Au mauvais fappeur : du plaisir tiré de la misère humaine

Public Agent est un studio spécialisé dans la fausse caméra embarquée mettant en scène la plupart du temps un homme, GoPro vissée sur le front, proposer de coquettes liasses de biftons à des filles ramassées sur le pavé en échange de quelques services sexuels. S’il appartient à la même galaxie que Fake Taxi, Fake Agent et Fake Cops, Public Agent n’a pas besoin de décorum pour être le plus reconnaissable. Son principal protagoniste est en général un homme d’une trentaine d’années, peut-être d’origine tchèque à en croire son accent. Son visage n’apparaît jamais dans l’angle de la caméra.

Le principe est toujours le même, une jeune fille se fait accoster par le type en question ou un autre acteur. Le mec se pavane et prétend être photographe ou complimente simplement la jeune femme sur sa beauté ou sa délicate façon d’arpenter les rues. Une ribambelle de personnages féminins ont été mis en scène dans ces vidéos, la fille est parfois une étudiante se baladant sur son campus, parfois une prof de fitness ou encore simplement une « michto à la recherche de baise avec une célébrité ». Les profils sont différents mais se rejoignent sur une seule et même inclination : toutes ces filles sont vénales et accepteront de baiser avec n’importe qui pour quelques billets.

Martin public agent

Martin, l’un des acteurs de Fake Agent

Je ne suis pas en train de faire un procès en bien-pensance contre le porno et tous les fantasmes que celui-ci peut satisfaire. Comme bon nombre d’entre vous, les réalisations de type Public Agent m’ont offert quelques faps. Cela pourrait être honteux, mais tout ceci n’est que de la mise en scène, exactement comme les films façon Casting Couch. Les rencontres ne sont pas fortuites, des contrats sont signés avant que les caméras ne se mettent en marche, tout le monde est au courant du petit jeu et a accepté de s’y prêter. Si les michtos et le prétendu pouvoir de l’argent font fantasmer certains fappeurs, grand bien leur en fasse – pas de kink-shaming chez nous.

Le problème, c’est qu’il arrive parfois que ce genre de petit scénario s’enfonce profondément dans le mauvais goût. Je parle d’une vidéo publiée par Public Agent il y a de ça trois ans. La scène est titrée Homeless Girl Gets Fucked To Pay For Hotel – ce qui est plutôt transparent. On peut y voir notre héros ramasser une fille sur le trottoir pour l’inviter à prendre un bol de soupe. La jeune femme est présentée comme sans domicile fixe. Après une conversation oscillant entre remarques glauques et fausse compassion de la part du caméraman, la « SDF » se voit proposer une semaine all-inclusive dans l’hôtel d’à côté. Une fois sa chambre réservée, la jeune femme s’engouffre dans la douche pendant que le mec lui propose d’une voix dénuée de toute âme de la « baiser si elle veut rester encore dormir ici ». S’ensuit un coït rempli de malaise.

Aussi sinistre soit le propos de la scène – qui balance un messages franchement douteux, tant envers les femmes que les hommes -, il est également incroyable de voir à la lecture des commentaires que les gens puissent encore croire que ce genre de porn relève du réel, que l’actrice est réellement SDF, qu’elle accepte de vendre son corps pour se sortir de la rue et qui plus est s’en délecte goulûment. Certains gentils idiots souhaiteraient dans les commentaires, je cite, « sauver cette pauvre fille et l’emmener chez eux ».

La marque Fake joue sur les situations qui placent l’un des personnages en position de domination sur l’autre, c’est même ce qui a fait son succès : une relation sexuelle pour une course dans Fake Taxi, une pipe contre une prune oublié dans Fake Agent… Des petits arrangements, en gros. Mais dans ce cas particulier, on a le sentiment que ce délire de la SDF qui couche pour une semaine à l’hôtel caresse une vision fantasmatique de l’exploitation de la misère. Et ça, ce n’est pas très beau.

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