L’Art invisible (au contraire de ta chatte)

Le dessin, c’est créer l’illusion de formes impossibles. On regarde des bouts de traits, des coulures d’encre et des résidus de carbone, des flaques séchées d’aquarelle ou de gouache, des pixels, et on croit voir un personnage, un lieu, et quand bien même ce qu’on y voit ne fait preuve d’aucun réalisme, on y croit un instant.

A partir de là, on peut s’autoriser tout quand on dessine. Tous les délires sont acceptables et aller aussi loin qu’on peut ne fera que rendre plus intéressant le résultat final. Le précédent article du Tag qui parlait de Hentai mettait en cause l’intérêt qu’on peut trouver à regarder des seins impossibles se faire prendre par des Japonais à grosse bite. Moi c’est justement ce que j’aime, être pris dans l’illusion de délires infinis. Le fameux suspension of disbelief, le moment où tu oublies le support, tu arrêtes de ne pas croire à cette histoire.

Une japonaise à bonnet E, on y croit, on veut y croire

Le truc aussi c’est que dans la BD porn, on peut très rarement se passer d’une bribe de scénario. Le gonzo en BD, ça marche très peu, et moi j’aime bien qu’on m’emmène un peu quelque part, qu’on me montre des gens qui baisent oui, mais qu’on me dise aussi pourquoi ils baisent, qui ils sont. Si je peux m’imaginer être ce gars, c’est parce que je sais ce qui se trotte dans sa tête.

Évitant d’un coup de rame l’archipel du Tag 34, je passe faire un tour dans la petite île de mes potes de la Team HHH, qui tous les mois lâchent en liberté, pour tous les pervers nippophiles francophones, quelques chapitres de Hentai pur jus, qu’on imagine triés sur le volet. File-moi ma came gros, j’ai faim de fantasmes.

Et question fantasme autant dire que les Japonais s’y connaissent. Malgré une certaine répétitivité des histoires d’inceste frère-soeur (auxquelles j’adhère très peu), y en a pour tous les goûts : de la grosse poitrine de ta tante au petit fessier de ta voisine écolière, #rape, #futanari (des meufs avec des grosses teub), #furry (des femmes-chat qui se font prendre par des hommes-chevaux par exemple), et pour tordre le cou à un cliché, j’ai vu assez peu de #tentacle. Et si t’es choqué par l’#incest parce que c’est complètement immoral, fais-moi plaisir et ne clique surtout pas sur gurochan.net parce que tu vas souffrir.

Si on se penche vers ce qui est édité, on tombe sur le plus merdique de la merde. Certains éditeurs se sont rendus compte que le manga érotique représentait un marché de niche, et apparemment ils on acheté uniquement les licences les moins chères et les plus pourries. Mais j’ai trouvé quelques pépites. Yonekura Kengo, qui est un de mes dessinateurs de H préféré avec Shiwasu no Okina – et a réalisé mon chouchou Pink Sniper qui est aussi dispo en France sur HHH – a sorti en français le superbe Yellow Hearts. Une vraie histoire, où tout n’est pas toujours rose. Une histoire qui parle de douleur, de sexe et de jeunes « à la dérive » dirais-je si j’étais un télérameux. Le cul y est toujours bien amené et s’intègre à la narration. Putain, si les scénaristes des films porno pouvaient comprendre que le cul s’intègre à l’histoire et y participe, on aura fait un grand pas dans le fapfap. On me signale aussi que le même Yonekura a sorti Evergreen, toujours chez Iku comics. A un moment je crois que Love Selection (assez cool aussi) devait paraître, mais pas de nouvelle. Mais au pire tu peux trouver à peu près tout ça sur fakku.net, en anglais of course.

Mais trève de nipponitudes. La BD porno existe aussi chez nous, occidentaux. En France, Dynamite, le label BD des éditions de la Musardine, tient le haut du pavé, mais est très loin d’être seul sur le coup. Pour une bonne vue d’ensemble je conseille le hors-série « sexe et BD » de Beaux-Arts magazine, mais là je vais juste donner quelques coups de coeur qui valent qu’on leur fasse une petite place dans sa bibli.

Jacobsen c’est votre pote qui vous faisait des dessins cochons au lycée, en mieux

Royal Gentlemen Club, c’est principalement de l’#humiliation, des ingénues perverses de la perfide Albion traitées comme des objets par une bande de vieux pervers très britanniques dans leur manière d’infliger la fessée. On a le gros pavé d’Alan Moore et Melinda Gebbie, Lost Girls (extrait en home, ndlr), tout en onirisme et références littéraires, dense sans être chiant, et qui au sortir de sa lecture donne envie de faire l’amour à la Terre entière. On a Jakez Bihan aussi, a.k.a Jacobsen, l’auteur de Lou, taxi de nuit, qui ressemble beaucoup dans la structure picaresque, aux aventures de Giuseppe Bergman de Manara – en beaucoup plus crade. Jacobsenneries est un petit bijou d’humour et de cul décomplexé, si t’aimes le bon goût dans la gauloiserie passe ton chemin camarade.

La génération blog BD a aussi son mot à dire : on a le Love Blog et Fraise et Chocolat, des dessinateurs français qui racontent leurs histoires de cul en mode tranquille, on est entre potes. C’est impudique et drôle tout en restant excitant. Par contre lis pas ça si t’es célibataire et malheureux de l’être, tu vas te tirer une balle. L’Obsédé, un tout petit album sorti chez Warum, celui-là je le kiffe bien, ça mange pas de pain mais c’est jouissif. Je finirais sur La Comtesse d’Aude Picault, un dessin sensible, un doux érotisme; mets la main dans ta culotte, on dirait du x-art à la Renaissance.

In bed with Gally et Obion, tu te sens voyeur, c’est normal, ils sont exhib.

Ça te suffit pas comme liste ? T’en veux plus ? Mec (meuf) j’ai pas toute la nuit et je suis pas là pour te faire tout l’inventaire de mon Enfer. Tu sais quoi, va dans une librairie BD, ils ont toujours un petit rayon pour nous les affamés, et toi je te connais, t’es pas le genre de pervers qui demande sa came le rouge au front et l’oeil lubrique; tu iras tête haute demander le Best du pr0n dessiné; et le libraire reconnaîtra ta marque, celle de la crème des branleurs, celui du fin esthète qu’il attendait pour partager avec lui le goût de la fesse amoureusement tracée sur papier.

9 commentaires Voir les commentaires

  • Chouette article, même si tous les trucs jap ne me parlent pas du tout, perso.
    Quand j’étais gamine, je me rappelle être tombée sur de vieux numéros de fluide glacial et de l’écho des savanes qui appartenaient à mon père. Je n’en ai pas racheté depuis donc j’ignore si c’est toujours pareil, mais ceux des 80’s étaient bien bien pornos. J’avais donc moins de 10 ans quand je me suis retrouvée face à du porn et c’était en BD avec Super Dupont qui choppait une meuf avec des seins énormes sur un canapé, ou Felix le chat qui se faisait un foursome avec des minettes pas pudiques. Malgré les apparences et le descriptif que je viens d’en faire, c’était plutôt bien. Je me demande si c’est toujours pareil aujourd’hui.

  • Ooooh on parle de HHH, par ici, décidemment, vous me plaisez de plus en plus ;)
    Par contre, simple rectification, Pink Sniper n’est jamais sorti en France (mais il a été traduit par HHH, effectivement).

  • @Maria
    Ah ouais, Fluide ça a bien changé. Moi aussi à quoi 7 ans déjà, je regardais les zoobs sur les BD un peu alternatives de ma mère. Après quand j’ai lu mes premiers Fluides, je me rappelle de mes premières scéances de fap en me rejouant dans ma tête les histoires de Pépé Malin de Hugot. En voyant à quoi ça ressemble maintenant, on préférera le Psikopat (même si c’est pas pour le cul non plus) et on comprendra pourquoi Larcenet s’est barré.

    @Gusseuh
    Hey big boss ! T’es pas mort alors ? En tous cas pas de souci HHH c’est mon premier gros kif Hentai et inégalé depuis, alors j’allais pas manquer d’en parler. T’as créé quelque chose de beau, qui cultive un peu l’ouverture d’esprit (moi je t’avoue Oasis sont sympa mais les doujins ça me gave au final), on l’a vu avec les trads de Jill et de Banana Games et Juan Rose RYP. Franchement si tu décidais de te lancer dans l’édition je te soutiendrais à fond.
    Et ouais, je me suis trompay, il est sorti en Anglais.

  • Tiens, en parlant de Gurochan, un jour je suis tombé sur ce truc, Mai-chan’s daily life, qui est probablement le truc le plus dégueulasse jamais dessiné. En gros ça raconte l’histoire d’une maid / esclave qui ne peut pas mourir et du coup on lui fait subir les pires trucs physiquement imaginables. La scène de fin avec le président des Etats-unis est épique (babyfuck it’s aww-right?!?)
    Pour ceux que ça intéresse :

    http://www.scribd.com/doc/29360191/Mai-Chan-s-Daily-Life-part-1

    http://www.scribd.com/doc/29360713/Mai-Chan-s-Daily-Life-2

    A lire le ventre vide

  • Ah j’avais lu ça mais c’était un peu chiant. Je préfère ce que font Juan Gotoh ou Mamabliss.

  • #giantess #anal-vore

  • Wééééééééééééé grooooooooooo il tape ton article …
    Hum um … c est joli ici, je pense que je vais revenir … défois … le dimanche …

  • Mon « éveil des sens » s’est fait à grands coups de Martin Veyron -en particulier la BD « L’Amour Propre (ne le reste jamais longtemps) ». Le sequel qui en a été tiré il y a un an ou deux ne vaut pas vraiment le détour, mais ça reste une lecture atypique pr0n dans un genre autobiographique-naturaliste-adulte.

    C’est marrant qu’elle soit pas évoquée, pour moi c’était un incontournable -whatever.

    Sinon j’abonde dans le sens des Fluides et de cette nouvelle garde du « entre potes ».

  • Ca me rapelle les ouvrages de Kovacq: Hilda et Diane de Grand Lieu
    Magnifiquement dessinés et flirtant doucement avec le politiquement incorrect et l’acceptable.

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