctions de beauté féminine énoncées par le patriarcat. Volontiers considéré comme un nid à diktats, le « physique porno » est remis en question au sein d’une certaine scène X alternative. Là-bas, il est un pouvoir. Une façon de mieux s’accepter. Ainsi le performer et réalisateur Rooster apprécie-t-il quand les performers se maquillent tous ensemble : « Nous prenons soin de nous et avons l’impression d’être intime les uns avec les autres. C’est vraiment sympa« .

© Carmina

Photo en une : © Nadine Fraczkowski

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