La Chine interdit la banane chez les streamers

Ce n’est plus un secret pour personne, la Chine est accro à la censure sur Internet. Pour rappel, le porn a disparu des réseaux Chinois depuis 2002, entraînant dans sa chute l’esprit fappeur d’un peuple et aussi quelques webmasters. Si le porn est formellement interdit là-bas, il existe quand même des sites de cams à caractère non sexuel et des plateformes de streaming très populaires où des animatrices et animateurs s’adonnent au karaoké, tout ça dans une ambiance teintée d’une douce ambiguïté. Mais après avoir diabolisé la masturbation auprès de toute une génération, le gouvernement chinois s’attaque dorénavant aux symboles phalliques, comme la banane, susceptibles de corrompre sa jeunesse très friande de streaming.

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Le ministre de la culture chinois a annoncé qu’il serait désormais interdit de consommer des bananes pour les streamers du pays pour des raison de « cyber-écologie ». Les sites concernés par cette mesure se nomment YY, Douyu ou encore Panda.tv, les équivalents respectifs de Twitch, Periscope et Ustream. Une affaire similaire à la croisade dans laquelle Instagram s’était engagé contre le hashtag #eggplantfriday en 2013, sous l’égide duquel les utilisateurs se photographiaient affublés d’une énorme aubergine. Puis deux ans après à l’emoji aubergine lui-même.

Il est difficile d’imaginer qu’une mesure aussi absurde puisse être totalement respectée. Dire à quelqu’un – et tout particulièrement aux rejetons d’Internet – de ne pas regarder quelque chose, c’est s’attendre à ce que le contraire se produise. « Comment décident-ils de ce qui est provocant quand quelqu’un mange une banane ? » se demande d’ailleurs un utilisateur de Weibo (équivalant de Twitter en Chine, lui aussi interdit). Il est vrai que la portée symbolique d’une banane n’est pas plus sexuée que celle d’un concombre ou encore d’une sucette.

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Cette décision fait écho aux propos du secrétaire général du Parti communiste Chinois Xi Jinping qui appelait récemment à « purifier l’Internet » : « Internet est un important vecteur d’idées et doit permettre au meilleure de la culture de se propager et de promouvoir l’énergie positive » déclarait-il à la dernière World Internet Conference en décembre dernier.

On espère que cette mesure anti-banane ne servira pas le projet de purification culturel d’Internet que le président chinois s’est mis en tête, tout comme la croisade anti-aubergine n’a pas fait trembler la jeunesse américaine.

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