Rencontre avec Orgasmatrix, la culture porn à la sauce espagnole

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En Espagne prospère depuis maintenant 16 ans un site qui nous ressemble, mais à la sauce espagnole. Nos grands cousins de l’autre côté des Pyrénées s’appellent Orgasmatrix, un site vétéran dédié au porno et à la culture porno, jouissant d’une vigoureuse audience internationale et toujours en vie malgré malgré les difficultés d’un secteur dominé par le gratuit. On a pris (virtuellement) un billet pour Barcelone pour rencontrer le responsable du site.

Peux-tu nous raconter un peu l’histoire de Orgasmatrix ?
Orgasmatrix a été fondé en 2003 dans l’optique de réunir sur un même site tout ce qui nous fascinait à l’époque. Au début, Orgasmatrix n’était pas exclusivement pornographique, c’était un site où nous publiions tout type de sujets inhérents au porno – la culture underground, internet, la musique ou même l’art. Au fil du temps, le porno a pris de plus en plus de place, jusqu’à représenter 99 % du site. Celui-ci contient maintenant des centaines d’articles, vidéos et une énorme base de données de profils d’actrices porno. Nous avons interviewé des pornstars comme Bonnie Rotten, Esperanza Gómez, Jillian Janson ou Amarna Miller. Corrige-moi si je me trompe, mais je pense qu’Orgasmatrix partage de nombreuses similarités avec Le Tag Parfait, depuis que nous relatons les actualités de la culture porno.

En effet, vous êtes en quelque sorte nos cousins espagnols. Combien de gens travaillent pour Orgasmatrix ?
L’équipe se compose de trois personnes, mais nous avons aussi publié des auteurs extérieurs – comme les performeuses Amarna Miller et Dunia Montenegro, ou des journalistes espagnols comme José Viruete.

Combien de visiteurs en moyenne se rendent sur le site ? D’où viennent-ils ?
En ce moment nous avons une audience quotidienne de 200 000 visiteurs uniques [soit dix fois plus que les audiences du Tag Parfait et du Bon Fap réunies, ndlr]. La plupart sont des visiteurs récurrents, mais un gros pourcentage débarque des moteurs de recherche. Après toutes ces années, nous avons su fédérer une communauté de followers qui lisent et commentent régulièrement nos articles.

Votre audience émane de communautés parlant espagnol. Observez-vous des différences entre elles dans ce qu’elles consomment ?
Entre l’Espagne et l’Amérique Latine nous avons observé certaines différences en matière de « préférences anatomiques ». Je crois qu’en Amérique Latine – et si je m’en réfère à nos statistiques Google Analytics – la vénération des grosses fesses est plus intense. Il y a forcément d’autres différences de goût au niveau des comportements sexuels mais je ne vois pas tout à travers nos données. Peut être qu’Internet et la globalisation diminuent nos différences en terme de sexualité. Je ne peux pas le confirmer à 100% mais j’ai l’impression que le public féminin est aussi plus important en Espagne, en tout cas nous attirons plus de visiteuses en provenance d’Espagne que d’Amérique Latine.

Amarna Miller, collaboratrice occasionnelle d’Orgasmatrix

Comment se porte l’industrie du porno en Espagne ? Et dans le monde ?
En Espagne perdure une grande industrie du X où figurent de super professionnels (performers, réalisateurs, producteurs). Elle figure à la vingtième place dans le classement de la consommation de porno. Pourtant, l’industrie est encore précaire, dans la mesure où les internautes piratent davantage de contenus que dans les autres pays de l’ouest. Du coup, beaucoup de professionnels décollent pour les Etats-Unis car les conditions de travail y sont meilleures.

Orgasmatrix est très vieux site à l’échelle d’Internet. Comment as-tu vu évoluer le porno en ligne espagnol et à une plus grand échelle, dans le monde ?
L’industrie porno a beaucoup changé ces quinze dernières années. Il y a toujours eu du porno gratuit sur internet, mais ce qui est arrivé ces dernières années avec l’arrivée des tubes porno n’a pas seulement changé notre façon de consommer du porn mais a également eu un énorme impact sur la production et la distribution. MindGeek a pris une position hégémonique avec son énorme portefeuille de tubes et de studios. Ils font partie de ceux qui conditionnent actuellement l’industrie et c’est bien dommage, car de l’autre côté le porno a aussi fait de grands progrès en terme de qualité – avec l’émergence d’un porno féministe et des producteurs indépendants spécialisés dans les minorités de genre. Je suis conscient que la position de cette boîte les affecte négativement. De plus, ces producteurs indépendants subissent également les nouvelles lois érigées dans certains pays, comme la vérification de l’âge des visiteurs ou la loi sur l’obscénité au Royaume-Uni.

Comment arrivez-vous à survivre dans cette jungle numérique qu’est devenu le business porno ? C’est beaucoup plus difficile de s’en sortir qu’il y a dix ans.
C’est en effet beaucoup plus dur de gagner sa vie maintenant. Ce qui a commencé comme une affaire très rentable est devenue une lutte pour la survie. Au début, beaucoup de webmasters se sont lancés dans la création de site porno comme un moyen simple de faire de l’argent. Il y a dix ans, avec seulement 20 000 visiteurs uniques, un webmaster pouvait confortablement gagner sa vie. Mais l’arrivée de la culture du porno gratuit a considérablement réduit les revenues liés au business porno, mais aussi avec les régulations au niveau des paiements. Par conséquence, un grand nombre de webmasters qui se faisaient beaucoup d’argent à l’époque se sont retrouvés à devoir abandonner ce marché. Nos concurrents ne sont plus vraiment des webmasters mais d’énormes sociétés avec des centaines d’employés et des revenus gigantesques. On continue à bosser sur ce projet parce que nous l’aimons, mais ce n’est plus vraiment profitable.

J’ai le vague souvenir d’une version française d’Orgasmatrix, pourquoi l’avez-vous arrêté ?
Il y a quelques années, on a rencontré à Barcelone un webmaster français qui travaillait pour une régie publicitaire adulte. Il connaissait très bien le marché français et nous a proposé de créer et de développer une version française de notre site qui s’appelait : Orgasmatrice. Le projet n’a pas duré très longtemps car comme tu le sais ce travail demande beaucoup d’efforts et de détermination. C’est vraiment dommage qu’il n’ai pas eu la patience de continuer car le site a été lancé au moment où les revenus dans la publicité en ligne étaient vraiment bons en France. Les sites français sont désormais juste de simples tubes comme FilmPorno5K.

Que penses-tu des productions pornos françaises ?
Nous suivons le travail de producteurs comme Marc Dorcel mais aussi celui d’excellents vidéastes comme Lucie Blush, que j’ai eu le plaisir de rencontrer à Berlin et que j’ai pu féliciter à cette occasion. La France réunit une équipe de performers très sexy : Anissa Kate, Nikita Bellucci et Natasha Nice. Vous êtes aussi imbattables pour tout ce qui est de la littérature érotique : le Marquis de Sade, Anaïs Nin et Georges Bataille. Vous avez la coupe du monde de foot et celle de la littérature érotique !

Retrouvez Orgasmatrix sur leur site mais également sur Twitter ou Instagram.

Image en une : Amarna Miller portant le tee shirt d’Orgasmatrix

 

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