John Stagliano

John Stagliano a longtemps cherché son chemin dans les études. Journalisme, ingénierie, sciences économiques : rien n’y fait, John aime surtout les femmes. Nous sommes au début des années soixante-dix, John prend des leçons de danse et de théâtre. De saines activités qui visent à satisfaire son besoin de proximité avec la gente féminine, en écrasante majorité dans ce genre de cours. Finalement, son cursus universitaire est remarqué ; le voilà membre de la toute première troupe de Chippendales. Il en rêvait. Après quelques années passées à travailler cinq nuits par semaine, il tente de lancer quelques magazines pornographiques – sans grand succès. John Stagliano ne le sait pas encore, mais son ambition et son goût déjà très prononcé pour les culs vont changer la face du porno.

1983 : le pygophile se lance dans le porno pour de bon, les escarmouches anecdotiques en huit millimètres ne sont plus à l’ordre du jour. Acteur à l’occasion mais directeur avant tout, il tourne sur commande pour diverses boîtes. Ça fonctionne bien, assez bien pour lui permettre de lancer sa propre boîte de production en 1989. Evil Angel Video est né, en plein cœur de l’hégémonie VHS. Notre héros, bourré d’idées et galvanisé par les faibles coûts de production, filme comme un petit fou. Touché par la grâce des courbes de Tracey Adams, John Stagliano voit la lumière et invente son alter ego cinématographique au son des trompettes célestes. Il y projette évidemment son amour inconditionnel pour les culs : le bien nommé Buttman vit ses premières aventures en 1989. Depuis, plus de soixante-dix épisodes des fameuses Adventures of Buttman ont vu le jour ; Buttman en Europe, Buttman contre Buttwoman, Buttman au Brésil, sans oublier l’Odyssée de Buttman. De 1994 à 1996, John Stagliano ne tourne que ça. Lui et son grand copain Rocco Siffredi révolutionnent le porno, probablement sans trop s’en rendre compte. Aujourd’hui, il est communément admis que John Stagliano est l’inventeur du porno type gonzo. Ce n’est pas rien.

Delicious Butts

Ce n’est pas tout. Tel un Robert Montgomery du porno, John Stagliano a l’idée de tourner ses scènes uniquement en caméra subjective : le P.O.V est né, cinéma vérité style ! Utilisé dans le cadre du gonzo, il décuple encore le sentiment d’immersion du spectateur. La plongée dans l’excitation est immédiate ; à l’aube des 90’s, c’est un choc. Le succès est immédiat et Evil Angel s’impose rapidement comme leader du marché. En 1996, cinq cent mille VHS sont vendues. La légende lancée par US News and World Report veut que la production d’une vidéo coûte alors environ huit mille dollars à John Stagliano ; un investissement dérisoire par rapport aux profits qu’il engendre, parfois près de deux cent cinquante mille dollars.

Quinze ans plus tard, malgré l’arrivée des géants type Reality Kings ou Brazzers, Evil Angel est toujours un acteur majeur de l’industrie pornographique. Les déboires de son fondateur (testé séropositif en 1997, après une aventure avec un transexuel brésilien) et un procès pour obscénité lancé contre Evil Angel par les chantres puritains de l’administration Bush, offusqués par les enemas et le squirting, n’ont pas eu sa peau. John Stagliano, éduqué dans une famille conservatrice du Middlewest, a bien failli finir professeur de sciences économiques ; au lieu de ça, il est devenu un parrain du porno, à la dure. Un vrai self-made man auquel tous les fappeurs doivent beaucoup.

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