Ciné Porn #9 – La Pianiste

Soyons honnêtes, les récits alambiqués et enflammés mettant en scène de jeunes garçons avec des femmes plus âgées me plaisent tout particulièrement. C’est ma madeleine de Proust. D’où la place singulière que « La Pianiste » a su se frayer dans mon cœur. Césarisé et triplement récompensé à Cannes en 2001, le chef d’œuvre de Michael Haneke reste pour moi un incontournable dans le genre drame-érotique du cinéma traditionnel.

Isabelle Huppert interprète le rôle d’Erika Kohut, la très stricte professeure de piano au Conservatoire de Vienne, coincée avec sa mère intrusive et paranoïaque dans un grand appartement bourgeois. Chignon bas, carré de soie, pull en cachemire et col Claudine, jupe longue, garde-robe aux camaïeux de gris et de beiges, mocassins et soquettes blanches, posture rigide et air pincé : Elle incarne à la perfection la vieille fille de bonne famille, et coche un à un les clichés du genre.

« Dîtes-moi, la froideur ça vous dit quelque chose ? »

Aficionado de veuves noires castratrices, vous allez être servis. Erika semble prendre un malin plaisir, quasiment physique, presque palpable à tyranniser ses élèves. Des plans de jeunes mains jouant au piano s’enchaînent les uns après les autres. On ne voit pas le visage de ces adolescents mais on sent leur inquiétude et leur maladresse, l’emprise que leur professeure a sur eux. Ils sont pendus à ses lèvres, attendent chacune de ses réactions. Ce joug pernicieux résonne en moi comme une sexualité cérébrale, et divinement malsaine.

Bien que carriériste de renom, Erika dévoue lâchement et exclusivement son existence à son étouffante mère. Exclusivement ou presque… Dans le peep-show qu’elle fréquente en cachette, elle visionne un film pornographique avec une froideur déconcertante. Après quoi elle ramassera un mouchoir usagé de la poubelle avant de le renifler avec élégance, comme s’il s’agissait d’un parfum de créateur. Véritable reine de glace, elle reste de marbre en toute circonstance.

Sa rencontre avec le jeune Walter Klemmer va complètement changer la donne. Interprété par Benoît Magimel, l’apprenti pianiste est l’opposé de ce qu’est sa professeure : exubérant, impulsif, bavard, sportif, enjoué, séducteur, malicieux, et nonchalant. Walter lui fait oublier sa propre nature, l’armure de pierre qu’elle s’est forgée sous les conseils malavisés de sa mère.

S’en suit une impétueuse chorégraphie de jeux de regards, et d’échecs cuisants que Walter devra essuyer tentatives après tentatives. Las de se battre, il décide de partager un récital avec une jeune élève, rendant Erika follement jalouse. Par excès de colère et de névrose, elle décide de placer du verre pilé dans la veste de l’étudiante, lui mutilant complètement les mains. Ce geste équivoque sera l’élément déclencheur chez Walter. Il était autant subjugué que bouche bée face à cette passion si véhémente. Comme s’il avait enfin compris qui elle était au plus profond de ses entrailles.

Sauvagement, il saute par-dessus la porte des toilettes, la déverrouille et embrasse sa professeure avec la fougue du jeune premier. Il la bouffe. Erika se laisse faire, manipulée tel un pantin impassible, mise à nue et fatiguée de se battre devant tant de désir.

« Erika je t’aime […] pourquoi tu me fais du mal ? »

Brusquement et contre toute attente, elle retire la main de Walter de dessous sa jupe et reprend le contrôle de la situation. La professeure commence à le branler en imposant une distance froide entre leurs deux corps, et pour seul point de contact obligatoire le regard rancunier qu’elle lui jette. Tel un chiot fou, il réclame de la tendresse, un contact physique, des mots d’amour. Mais elle, reste catégorique et impassible. Elle se baisse non pas lui offrir mais lui prendre, lui dérober une fellation. Pensant bien faire, il la prévient de son éjaculation imminente, mais elle continue de le mordre à chaque mot prononcé de sa part. Elle oscille entre soumission et frustration sans vraiment donner l’impression d’y prendre plaisir. Erika fait le sexe de la même manière qu’elle enseigne le piano : Autoritairement, impitoyablement. C’est la main de fer sans le gant de velours.

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