SEX CRIMINALS : La comic-book-sex-comedy chez Glénat

Voilà enfin une idée qu’Andrew Niccol n’a pas eu (à part refaire un bon film depuis S1mone) : un couple fait l’amour et le temps s’arrête. C’est là le topo de la saga Sex Criminals. Les deux amants en question, deux êtres égarés dans une vie qui ne veut pas d’eux, vont user de ce pouvoir de “gel du temps” pour piller les banques et se la jouer Bonnie and Clyde.

Si le postulat peut laisser songeur, précisons quand même que cette création de Matt Fraction (Uncanny X-Men, Iron Man, Fantastic 4, Hawkeye) et Chip Zdarsky, au-delà de son gros succès outre-atlantique, des louanges de USA Today et du Times Magazine, a remporté un Eisner Awards et fera prochainement l’objet d’une adaptation en série TV. Cette fantaisie SF vient donc enfin de débarquer chez Glénat et, en attendant de se poser pour une bonne lecture, on peut déjà écouter le morceau hip-hop qui lui est dédié.

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Le concept comique de l’éjaculation comme meurtrissure temporelle et in extenso pouvoir divin rappellera au choix un sketch du Golden Moustache ou une vanne de Jerry Seinfeld. Voir son nom accolé à l’appellation sex criminals doit déjà être une blague en soit. Bonne chance, les mecs. À noter que Fraction a grandit en lisant Black Kiss, la cultissime bd noire comme café gavée de scénettes puant le sexe.

Au-delà de l’histoire façon K Dick du cul, le dessin est indéniablement attractif. Effets de flou à la Hamilton, bribes de corps en cases, apogées visuelles concordant parfaitement avec le sensationalisme de l’orgasme, luminosités scintillantes qui évoquent parfois l’esthétique d’un Shinkai (son penchant pour la dimension romantique des lumières) ou les délires hallucinogènes d’un Gaspar Noé. Cela dit, les mectons à la barre de ce trip graphique citent plus volontiers les roms coms de Billy Wilder, Jackass et les réalisations d’Apatow comme influences névralgiques.

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En gros, un équilibrage ovniesque entre la screwball comedy, la sex comedy, le trash slapstick et l’existentialisme du quadra. Fuck yeah! Sérieusement, des comic-book artists qui citent American Pie comme indéniable référence ne peuvent pas faire de mauvaises choses, à moins de préférer le troisième opus. Dans l’idée, j’ajouterai que ça ferait un très bon synopsis d’épisode pour Futurama – et que le concept d’un arrêt temporel amoureux n’est pas sans rappeler le finale episode de ladite série. Bref, à travers cette chronique rigolote de deux paumés initialement publiée chez Image Comics, on est loin des quelques fulgurances dégueux de sexe crasseux aperçues chez Spawn, autre gros succès de la boîte. Du comique dans un comic, saupoudré de parties de jambes en l’air et de réflexions à la Kevin Smith ?

Une came à tester de toute urgence, donc.

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