Tsurufoto – Year Of The Bush

Aaron « Tsurufoto » Tsuru est un hipster. Il le sait et il en joue. « Damn, it feels good to be a zinester ! » proclame-t-il sur son site officiel pour faire la promo de son magazine Nudiezine, un pur produit de la philosophie DIY. Sur commande seulement, Aaron Tsuru s’empare de son cutter et de son agrafeuse pour vous confectionner un exemplaire unique de ce magazine dont lui et sa copine sont les seuls contributeurs. Quatre dollars pour une trentaine de pages de photographies et d’articles ; outre-Atlantique ça marche plutôt fort. Une bonne surprise, d’autant que le sujet favori du garçon est la nudité — et à plus forte raison la pilosité.

Dès la page d’accueil de son site, on est mis dans le bain ; l’arrière plan, d’un blanc immaculé, est sobrement orné de poils pubiens. Vous en conviendrez, difficile de ne pas penser à la lunette des toilettes. Au-delà de la provocation, Aaron Tsuru nourrit un véritable intérêt pour le corps humain et ses « imperfections qui le rendent unique et parfait. » La raison d’être de son travail, particulièrement dans sa série de cinq vidéos intitulées YOTB – Year Of The Bush, c’est la quête de la vérité toute nue.

Pas de maquillage pour les filles, pas de lumière avantageuse. Dans la majorité des cas les corps sont secs, musculeux, masculins. On pense à Schiele quand elles ondulent et font saillir leurs os, alors que se découvre brutalement cette obscurité qui fait tant débat : des poils. Nombreux, denses, sombres. Pas de ticket de métro, ici on est en friche. En tant que fervent amateur d’épilation totale, j’avoue avoir été instantanément repoussé. Le caractère brutal, quasi-pavlovien de ce réflexe m’a interpellé : pourquoi tant de dégoût pour le poil ?

En ce moment, les poils et le droit d’en avoir semblent rappeler au monde qu’ils ne sont pas devenus qu’une « fantaisie ». Le travail d’Aaron Tsuru va en ce sens : ces créatures androgynes aux minous – voire aux aisselles – denses sont des femmes attirantes, malgré leur mépris des critères de beauté modernes et artificiels. A l’occasion de la sortie de Year Of The Bush V, on vous recommande chaudement les quatre autres vidéos qui composent le polyptyque Year Of The Bush, histoire de voir autre chose que les étendues lisses et aseptisées de toutes ces actrices porno anonymes. L’idée n’est pas de faire de vous un amoureux des poils ; tout ça reste une affaire de goûts.

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Retrouvez l’ensemble des vidéos de Tsurufoto sur leur Vimeo

 

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