La Proviseure Musso, la MILF de nos goûters d’enfance

“Je suis le volcan sous la glace” (Proviseur Grace Musso in Parker Lewis Ne Perd Jamais, S01E22)

Souvenirs, souvenirs. On rentrait de l’école, direction pain au chocolat/lait fraise, cahiers à bazarder et tête à vider. Télé, zapette, série. Loin de nous prendre pour des buses, les scénaristes de Parker Lewis Ne Perd Jamais ranimaient directement en nous la folie de l’enfance, par le biais d’un déluge de gags visuels tout droit sortis d’un dessin animé de Chuck Jones. Laissant de côté la pédagogie journalière, ils nous instruisaient à coups de rébellion jubilatoire, d’esprit d’équipe pour teenagers, de mise à mal de l’autorité et autres chemises improbables aux motifs psychédéliques.

Série profondément mésestimée, mal distribuée chez nous et fort peu analysée, ce classique du show américain s’inspirait ouvertement des teen movies contestataires de John Hugues, La folle journée de Ferris Bueller en tête, et nous faisait croire que chaque journée pouvait être un film. Et par la création du Proviseur Musso, qu’on se le dise : chaque journée pouvait être un film porno. Regardez-là soupirer et fabriquez les yeux fermés votre petit film cochon intérieur. Musso, c’est l’histoire de notre puberté.

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Elle dirige le lycée Santo Domingo et s’appelle Grace Musso. Grace, pour évoquer l’harmonie des formes, l’intuition féminine, les talons-aiguilles qui non sans mélodie claquent sur le sol. L’élégance. Musso, pour mieux perturber l’exercice du fap par quelques images de Mussolini, comme si en pleine masturbation la sadique nous prenait soudainement par les parties en rappelant sa force de frappe. Son panorama pour le moins évocateur est celui des premières petites copines au rire facile, des cours d’éducation sexuelle ronflants et des éjaculations précoces. Les filles se fringuent comme Madonna mais Musso, elle, a une personnalité bien trempée. Son air un brin latino, ses jambes offertes sans pudeur, cette bouche prête à se refermer pour gober net on ne sait quoi, ce pouce au garde-à-vous façonné pour fister, ce rouge à lèvres sanguin, ce ton déterminé de dominatrix et ses regards assassins ont fait d’elle le fantasme absolu de la mère possessive. Las, en vadrouillant sur le net le sexe en main, nous n’avons pu dégôter qu’une seule analyse pointue élaborée par un modeste youtubeur : “grace musso is a milf i wanna fuck her!!!” . Beau résumé, petite âme égarée.

Le sacre de la #SexyDominantTeacher

Grace Musso représente par excellence le fantasme de la maîtresse SM. La domination n’est pas seulement pour elle la caractéristique d’une catégorie sociale mais une philosophie de vie. Alors que nous étions tout juste en âge de lire La Redoute, France 3 nous faisait parcourir le délicieux monde du sado-masochisme, via une fiction intégralement basée sur ces rapports de domination/soumission et plaisir/souffrance. Eternelle nemesis du jeune Parker, Musso est l’archétype de la femme fatale de série noire transposée dans un decorum de campus californien. Le schéma scénaristique est des plus basiques, comme dans n’importe quel film un tant soi peu coquin. Lewis est un jeune intrépide qui joue avec le feu, se brûle et subit la colère vengeresse de l’affolante Musso, véritable tornade sur tailleur, pouvant d’un geste de la main littéralement “briser la glace”. Grace est du genre à fesser chaque élève un tant soi peu potache, avec ce même entrain démesuré qui ferait d’elle une toon du sexe.

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En cette ère marquée par les films d’Adrian Lyne, la série immortalisait l’archétype de la femme forte, la working girl annonçant les futures Lois du monde cathodique. Mademoiselle Musso est une croqueuse d’hommes à l’éternel célibat. Son amant longue durée ne serait autre que le protagoniste juvénile, au vu du nombre conséquent d’allers-retours qu’il effectue dans son endroit sacré. Une relation par intermittence, mélangeant amour et haine. La jubilation avec laquelle Musso punit son élève-fétiche dépasse clairement le professionnalisme et vire à l’obsession. Et que dire de ce dernier, répétant ad vitam ses erreurs pour mieux finir par “se faire coller” par cette Thatcher sexualisée, affublée de son lèche-bottes collabo ?

Mademoiselle Maso

Le dix-huitième épisode la première saison est une sorte de point de non-retour. Est mise en images la romance déviante entre notre MILF préférée et l’ignoble Dr. Pankow, rival de toujours et psychopathe fétichiste de son état. Au-delà des gags si nostalgiques qu’ils foutraient la larme à l’oeil, tel ce Weird Al Yankovic jouant As time Goes By au piano, se développe scène après scène une accumulation de sous-entendus grivois et autres signes polissons. Durant ces vingt minutes de tension sexuelle à la Basic Instinct, Pankow offrira à la maîtresse du Donjon Domingo le doux surnom de “Mademoiselle Maso” et, lors d’une séquence anthologique, ladite MILF se réjouira de la danse d’un chippendale. Son tailleur joliment décolleté n’est pas sans évoquer la robe qu’elle porte au cours du bal de fin d’année. Rien de plus excitant alors que cette poitrine interdite, ces seins encore arrogants malgré le temps qui passe, synonyme de coups de règle sur les doigts pour qui voudrait y poser la main.

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De là à considérer le running gag de la vitre éclatée comme une métaphore du cumshot fulgurant ou de l’orgasme assourdissant, il n’y a qu’un pas. Après tout, Tex Avery n’était pas le dernier pour nous noyer de vignettes érotiques. Alors libre à nous de considérer Musso comme la personnalisation de nos désirs les plus secrets, ceux du cancre du fond de la classe masquant difficilement son érection à l’aide du bouquin de maths. On n’a jamais vraiment su ce que fichait le nerd Jerry quand il se retrouvait, au moins une fois par jour, enfermé dans les casiers du bahut. Mais nulle doute qu’il pensait fortement au contact entre sa langue pâteuse et les chaussures très chic de Grace, tout en se paluchant frénétiquement. Vous êtes-vous déjà demandé si Grace portait des sous-vêtements noirs en dentelle et aimait porter du cuir le samedi soir ? Selon moi, aucun doute là dessus.

Je repense soudainement aux années de collège et j’ai mal à mon fap. Qu’est donc devenue la démone de mes premiers émois ? Depuis l’ère Parker Lewis, on a pu apercevoir Mélanie Chartoff dans Mariées, Deux Enfants, Seinfeld, Ally McBeal ou encore… Desperate Housewives. Logique. Elle enchaîne désormais les productions pour marmots, des Razmoket aux Docteur Dolittle. Infiltrée, elle continue de pervertir le monde des gosses avec sa voix de tigresse.

Si la mythique Stacy’s Mom tentera de lui voler la vedette, ne craignons pas de dire que Grace fut la première. Et la meilleure.

1 commentaire Voir les commentaires

  • Superbe prose!! Je suis à 100% derrière. Et durtout derrière elle.
    Pour le cuir, elle en a porté dans différents épisodes sous la forme de jupes noires ou rouges…, Inutile de préciser que ces vêtements la mettaient extrêmement en valeur!!! Ouahou!!!

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