Bataille d’orgies !

D’après les mains, il sont bien douze
A s’emmêler en sarabande
Ces apôtres de la partouze
Si pleins, si saouls, qu’aucun ne bande

Johnny Halliday – L’orgie

France, terre libertine où s’adonnent dans la joie entre 300 et 500 000 personnes, regroupant la moitié des clubs européens du genre, avec le Cap d’Adge comme tour de Babel. Ici, on aime la partouze, c’est la fierté qu’on s’échange tout bas. Alors comment filmer une orgie, quand les corps s’emmêlent en sarabande ?

C’est ce que propose Dorcel avec Orgy The XXX Championship : donner à plusieurs réa (Bodilis, Paul Thomas, Max Candy…) le même budget et carte blanche pour filmer leur vision de l’orgie. Les trois premières scènes viennent d’arriver.

Premier constat, est-ce que la partouze est un tag bourgeois ? Excepté dans le porn russe post-ado qui sent la Poliakoff de contrebande, filmer une orgie ressemble souvent à un spot pour les pantalons Smalto et un doigt tendu vers les caleçons Dim. Comment sortir la teub de son futal sans coincer sa peaudezob dans la fermeture éclair ? Une problématique d’homme qui a réussi sa vie.

On avait déjà senti ça chez Private et son invitation à l’échangisme. Un porno sous forme de mise en abyme avec une scène finale tournée au milieu d’une vraie partouze entre notables de San Francisco.

Bourgeoisie, tâche de fond de la partouze à budget

La vision de l’orgie par Bodilis, c’est avant tout respecter les codes dorcelien. Manoir secret de banlieue ; instrusion et éducation d’une innocente kidnappée ; la bourgeoisie qui se livre au stupre baroque pour combler son ennui. Pas de surprise, le Marquis de Sade était bien français et continue à faire des petits. Comme dans tout projet maison, on navigue entre porno chic réussi et fautes de goûts incompréhensibles, comme ces ralentis improbables ou la fameuse posture de la fille bouche ouverte feintant l’excitation en frottant d’une main malhonnête ses seins siliconés. Le petit truc des filles de l’est qui nous laisse froid comme le Danube en hiver (excepté pour ♥ Black Angelika ♥).
Mais y’a des bonnes idées : un type bodybuildé en bourreau star, une maîtresse de maison au physique généreux, Fred Coppula en maître de cérémonie fier de son petit spectacle ou l’arrivée de nouvelles françaises, comme Coco et Nikita.

Passons à Christophe Clark, l’homme au cigare a une vision de l’orgie fidèle à ses volutes chargées. Le silicone hongrois qui s’exhibe pour des hommes qui ne portent pas de caleçon. Les amateurs du style apprécieront. Perso, ça me rappelle trop mon dernier voyage en terre sainte pour ne pas regarder sa scène sans verser une larme, alors je file aux States.

Paul Thomas, ambiance Côte Ouest. Grosse baraque, belles voitures, couples qui testent leur resistance en s’échangeant au hasard. Le seul à véritablement contextualiser l’orgie et l’amener intelligemment. Le casting en plus est cool : le doux Xander Corvus, Marie McCray, Raven Alexis (une de ses dernières apparition, la pauvre luttant contre un sale cancer) ou Asa Akira qui se fait engueuler par Liza Del Serria (le monde à l’envers).

Entre contemplation et vision de petite souris, on se balade entre les protagonistes dans ces orgies un peu trop polies. Un support pour s’exciter, comme un porno de salon.

On attend maintenant avec frémissement la suite, car c’est Manuel Ferrara qui s’y colle et vu le niveau de ses dernières prods, on ne peut que faire des bonds de cabri dans les couloirs de la rédaction.

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