Google contre-attaque : Blogger interdit de porn

Google – fracas nouveau d’une lutte perpétuelle – accentue une nouvelle fois sa politique concernant le porn sur sa toile et tout autre contenu sexuellement explicite. Après la menace (remember ?) voici le passage à l’acte concernant sa plateforme de blog Blogger. Suivant une loi officiellement active le 23 mars, tout blog proposant un contenu trop généreusement empli de fesses, de jambes enlacées et de boobs orgueilleux sera déclaré comme « privé ». La privatisation d’un blog empêche tout internaute de visualiser le blog en question sauf si celui-ci est identifié par le propriétaire ou l’administrateur du site. Pour résumer, si vous voulez publier du contenu « adulte » à partir du 23 mars sur Blogger, gardez ça pour vous ou vos amis.

In the coming weeks, we’ll no longer allow blogs that contain sexually explicit or graphic nude images or video. We’ll still allow nudity presented in artistic, educational, documentary, or scientific contexts, or presented where there are other substantial benefits to the public from not taking action on the content.The new policy will go into effect on the 23rd of March 2015. After this policy goes into effect, Google will restrict access to any blog identified as being in violation of our revised policy. No content will be deleted, but only blog authors and those with whom they have expressly shared the blog will be able to see the content we’ve made private.

Cette démarche est évidemment trouble, dans la mesure où le bannissement de toute vidéo « à contenu sexuel » ou relatif à la « nudité » permet de poser encore une fois la question quant au caractère plus ou moins explicite de ce que l’on nomme « contenu adulte » ou « contenu sexuel ». Pourquoi bannir Sasha Grey des blogs et pas Nicki Minaj ? Pourquoi conserver Kim Kardashian et jeter par dessus bord Chloe Morgane ? Par quel nivellement se perçoit la potentialité sexuelle explicite d’une photo ou d’une vidéo, en tant qu’oeuvres « outrageuses » ? Un clip de Jenny Lopez est-il réellement moins « sexuel » qu’une cam girl ? Où se situe alors la limite de l’ « adult content » ?

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Puisque cette démarche n’inclue pas seulement le hardcore, mais toute publication relative à l’affichage d’ « images ou de vidéos de nudité » (« graphic nude images or video« ), de « nudité graphique », cela semble, avouons-le, annoncer une assez forte restriction, certains termes dépassant le simple fait du porno (tout en le réduisant à la mention « explicite »). Les précisions de Google n’en sont que plus vagues, dans la mesure où le géant déclare tout de même accepter la nudité, quand celle-ci est à visée « artistique, éducative, documentaire, scientifique ». Un joli message pour redorer le blason de la porn culture, qui ne serait donc ni éducative, ni artistique… Superbe moquerie quand l’on sait à quel point le moteur de recherche est particulièrement intolérant envers le « sexe explicite ».

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Évidemment, une plateforme de « libre expression » d’où on purge toute expression trop polissonne n’a de libre expression que le nom… Un paradoxe très joliment relevé par la bloggeuse sexe Violet Blue, qui désapprouve totalement cette nouvelle exigence.

Demeurent, pour s’en donner à coeur (et à corps) joie, des plateformes de libre échange et partage tels que Tumblr (enfin presque…) ou Twitter, afin de se régaler les yeux sans peur ni reproche. La question étant désormais : jusqu’où ira Google ? Après les (feu)-lunettes, le monde ?

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