L’Inde et le #pornban

La relation entre l’Inde et le porno, ces derniers temps, pourrait se résumer à un énorme « je t’aime, moi non plus ». Voyez plutôt. Le 3 août dernier, le Ministère des Télécommunications a ordonné aux fournisseurs d’accès de bloquer plus de 857 sites au contenu pornographique. Une interdiction massive sous prétexte de lutter contre la porno-pédophilie en ligne, mais sans mesure de filtrage…d’où le bannissement arbitraire de sites comme Pornhub, Redtube et Youporn. Ou, plus absurde encore,  celui du Dauphiné Libéré ! Une logique digne d’un bon vieux Contrôle Parental des familles. En fin de semaine, le gouvernement s’est finalement rétracté  et lesdits places à fapperie de revenir sur le paysage bollywoodien, qui rappelons-le n’a pas à rougir de sa place dans le porn game si l’on en croit les graphiques Pornhub. En une semaine, le nationaliste Narenda Modi a eu tout le temps de démontrer sa véhémence à l’égard de cette culture, ainsi que son désaccord envers la Cour Suprême, qui pour sa part refusait nettement le carnassier mot d’ordre politique #PornBan.

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Entre temps, les débats ont fleurit, comme d’habitude avec ce qu’implique le porn, sur quelques sujets périphériques : la fameuse morale hypocrite du gouvernement de Modi, l’infantilisation des citoyens que cela engendre, l’importance à accorder au consentement par-delà la diabolisation futile du porn et le besoin de privilégier la lutte contre les sites pédophiles, l’inadéquation entre le ban et le respect des libertés individuelles et des occupations privées. Le porn permet toujours de remettre en question le fonctionnement d’une société et l’idéologie de ceux qui en sont les représentants officiels. Comme le clame l’édito du Times of India quant à la dimension néfaste de ces interdictions, « they only perpetuate a feudal mai-baap sarkar that offers bogus morality in place of genuine security. What modern India must encourage instead is people’s freedom to decide how they eat, drink, think and live. ». Interdire la pornographie revient à instaurer une république « ban-ana », c’est à dire une société du ban. Une société qui nierait sa propre culture : remember le Kama Sutra ? Durant quelques jours, nombreux furent ceux à s’indigner, de Xhamster à College Humor (tous deux bannis en Inde !) en passant par des personnalités nationales comme l’auteur Chetan Bhagat.

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Afin de réagir à cette mesure de censure nationale, des étudiants de la Miami Ad School (Mumbai) ont mis en place une campagne intitulée #LiftThePornBan. L’objet principal de cette initiative ? La réalisation truculente de quelques petits montages parodiques démontrant l’absurdité de ces décisions politiques puritaines. On y voit en une série de décalages satirico-ironiques quelques tags parfaits illustrés par des photographies mainstream, donc « acceptables ». Milk remplace MILF,  le « black clock » apparaît au lieu du BigBlackCock, tapoter Jizz ramène à Jazz (ce qui, croyez-le ou non, pour certains sadomasochistes, est la même chose). Tous ces petits jeux de mots croustifondants n’ont rien de révolutionnaires, mais cette affaire prouve que le rire du caricaturiste est la meilleure des défenses. Un humour tarte-à-la-crème…se référant directement aux creampies ! #foodporn.

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Le mot d’ordre contestataire, réponse directe au #PornBan indien, prend la forme d’une question rhétorique : « Since when have you let others decide for you? ». Une interrogation s’adressant directement à Narenda Modi, dont on aime à deviner qu’il ne connait pas encore assez bien Le Bon Fap.

Ou Sunny Leone.

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Sunny Leone

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