Chacun cherche Sasha

C’est désormais officiel : Sasha Grey quitte l’industrie du X. Sans parler d’indifférence générale, cela faisait déjà un certain temps que l’on s’était fait une raison, notre gourgandine s’était éloignée de la sphère cochonne, l’annonce de cette fin de carrière n’était donc qu’un secret de polichinelle. On ne pouvait pas la laisser partir sans lui rendre un dernier hommage, Sasha nous a tous marqués, parfois profondément. Les garçons sensibles du Tag vous livrent leur version des choses, avec pudeur et sans faux-semblants.

Jizzkov

Adieu Sasha je t’aimais bien… adieu Sasha je t’aimais bien, tu sais…

Oui, je t’aimais. Je t’aimais d’amours chastes quand d’autres te bourraient d’amours chiennes. Je t’aimais en silence comme on prie la Sainte Vierge, en sachant bien que tu ne l’étais plus vraiment. Je t’aimais comme ma propre fille, l’envie de te baiser en plus et sans passer par la case prison. Je t’avais présentée à ma mère, je t’avais présentée à mes potes. Elle avait critiqué ton métier, ils avaient critiqué ton faciès. Béotiens, vous n’y comprenez rien ! Alors je te défendais corps et âme, même si tu n’avais pas besoin de mes petits bras pour ça. Sasha, Sasha, si tu savais comme tu comptais pour moi.

Et brusquement, tout a changé. Tu es rentrée dans ma vie. Mais pas comme je l’aurais souhaité, non. Au lieu de venir bruncher dans mon lit en matant “Debout les zouzous”, tu t’es tapé l’incruste dans mes soirées entre potes. Celles que je passais devant Entourage, celles où j’appréciais la compagnie fictive de boloss aux coeurs tendres, celles où je m’accomplissais enfin en tant que mec hétéro. Au début, j’ai laissé faire, j’étais même plutôt content. Mais tu as tout gâché. “Sasha Grey is the worst thing to happen to Entourage”. Ça me fait mal de te le dire, mais ils ont raison. Tu as bien tenté de sauver la face en exhibant ton sexe touffu, mais le mal était fait. Ton intrigue claudiquant dans le drama vaseux, tu m’as rappelé combien il était dur de vivre une relation avec une actrice porno. J’essayais d’oublier, j’essayais d’y croire, et tu as tout cassé. A cause de toi, je ne pourrais plus jamais rêver d’épouser Jade Laroche. Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai. Mais je ne te pardonnerai jamais.

Sasha, Sasha, pourquoi m’as-tu abandonné ? Depuis notre rupture, il n’y a plus qu’une seule vidéo de toi que je peux regarder sans regrets. Parce que tu y exprimes tout ce que j’ai aimé chez toi, brutalisée dans la sueur lumineuse d’un threesome. Mais surtout parce que je sais

[attention, alexandrins] :

qu’en léchant sur ce mur le crachat de James Deen,
ton sourire malicieux se destine à ma quine.

Another brick in the whore

Shush, shush, shush Sasha, shush Sasha, shush, shush.

Licking on heaven’s door

Markhy

La première fois que je l’ai vue, ce devait être quand je me suis installé étudiant loin des parents, dans ce petit studio au deuxième étage. La porte fermait mal. Elle était venue toquer pour une histoire de sel ou d’ouvre-boite, je n’avais pas trop capté, je n’avais qu’une fourchette pour mes pâtes. D’elle, ensuite, je n’ai plus entendu que les bruits dans sa studette. La vie entre voisins qui se résume à des bonjours dans le couloir, des petits regards vite fait à l’entrée quand la porte, pour l’autre, on la tient, elle parfois une poubelle à la main ou un nouveau copain, moi souvent en calbute, les toilettes à partager sur le pallier, y a pas à chier.

Et ce jour, il y a eu une coupure dans tout l’immeuble, on s’est tous retrouvés cons dans le noir dans le couloir. J’étais sur un Mario Kart DS. Les plus courageux sont allés voir le compteur dans la cave et on est restés à deux sous les toits, elle en nuisette et j’avoue que ses cuisses je ne lâchais pas, j’avais le bon point de vue. Rainbow Road les yeux fermés, je me suis imaginé pas mal de fois en elle. Quand la lumière est revenue, sûr que ça allait le faire que j’allais lancer la machine pour retourner nos ch… Mais la porte a déjà claqué, de retour dans son quotidien, l’ordi avait, lui aussi, déjà reboot, de retour dans mon quotidien. La girl next door ne s’était pas invitée, heureusement que sur les tubes, sur Sasha t’as toujours pu compter.

Voisin, voisine, quand tu veux, tu pines

Guilhem

J’ai jamais été un fan absolu de Sasha Grey. Je ne cache pas une certaine attirance pour son coté Girl Next Door idéale, cependant elle est trop vite devenue la Porn Star dont il fallait parler pour que mon coté hater puisse l’assumer longtemps. Je dois quand même reconnaître qu’elle était aussi celle qui a permis à des gens de parler porno de façon décomplexée. On peut voir ça comme un point positif ou négatif, toujours est il que bon nombre de gens ont mieux assumé parler double pé’ entre deux gin to’ grâce à elle. Je ne sais trop quoi penser du fait qu’elle arrête le porn. Ca fait deux ans qu’elle tournait pas mais est-ce que sa raison d’exister n’était pas justement d’être une pornstar en décalage. Sans ça elle risque de perdre en intérêt.

Lovers gonna hate

Sened

Sasha, déjà, merci d’avoir pris la place de Distel et de ses dents beaucoup trop blanches dans mon inconscient de gamin des 80’s. En toute honnêteté, ça m’aurait largement suffi à te laisser une petite place dans mon cœur jusqu’à mon dernier souffle. Mais il se trouve que, Sasha, tu as aussi eu la bonne idée de faire du deep throat ta carrière, du ass to mouth ta signature, et de tes petits seins une marque de fabrique. Sasha, tu étais déjà plus bandante que la plus bandante de mes copines, mais tu as décidé que ça ne te suffisait pas, qu’il te fallait aussi nous faire bander le cortex, durcir métaphysiquement l’esprit, tempête de jouissance sous un crâne. Pour ta première incursion hors DPA, tu as choisi Soderbergh, autant qu’il t’a choisie toi, et puis tu t’es très sérieusement moquée de toi-même dans une saison d’Entourage qui sans toi aurait été d’une fadeur invraisemblable. Mais finalement, ce qui me passionne chez toi Sasha, c’est que ta carrière de pornstar, tu l’as embrassée de tout ton corps, tu l’as vécue le plus sainement du monde, et surtout, tu aimais ce que tu faisais. Les gens mettent en avant ton intelligence, ta culture, ton ouverture d’esprit. Mais c’est si cliché. Si surfait. Non. Ce qui nous fait tant t’aduler, ma belle, c’est que le porn, tu l’as dans la peau et tu n’en as pas honte. Tu es l’icône libertaire dans toute son essence de stupre. Et je pense que c’est ce qui nous fait tous nous dresser comme tant d’aficionados : tu es pour de vrai Sasha. De vrai de vrai.

Dis Sasha, la prochaine fois, tu passes chez moi?

YoosF

Sasha Grey, la pornstar intello. C’est comme ça que je l’ai découverte, alors que mes aventures Youporniennes m’amenaient à penser que la pornosphère était un univers peuplé exclusivement de gros sales décérébrés. J’avais entendu parler de cette nana, apparemment plutôt smart et branchée philo. Et puis les recherches, son site web très axé alt-porn, grosse nouveauté pour un mec de 20 piges. Même si, avec le temps, j’ai fini par m’apercevoir que ses références n’étaient pas bien plus poussées que celles d’une première année de lettres modernes, je suis resté charmé par cette combinaison d’une personnalité éthérée et d’un boule hors du commun. Ambassadrice du BDSM, Sasha m’a valu mes premiers contacts avec Kink.com, et même si elle ne m’a jamais complètement converti en sado-maso, je dois avouer que je lui dois une grande partie de ma curiosité envers les tréfonds du bizarre. Alors Sasha, thanks for the ride, ce fut fun. Je te mentirais si je disais que j’étais un inconditionnel de toi, mais au moins tu auras joué un rôle dans ma vie de pervers.

Grey’s Anatomy

GrosMikko

A force de citer du Godard et d’adopter une posture arty des plus agressives, Sasha aura réussi, non pas à faire oublier son incomparable capacité à se faire détruire l’intégralité de ses orifices, mais à passer outre sa fulgurante carrière pornographique et ainsi flirter avec les sphères plus officielles et certainement plus douces d’Hollywood.

Ma première rencontre avec elle fut un choc. C’était à Miami en 2007, où j’errais comme une âme en peine, la superficialité floridienne me pesait chaque jour un peu plus, j’avais besoin d’air, de nouveauté et comme souvent  l’écran de mon antique Dell me permit l’évasion tant attendue. Un comparse malicieux, génie sorti d’une bouteille de Jägermeister, injecta dans mon DD famélique une grosse dose de porn US de premier ordre. Innocemment (ou pas), je me laissais tenter par une vidéo intitulée « 18 Years Old – Sasha », and the rest is history

Un choc, oui, frontal, radical, un crash à la Ballard. A peine sorti de la carcasse de ma Mustang, j’y retournai gaiement, la fleur au fusil, j’avais besoin de ma dose de Sasha, 18 ans, l’icône en devenir, la girl-next-door, pas très bien sapée, plutôt jolie mais sans plus, l’air narquois, le rimmel qui coule… Mon Dieu que tu étais sale ma pauvre Cosette, profanée par ces hordes de zgegs qui voulaient goûter à la California’s finest flava. Pas étonnant que ton dirty-talk soit resté dans les annales, désolé mais avec toi c’était en silence, mute comme bâillon, pas possible autrement sinon je risquais de perdre le fil.

Je ne vais pas te pleurer, j’ai évité de près l’overdose quand même, je me suis dégoûté de toi, je suis passé à autre chose, à des nymphettes moins charismatiques mais plus rassurantes. Flirter avec une icône a ses inconvénients, elle ne m’appartenait plus. Désormais Sasha fait partie du domaine public.

She’s losing her religion

Gonzo

Toi et moi, on a vécu une relation difficile. Tu incarnais le mainstream sale des tubes au moment où j’avais besoin de tendresse. Tes gang-bangs sauvages me faisaient mal, j’avais pas envie d’être le dossard sept d’une équipe de cassos sous viagra. C’était peut-être l’amour qui sait, je te voulais mienne et tu préférais aller voir ailleurs, courir les hommes aux sexes comme des matraques.

Mais un jour je suis tombé sur Malice in Lalaland et tu es devenue autre à mes yeux. Naturelle et belle avec ce petit cul rebondi pour jouer avec. Tu lâchais le hardcore pour l’intensité et de dilatation on ne voyait plus que celle de mes yeux. J’avais envie de prendre ta main et t’emmener dans ma chambre, te prendre comme on rebaise une ex qu’on a trop vite oubliée. Ce corps à modeler sous les mains, cette tête qu’on appelle sale mais qui n’est que le reflet de la vraie beauté.

Tu es partie trop tôt, je venais à peine de te découvrir. On aurait pu vivre une belle histoire, loin de mes aprioris et loin de ton culte de la performance. Ça aurait été une amitié qui dérape et des petits sourires gênés ; un amour naissant. On est nés le même jour, les natifs du poisson ont la passion en bandoulière et le printemps comme océan, mais tu as décidé de m’abandonner pour aller nager ailleurs. J’ai la larme à l’œil, comme arriver lorsque le rideau se baisse.

Les Garçons Sensibles

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