Le porno artistique de Dwam

« Le jour, je tatoue et prends des photos, la nuit, je fais des films érotiques et des insomnies. » Dwam maîtrise les mots autant que les images. Installé·e depuis deux ans au Canada, l’artiste visuel·le queer et non-binaire a un sacré background artistique : études d’arts appliqués, et en master aux Beaux-Arts d’Angoulême, et même parenthèse en studio de dessin-animé, le tout avant de se lancer en tant que Tattoo-artist et photographe.

Touche-à-tout, oui, mais pendant longtemps, pas au porn. Dwam est synesthète, c’est-à-dire qu’iel perçoit le monde « comme un poème de couleurs, textures et formes qui se répondent en émotions, symboles, musique, goûts et souvenirs ». C’est aussi beau à lire que l’est le résultat de cette perception au travers de son art, qu’il s’agisse de la photo, du tatouage, de l’illustration, de la vidéo ou des performances. Ses sujets favoris ? « La joie de l’incarnation, la peau, la tendresse, l’intimité, la sexualité, les amours fluides, l’inconscient et l’onirique, mais aussi les représentations du corps, l’identité, les dynamiques de pouvoir questionnées et le concept de normalité », confie Dwam, « j’espère que je pousse les gens à s’accepter et à s’apprécier tel·les qu’iels sont, à célébrer toute forme de plaisirs, et à questionner les stéréotypes de genre et les représentations malsaines dont on a été abreuvé·es ! »

Des beaux-arts au porn indé

« J’ai compris que jusqu’ici, je ne trouvais simplement pas ce que je souhaitais voir, alors j’ai eu envie de le faire moi-même»

« Une lente descente dans le stupre », voilà comment Dwam décrit son cheminement vers le monde du porn. « Difficile d’y échapper », estime l’artiste, dont une vaste partie du travail gravite autour du corps, des représentations et de la sexualité. Toutefois, iel confie avoir longtemps eu une forme de blocage face au monde du porn. « J’ai grandi avec une très mauvaise image du porn, pour moi c’était mauvais, moche, sexiste et dégradant », détaille-iel, « j’ai donc un double blocage : si ce n’est pas un minimum esthétique, ça ne m’intéresse pas, si c’est sexiste, je décroche immédiatement ». Mal filmé, mal éclairé, male gaze : pour Dwam, c’est un grand « non ». Lorsqu’enfin, iel accède à du contenu plus qualitatif, aux moyens plus élevés, Dwam découvre un univers « fascinant, méprisé à tort, riche en possibilités créatives, politiques, sensuelles… Et masturbatoires, évidemment ! » Tout particulièrement dans les milieux queers et indépendants. 

Bishop Black et Kali Sudhra dans l’objectif de Dwam

Un porn bien réalisé, selon Dwam ? C’est un porn « moins codé, moins hétéro-centré, avec des perfomeur·se·s plus varié·es, centré autour du plaisir ».

De modèle vivant à performeur·euse

Après une expérience en tant que modèle vivant pour payer ses études, puis modèle photo « avec un malheureux écart via Suicide Girls » – il était important pour Dwam d’être visible en tant que personne queer, « et ça passait aussi par là », estime-t-iel -, c’est en 2013 qu’on lae voit faire son entrée dans le porn indépendant.

Ses premières vidéos, Dwam les a tournées avec Ortie, avec qui iel confie partager des visions artistiques très proches. « Une de ses premières réalisations vidéos pour Velvet Nest, une marque de strap-ons, jouait sur les codes de genre, et a été filmée backstage par Ovidie pour son documentaire « A quoi rêvent les jeunes filles« , ce qui nous a donné un peu de visibilité », poursuit Dwam. Au même moment, iel découvre Four Chambers via leurs photos et une de leur vidéos sur Tumblr. « C’était littéralement ce que j’avais toujours voulu faire, je les ai contacté immédiatement, et j’ai tourné avec eux dans les mois qui ont suivi », se souvient Dwam. 

En créant Vespéral, sa production de films indépendants, iel « explore la poésie visuelle du porn » selon ses propres mots. On valide, bien évidemment !

Sur OnlyFans, des photos et vidéos « aux petits oignons »

Si la pandémie a quelque peu affecté sa motivation, Dwam passe tout de même « beaucoup trop de temps » à créer des photos et vidéos « aux petits oignons » sur OnlyFans, pour votre plus grand plaisir ! 

Pour décrire son contenu : « Il est à mon image, c’est un foisonnement désordonné ! » Diversité visuelle, entre concepts esthétiques, nu, lingerie, fetish, cornes, corset et costumes, mais aussi diversité de formats. Dwam propose ainsi des live-shows, Q&A, un peu de sexting, des bloopers… « Mon jeu-concept préféré étant le Cummathon : un marathon d’orgasme en video ! ».

Côté vidéos, on retrouve Dwam essentiellement en solo dans des scènes de masturbation, tease, strap-on, et quelques apparitions en duo avec son partenaire, même si celles-ci se font rares. « J’espère, bientôt, me lancer dans des collaborations avec d’autres performeuses, une fois les vaccins faits », confie-t-iel, Dwam met du coeur à l’ouvrage, et offre un équilibre jusque dans ses formats. « J’essaie d’avoir un ratio de videos pro vraiment montées et fignolées (mais qui prennent un temps fou à produire), et pas mal petits clips et mini-photosets amateur pris à la volée, avec toujours mon petit twist créatif de photographe, en terme de thème ou de lumière ».

Et en dehors de son Onlyfans, son dernier film, réalisé en 2019 à la Résidence Ardente, est sorti l’été dernier sous le nom de Cobwebs. « C’est un film-performance, nocturne et immersif » décrit Dwam, « Cobwebs est moins sexuel, mais explore (avec douceur) plusieurs fetish – BDSM, abduction, cordes, désorientation, knife play, breath play, et se savoure comme de l’ASMR du cul, avec des écouteurs ». Il est disponible, comme la majorité de ses films, sur PinkLabelTV.

Image en une : Ourobors par Vesperal, avec Dwam, Dante Dionys et Bishop Black.

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