Onlyfans a de la concurrence

Plus besoin de vous présenter Onlyfans, cet Instagram du cul qui agite les foules depuis des mois, la faute peut-être aux confinements et à l’explosion du porno home made, ou à l’affichage sur la place publique des revenus colossaux de certaines créatrices sur les réseaux. Le système est simple et pourtant il fallait y penser : un abonnement payant pour accéder à un profil sur lequel on trouve divers contenus, comme sur n’importe quel réseau social. Et évidemment, même si la plateforme ne lui est pas intégralement consacrée, la production pornographique a pris une place majeure sur la plateforme.

Mais depuis l’affaire de la TVA impayée, des rumeurs d’une possible fermeture, du scandale Bella Thorne, les producteur·ice·s de contenus porno se tournent progressivement vers des d’autres solutions. Quelles sont ces plateformes concurrentes ?

La plus ancrée dans le milieu : AVN Stars

Plateforme lancée par AVN, le magazine américain bien connu du porn qui organise aussi les awards du milieu adulte, AVN Stars se revendique « le plus connu des réseaux sociaux de l’industrie adulte ». La plateforme est propre et pratique.

Avec des stories et feed bourrés d’interactions, on peut y suivre le contenu public des performers, s’abonner pour accéder aux médias privés, tipper, ou encore payer pour des accès à des comptes Snapchat Premium par exemple. Il y a aussi un onglet boutique sur lequel on peut acheter des clips à l’unité. Le site s’octroie une commission de 20% sur les ventes. AVN Stars est un site très complet qui jouit d’un très bon trafic et son nom familier rassure les clients comme les performers.


La Française : MYM – Meet Your Model

Présente dans le paysage depuis seulement 2019, MYM se présente comme un réseau social privé. Sur la page d’accueil, on aperçoit des profils de cuisinier, de trader ou de rappeur, qui proposent des business plans, des cours en ligne ou du contenu exclusif. Clairement l’étiquette porn n’est pas assumée (comme pour Onlyfans qui cherche aussi à diversifier son public). Et pourtant, le fonctionnement de la plateforme s’y prête : le flux ressemble à s’y méprendre à Instagram, mais les photos y sont floutées, et on doit faut s’abonner pour éclaircir tout ça.

Côté créateur·ice, quelques critiques se dégagent, notamment un problème d’hébergement des fichiers volumineux qui ne sont pas supportés par la plateforme, ou encore la commission jugée un peu salée de 30%.

L’outsider : Frisk

Frisk se place dans le paysage comme le réseau social sexy, pour les TDS et par les TDS. Les performers donc n’ont pas de crainte à avoir quant à une suspension potentielle de leur compte. On retrouve les fonctionnalités courantes : un profil avec un feed visible sans abonnement et un feed privé, une boutique en PPV (Pay Per View) mais aussi une messagerie payante. Ainsi la discussion, trop souvent mise de côté sur d’autres plateformes devient une marchandise en plus. On retrouve même des stories à la une du site. Frisk a tout d’un grand site, son design rappelle quelque peu l’esprit d’un site de sexcam, la prise en main est très simple, qu’on soit client·e ou créateur·ice.

Que choisir ?

Des alternatives à OnlyFans, il y en a donc BEAUCOUP, comme Fancentro qui propose des feeds public, privé et premium ainsi qu’un un espace de vente de clips pour une commission de 25%, ou encore Just For Fans qui a l’avantage de proposer le paiement en Bitcoin.

Toutes ces plateformes ont leurs avantages et inconvénients, comme les pratiques qu’elles acceptent d’héberger (il est par exemple impossible de voir du fist sur Onlyfans ou AVN, mais ce sera possible sur FanCentro et Just For Fans). Évidemment, toutes sont soumises à des carcans imposés par le système financier qui les soutient ou pas, on l’a vu récemment avec Pornhub. On peut retrouver ici une liste des pratiques et contenus acceptés sur différentes plateformes, éditée par Sophie Ladder.

Si Onlyfans reste la plus plébiscitée des plateformes, les TDS se tournent de plus en plus vers ces alternatives, comme Mathilde*, qui a récemment fermé son Onlyfans vieux d’un an pour migrer vers AVN Stars : « J’aimais bien parce qu’il y a du trafic et que ça rapporte du monde et de l’argent, mais ça buguait trop souvent et je me sentais volée pour 20% de commission, en plus comme il y a ces histoires de TVA ce n’est pas rassurant. Alors j’ai ouvert un compte sur AVN Star, l’audience y est tout aussi grande, j’attire de nouveaux clients et la plateforme est vraiment bien organisée. Des clients qui ne sont pas abonnés peuvent m’acheter des clips, ainsi mes revenus passent uniquement par la plateforme et c’est plus sécurisant pour moi que de multiplier les moyens de paiement. »

Et comme tout cela fonctionne bien, forcément, on voit des sites connexes se développer. Sunroom travaille par exemple sur le lancement d’outils pour « débloquer votre capital érotique ». Mais aussi, OnlySearch, qui permet de rechercher des modèles par tag, Snappy pour vendre spécifiquement l’accès à un Snapchat et Slide pour un système de messagerie payant.

Les pratiques en ligne sont souvent simplifiées par les plateformes elles-mêmes qui tendent à guider le plus possible les créateur·ice·s de contenu grâce à des interfaces toujours plus intuitives. Cependant il reste encore des difficultés : fiscalité, protection des données et promotion sur les réseaux sociaux. La création d’outils et d’aides reste essentielle. Pour notre part, au Tag, on a publié un guide en association avec la Résidence Ardente.

Ce tour d’horizon n’est évidemment pas exhaustif. À l’heure qu’il est, des plateformes du genre poussent comme des champignons. Combien tenteront encore de lancer de nouvelles alternatives à Onlyfans alors que le marché est déjà très tendu ? Toutes ces plateformes, qu’elles soient nouvelles ou historiques, réussiront-elles à survivre à une possible baisse d’intérêt, après l’effet COVID et porno confiné ?

Ces questions dépendent uniquement du comportement des client·e·s, peut-être que les habitudes de consommation ont drastiquement changé pour certain·e·s, se tournant vers des contenus payants au quotidien. En tout cas, vous n’avez plus d’excuse, il est temps de payer pour votre porno. #PayForYourPorn

*le prénom a été changé à la demande de la personne interrogée

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