L’étrange érotisme des poupées mannequins articulées

Il faisait beau ce matin, il faisait chaud, les oiseaux chantaient à tue-tête et les passants semblaient heureux. Au bureau c’était une toute autre atmosphère qui régnait, plutôt glaciale. Notre chercheur de news, notre fin limier d’Internet nous avait déposé un lien vers slantist.com avec ce mot étrange : “je ne veux pas être mêlé à cela, je préfère déconnecter”. Une bien curieuse façon de commencer la journée.

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Avant de mettre les deux pieds dans le plat en porcelaine, il faut se remettre à jour. Les poupées mannequins ont bien changé depuis 15 ans, fini Barbie et Ken, place aux Bratz, Pullip et autres BJD : Ball-jointed doll pour les enfants mais surtout pour les grands enfants. Ces poupées, articulées ou non, d’environ trente centimètres ont évolué pour devenir des objets de collection qui se vendent à plus de 300 dollars. On peut également acheter leurs accessoires à part (cheveux, chaussures, têtes, habits, yeux…) afin de customiser à l’envie ces petites poupées aux grands yeux, au teint blanchâtre et aux traits juvéniles, que ce soit via des sites dédiés ou sur Etsy.

Fairyland

Du côté de Flikr ou DeviantART, on trouve de nombreux photographes et artistes qui exhibent leur collection, le plus souvent avec beaucoup d’innocence, fascinés par ces regards trop réels mais aux proportions fantastiques. Puis d’autres qui poussent le vice à donner à leurs poupées des attitudes lascives et sensuelles, jouant sur l’ambiguïté de l’âge de ces objets dont le visage enfantin se perd dans les influences emo, romantiques et japonaises. Le terme « ambiguïté » est sans doute un doux euphémisme car les références au Lolicon, ce manga pédo, légal au Japon mais passible de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende en France si vous en possédez, sont évidentes pour ceux qui traînent dans les sales recoins d’internet.

Sous l’objectif de ces collectionneurs, ces poupées, naturellement sensuelles et douces, se sexualisent dangereusement. Difficile alors de connaitre l’intention réelle de ces personnes. Surfent-ils sur une vague « pédo-sensible » ? Ou détournent-ils l’usage premier de ces poupées pour leur donner une forme adulte ? Jouent-ils sur un érotisme naturel et sous-jacent à la Hamilton ? A moins que leur fétichisme les pousse à glamouriser sans arrière-pensées ces objets à l’âge indéfini ?

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Mais c’est peut-être cet usage détourné et cette imaginaire entre le béatitude, l’érotisme et la mort qui a poussé la société Notdoll Lab à proposer des poupées dont la charge érotique est clairement présente : langue perverse, regard mi-clos, au charme doucement nécrophile. Une attitude entre deux eaux qui n’est pas sans rappeler le tableau Ophelia du peintre anglais Sir John Everett Millais pour les plus Shakespeariens d’entre vous. Les autres y verront une référence certaine et légale au lolicon mais sans actes sexuels. La plupart se contenteront d’afficher un point d’interrogation clignotant au-dessus de leur tête.

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L’ambiguïté est terre de subtilité et ces photos ne sont pas condamnables en soi puisqu’elles ne représentent pas de relations sexuelles. Par contre, elles interrogent le regard que l’on porte à l’innocence supposée de ces objets. Selon l’angle, la pose, l’attitude, ces poupées se sexualisent malgré leurs traits juvéniles. Qui sont les plus pervers, ces fétichistes ou notre regard sur leur travail ?

Dans un cadre plus léger, on retrouve également des poupées mannequins détournées de leur condition originelle de jouet pour devenir la représentation d’adultes dans des postures sexuelles. C’est le cas de l’artiste Sharon Wright et de son projet Fifty Shades of Plastic qui cherche à montrer la partie sensuelles des poupées.

On vous laisse maintenant réfléchir avec ces quelques clichés.

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2 commentaires Voir les commentaires

  • Dommage de n’avoir montré que des exemples de poupées féminines parce que mon premier contact avec les BJD a été des jeunes femmes érotisant des persos de (très) jeunes garçons et pour le coup, ça dérange carrément. :)

  • En parlant de poupées, ça me fait penser à Team America…

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