Docteur, quels sont les risques liés aux pratiques anales extrêmes ?

A force de traîner nos guêtres sur Efukt ou Evil Angel, on a commencé à se demander si toutes ces pratiques extrêmes dans le porn n’étaient un peu dangereuses pour la santé des acteurs. Puisque la Terre tourne autour de l’anus et que le prolapse prend de l’ampleur, il nous fallait un avis médical sûr et définitif sur la question. On a donc pris rendez-vous avec le chirurgien proctologue Nicolas Lemarchand, chef du service proctologie à l’hôpital Paris Saint-Joseph pour lui montrer nos meilleurs gifs de fist-fucking et de colored enema. La soixantaine bien sonnée, il a accepté de répondre à toutes nos questions, dans le plus pur style « not impressed » des chirurgiens qui ont tout vu.

Bonjour docteur. Est-ce que la pratique intensive du sexe anal peut être à l’origine de problèmes ?
Non, il n’y a aucun risque, ça ne pose aucun problème.

Même un ass to mouth, le fait de passer de l’anus à la bouche ?
[Montrant du doigt la photo d’un anus dilaté] J’en ai des plus belles que ça ! (Rires) A priori, il n’y a pas de risque majeur.

Pas même l’injection de matières fécales ou ce genre de choses ?
A priori, pas de risque majeur.

boule

Après il y a des choses un peu plus extrêmes, des insertions par exemple…
A priori non, il n’y a pas de prolapsus… Par contre, quelle idée de se foutre ça dans le cul…

Donc en gros, on peut se mettre à peu près tout ce qui est possible et imaginable dans les fesses sans que cela pose problème ?
Le seul problème, c’est que là elle a la chance de l’évacuer. Généralement, ça ne s’évacue pas tout seul. Ça veut dire qu’elle a déjà une belle béance anale. Elle a une certaine expérience parce que généralement les boules comme ça on est obligé de les enlever sous anesthésie générale. Elle n’est pas forcément incontinente, ce n’est pas obligatoire.

En ce qui concerne la pratique du lavement ?
Je ne sais pas comment les mecs bandent avec ça. Le problème avec le lavement, c’est d’abord qu’il faut faire attention à ne pas se blesser avec la paume du lavement. Ensuite, il ne faut pas en faire trop ; ça donne de mauvaises habitudes au rectum et à la fin, on risque d’avoir des difficultés pour aller à la selle. Mais c’est tout, sans ça on peut se laver. Il y a des gens qui se font des lavements régulièrement.

Après, certains le font avec pas mal de choses diverses, de l’urine par exemple…
Ha oui, mais ça on s’en fout. Il ne faut pas mettre d’eau chaude parce que ça peut brûler le rectum, c’est tout. Tant que vous ne mettez rien de toxique. Si on met des produits type alcool, vous allez vous brûlez la muqueuse du rectum, parce qu’elle est fragile ; mais si vous mettez de l’eau tiède, il n’y a pas de risque majeur. Le seul problème, c’est qu’on peut se blesser avec la canule de lavement si on ne fait pas attention, mais c’est tout.

Allons vers le fist-fucking ou des insertions extrêmes, là c’est Hotkinkyjo, dont c’est un peu la spécialité…
J’ai aussi de plus belles images ! Ce n’est pas encore si loin que ça d’ailleurs. Le problème, c’est que ça peut être dangereux si c’est mal fait parce qu’il y a un coude entre le rectum et le sigmoïde à ce niveau-là et il y a un risque de perforation. Mais si c’est fait avec douceur, il n’y a pas de problème. Le coup classique, c’est de le perforer en y allant brutalement, en ne faisant pas attention. Mais là, visiblement, elle n’a pas perforé…

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On peut y aller franco jusqu’à quelle distance, à peu près ?
Jusqu’à l’angle, c’est à dire une quinzaine de centimètres. En cas de perforation, il faut opérer en urgence. Et alors là oui, il y a un risque avec le fist-fucking. En diamètre, a priori, il n’y a pas de gros risques. Je n’ai jamais été témoin d’incontinence chez les gens qui font ça. Après un long fist-fucking, s’il y a la moindre douleur, le moindre doute, il faut aller à l’hôpital pour faire un ASP (Radiographie de l’Abdomen Sans Préparation). S’il y a un risque de perforation, il faut opérer les gens en urgence ; s’ils attendent c’est la péritonite, la poche pendant deux mois, et cetera.

Après, on a vu le prolapsus rectal émerger ces dernières années.
Alors, le problème, c’est que plus on fait ça, plus on augmente les risques d’opération, plus le chirurgien aura de difficultés pour fixer le prolapsus quand il faudra opérer.

Est-ce une pratique qui est apparue avec le porno ?
C’est le rectum qui sort, c’est pas normal. Ce n’est pas parce que vous faites un fist-fucking que vous avez ça. C’est parce que vous avez un tissu qui a tendance à descendre. Le prolapsus n’est pas lié aux pratiques sexuelles, il est constitutionnel. Pousser comme ça, tirer très fort, se fister sur un prolapsus peut poser des problèmes, secondairement, pour la réparation. Ce sont des tissus qui sont complètement lâches, le chirurgien peut avoir des problèmes pour les fixer pendant l’opération. C’est le seul risque. Paradoxalement, avec un prolapsus, il faudrait mieux éviter de se faire fister. Après… (Rires)

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On voulait également vous parler de 1 Guy 1 Jar, un type qui a cassé un bocal en verre à l’intérieur de son rectum.
Le mec a dû avoir droit à sa colostomie pour que ça cicatrise.

Il a affirmé sur Best Gore, un site sur les pires horreurs, qu’il n’était jamais allé à l’hôpital et qu’il avait retiré les bouts de verre lui-même.
C’est possible.

Il n’y a pas de risque de septicémie ?
De septicémie, non. Mais il risque l’hémorragie en saignant beaucoup, il risque…tout est possible. Il a fait ça il y a combien de temps ?

C’était il y a cinq ans.
Depuis cinq ans il n’a pas eu de problèmes ? C’est possible, il y a des gens qui ont de la chance. Ça coupe, en sortant ça peut saigner… En médecine, tout est possible. Il y a des gens qui ont un pot monstrueux, mais généralement ça se passe mal, voire très mal. Il faut bien comprendre qu’un sphincter c’est serré, même si vous avez des rapports. Donc pour faire sortir quelque chose, il faut forcément pousser. Quand on pousse du verre, ça coupe. Il a eu de la chance, il aurait dû avoir des lésions.

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Sinon, il existe des cas d’injections salines. Des gens qui s’injectent du sérum physiologique dans les tissus pour les faire gonfler.
Alors ça, à mon avis, c’est pas anodin. Je n’ai pas d’expérience de ça, c’est de la folie. A mon avis il y a un risque d’infection avec l’aiguille qui n’est pas propre, donc un risque d’abcès…et je ne vois pas vraiment l’intérêt.

On avait cru comprendre que dans le cadre d’activités sexuelles, ça permettait d’augmenter la sensibilité…
Pour moi c’est dangereux. Il y a un risque infectieux, un risque d’hématome quand vous vous injectez…non, ça c’est dangereux.

Vous disiez que la fille avec sa boule avait de l’entraînement. Est-il possible de (trop) détendre le sphincter, à force ?
Logiquement, il n’y a pas d’incontinence. Bon, après, c’est une mode qui est relativement récente…enfin, ça fait quinze ou vingt ans que ça commence à être répandu. Le problème, c’est plus quand on a un prolapsus rectal. Maintenant, une nana qui se fait fister devant n’aura plus de plaisir avec quelqu’un de « normal », sauf si elle se fait fister. Quand on pousse à l’extrême, le plaisir « normal » n’existe plus. Vous voyez ce que je veux dire ; si vous avez besoin d’une grosse dilatation pour monter un peu aux rideaux, ce que vous n’aurez plus de plaisir autrement. Enfin, c’est mon sentiment.

Et ça peut être irréversible ?
Une nana qui se fait fister devant et derrière, on lui fout une queue dedans, pour elle c’est rien du tout. Pour un mec c’est pareil. Il nage. Je vois pas très bien l’intérêt. D’autant plus que dans certains rapports, c’est du sado-masochisme. Le mec qui fiste, souvent, a un côté sadique. Mais le seul risque sur lequel il faut vraiment insister, c’est celui que comporte le fist profond. A partir de quinze centimètres, il y a un angle et il faut le passer avec douceur, pas comme un dératé – pas comme un grand fou. Pour le double fist, pour les coups de poings, pas de risque quand ça ne va que jusqu’au poignet. C’est tout. Enfin bon… Moi ça ne me fait pas bander. (Rires)

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Au cours de votre carrière, est-ce qu’il y a un cas qui vous a marqué, un truc exceptionnel ?
C’est plutôt les corps étrangers. Comme je vous l’ai dit, on ne peut pas les évacuer. J’ai eu des godes monstrueux, des pommes…c’est ce que je disais pour la fille qui chie son truc, là. Les bonbons font matière ; la boule c’est différent, c’est rond, ça demande de la gymnastique pour évacuer ça. Elle peut le faire, mais spontanément on ne peut pas. Sans ça, pas de traumas extraordinaires.

Tous ces trucs-là, sado-masos : si j’ai des conseils à donner, c’est de savoir dire stop et de savoir s’arrêter. Sans ça, on peut être brutal, on peut tout faire. Vous voyez ces gens qui se fistent [il montre les images] : il n’y a pas une goutte de sang, ça se passe bien. Mais si vous faites ça avec un mec qui n’est pas d’accord, ça va se passer mal, très clairement.

Le problème de tout ces trucs-là, c’est la différence entre l’amour et le viol. C’est le même geste, mais il y en a un qui est fait avec consentement, tandis que l’autre est fait contre. Dans ce cas-là, ça fait forcément des dégâts. Il y a des mecs qui se font violer, qui se font enfoncer des balais dans le cul, ils peuvent avoir des lésions mais ça cicatrise très vite. Les séquelles sont essentiellement morales, elles ne sont pas physiques et c’est difficile à traiter — ça n’a rien à voir.

Et par rapport à l’utilisation de drogues et des lubrifiants anesthésiants ?
Souvent les mecs le font. Mais je n’ai pas d’expérience dans ce secteur.

Il y a encore un autre truc. Les fabricants de godes ! Le nombre de godes qu’on introduit et qu’on ne peut pas retirer après, c’est phénoménal ! Certains sont bien, ils sont équipés de barres qu’on ne peut pas franchir. Mais le gode standard, là, avec rien au bout ; vous jouez avec, vous l’introduisez, une fois qu’il est dedans, basta pour le retirer ! Vous pouvez le dire : attention aux godes sans butoir, c’est dangereux !

Une fois qu’un corps étranger a passé le sphincter, c’est quasiment impossible de l’enlever sans anesthésie générale. Et quelques fois on se fait chier pour le retirer. Moi, si j’avalais quelque chose [avec son sphincter, ndlr], je ferais un procès au cul des fabricants de godes. On en revient toujours à la nana avec sa boule. Une fois que c’est introduit, on est obligé d’endormir. Dans le vagin, ça bute, pas de problème. Mais dans le rectum…

Vous l’aurez donc compris, l’anus est un formidable organe qu’il faut quand même traiter avec respect mais dont les capacités de dilatation demeurent assez exceptionnelles. Pour autant, n’oubliez pas quelques règles de base : consentement mutuel, consultation à la moindre douleur, n’utilisez pas de sextoys sans butoir et n’abusez pas des lavements. Quant aux injections salines, au cas où ça vous serait passé par la tête, éloignez-vous de cette merde.

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