Comment vendre un sextoy sur le web anti-sexe

Que vous l’utilisiez en tant que particulier ou professionnel, Facebook ne vous permet pas de partager n’importe quoi. Les conditions d’utilisation du réseau social interdisent la publication de contenus “incitant à la haine ou à la violence, pornographique, ou contenant de la nudité ou de la violence gratuite.” Soit. Le problème, c’est que la créature du Dr. Zuckerberg proscrit aussi la promotion des “produits et services pour adultes”, sextoys compris.

Cette politique anti-sexe est partagée par bon nombre de grands représentants du web populaire. Instagram et Twitter interdisent eux aussi les publicités pour des produits destinés aux adultes, Amazon les écarte tant que possible de ses résultats de recherche, Kickstarter refuse d’accueillir des projets liés au sexe. Tout ceci embête beaucoup les vendeurs de sextoys.

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Dans un article publié à la fin du mois d’avril par BuzzFeed News, la journaliste Caroline O’Donovan mène l’enquête sur les petites astuces qui permettent aux vendeurs de sextoys de promouvoir leurs produits malgré les règles de Facebook, Amazon et consorts. “Les vibromasseurs – même les vibromasseurs qui se positionnent comme des produits de découverte sexuelle, contrairement à des produits pornographiques – ont du mal à s’en sortir”, concède Liz Klinger, directrice de la startup de sextoys Lioness.

La jeune femme n’a d’autre choix qu’user de moyens détournés pour se rendre visible sur les réseaux sociaux. A l’aide d’un spot dans lequel des jeunes femmes lisent des messages de clients satisfaits, Liz Klinger est parvenue à introduire Lioness sur Facebook et Instagram. Habile, mais peu fructueux : pour renvoyer les internautes vers son site officiel sans se faire attraper pour publicité interdite par le réseau social bleu, la startup a dû jongler avec les liens. La page Facebook officielle de Lioness, qui a diffusé la vidéo, renvoyait d’abord au compte YouTube de la startup. Là, les plus courageux ont trouvé un lien vers lioness.io.

D’autres commerçants spécialisés dans les sextoys ont trouvé des moyens plus directs d’envoyer du trafic vers leur site officiel depuis Facebook. La startup Comingle, par exemple, a fait l’objet d’une publication d’Indiegogo pour le lancement de son nouveau vibromasseur personnalisable. Parce qu’Indiegogo est une plate-forme de crowdfunding et pas un vendeur de jouets pour adulte, Facebook n’a rien trouvé à redire.

comingle

Pour déjouer les conditions d’utilisation de Facebook et Twitter, on peut aussi les mettre à contribution. C’est ce qu’a fait Robert Rheaume en achetant une entreprise qui commercialise des préservatifs sans produits chimiques, Sir Richard. Les deux réseaux sociaux n’interdisent pas la promotion de moyens contraceptifs ; grâce à sa nouvelle acquisition, M. Rheaume peut facilement renvoyer leurs utilisateurs vers ses autres sites, y compris celui de sa marque de sextoys Jimmyjane. “J’ai acheté cette société pour en faire mon cheval de Troie !” a-t-il avoué en riant à Caroline O’Donovan.

Reste à déjouer Amazon. Aux Etats-Unis, le géant du commerce en ligne prend soin de ne renvoyer que les internautes les plus décidés vers son rayon sextoys. Si vous cherchez un nouveau vibromasseur, taper votre nom dans le moteur de recherche d’Amazon ne suffira pas : il vous faudra orienter votre recherche vers la bonne catégorie. Le problème, c’est que tous les gens qui souhaitent acheter un gode ne sont pas au courant. Pour rendre leurs produits plus facilement accessibles sur le géant du commerce, les vendeurs de sextoys font appel au maquillage. C’est ainsi qu’un vibromasseur devient un outil de massage sportif, vendu accompagné de sa bouteille d’eau. Une tactique qui n’est pas sans rappeler l’époque des catalogue La Redoute. Un jour, peut-être, Internet dépassera son moment puritain.

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