Alice Leroy: « Sur un tournage, quelque chose de fort se passe entre les acteurs »

Il y a quelques temps, je vous racontais mon premier rendez-vous webcam avec une jeune actrice porno : Alice Leroy. Si vous ne la connaissez pas encore, cela ne saurait tarder. Elle a commencé les tournages il y a environ un an, à tout juste 19 ans, avec l’objectif clairement affiché de jouer dans la cour des grands.  Avec Dorcel, B-Root, Blue One déjà inscrits sur son CV, elle est sans aucun doute la révélation de l’année 2015. Lors d’un entretien, elle m’a raconté ses débuts dans le monde du X, son ressenti et ses envies pour l’avenir.

La plupart de nos lecteurs te connaît en tant que camgirl et actrice porno. Comment te définis-tu personnellement ?
Je suis actrice avant tout. J’ai d’abord commencé par la webcam sur Cam4 mais je n’ai fait que 2 ou 3 shows, et j’ai arrêté tout de suite. J’ai préféré attendre de faire des tournages, car c’était mon but. C’est là que je m’éclate le plus. J’aime jouer la comédie. J’adore quand on me dit que pour le prochain tournage il va falloir aller dans une région que je ne connais pas du tout et rencontrer les nouvelles personnes avec qui je vais travailler.

J’aime l’ambiance et la proximité qu’il se créé avec l’équipe. Je préfère ça qu’être seule devant ma webcam. Quand on est en tournage, même si on joue la comédie, il y a quelque chose de fort qui se passe avec les autres acteurs. Le dernier tournage que j’ai fait était pour Blue One, pour un film qui va être proposé à Canal +. Pour moi, c’est une super opportunité et ça signifie qu’il va y avoir de la comédie et que ce sera très pro. En plus, se faire maquiller et pomponner, c’est un vrai bonheur. J’aime aussi quand on me choisit mes tenues, et que je ne suis pas obligée de venir avec mes vêtements que je porte déjà tous les jours. Je me sens vraiment actrice dans ces cas-là.

As-tu pensé à développer davantage ton côté camgirl en faisant des shows publics, ou tes propres vidéos sur Manyvids par exemple ?
Je me suis réinscrite sur Francolive après ma première scène car on me l’a conseillé. C’est vrai que la webcam permet d’être plus proche des personnes, et c’est aussi un bon moyen d’être active entre deux films. Je trouve important d’être proche des gens qui te regardent. Bien sûr que tout le monde ne va pas venir regarder mes shows même s’ils apprécient mes scènes, mais c’est bien de proposer autre chose pour ceux qui veulent en voir plus.

Je ne fais que du privé cam-2-cam pour l’instant et j’avoue que connais assez mal les sites publics comme Chaturbate, mais je les trouve intéressants. Ils permettent aux gens qui n’ont pas les moyens de payer des tokens de pouvoir voir du contenu, et finalement cela réunit plus de monde. En tout cas je réfléchis à m’inscrire sur ces sites en ce moment. Pour ce qui est de faire mes propres vidéos, ça ne m’intéresse pas. Je me vois pas faire ça toute seule dans ma chambre. Je préfèrerais à la limite faire une scène porno où je serais seule à l’écran, mais avec tout le monde sur le plateau.

On sent vraiment que tu apprécies de travailler en équipe. Avec qui as-tu particulièrement aimé travailler ?
Récemment, avec Kris Bakelit, pour le magazine Union. On s’est bien entendus, on a beaucoup ri et le tournage s’est super bien passé. Sinon j’ai aimé travailler avec Pascal Lucas, le premier réalisateur avec qui j’ai tourné pour Dorcel, il était très professionnel et c’était intéressant pour moi qui commençais… La scène que j’ai faite avec Nikita Bellucci aussi m’a beaucoup plu, on s’était éclatées car c’était une scène « déconne », et j’ai adoré. J’ai aussi bien accroché avec Titof car on a pas mal de points communs comme la passion des jeux vidéo, en plus on aime les mêmes films. C’est quelqu’un de très sympa.

Tu arrives à prendre du plaisir ou tu es vraiment à 100% dans le rôle ?
Pendant une scène, c’est difficile de ne pas prendre son pied ! Je connais des acteurs qui font trop la part des choses et considèrent les scènes uniquement comme un travail, peut-être pour ne pas s’impliquer émotionnellement. Du coup il passent complètement à côté du plaisir, et c’est dommage.

As-tu trouvé ça difficile de prendre ta place dans le milieu du porno français ?
C’est très dur de se lancer aujourd’hui en France. Quand on veut tourner, on a vite fait de faire le tour des prods et si on n’est pas prêt à voyager à l’étranger pour travailler, ça devient vite compliqué. Moi je n’ai pas encore voyagé par exemple. Ce qui est certain, c’est que si tu veux bien commencer, il ne faut pas aller vers la facilité et faire de l’amateur, parce que ça te crame sur le peu d’autres productions qu’il peut y avoir. Il faut réussir à garder l’image que les grosses productions veulent que tu aies, tout en réussissant à travailler assez. L’amateur est très demandé sur Internet et c’est pour ça que les grands noms produisent de moins en moins. En plus ça nous enlève un peu de travail à nous actrices. Certaines femmes peuvent se dire « Tiens, il me faut un peu d’argent, je vais faire une scène » et c’est comme ça que les productions amateurs peuvent prendre une nouvelle fille à chaque fois, en la payant peu comme elle débute. La plupart ne feront même jamais de deuxième scène.

Alice Leroy Dorcel

Alice dans « Harcèlement Sexuel » chez Dorcel

Et en tant que femme, est-ce que c’est plus dur ?
Sur les tournages, les actrices sont mieux traitées que les acteurs. Les réalisateurs se rendent bien compte que s’il n’y avait pas d’actrices, il n’y aurait pas de pornos. Il faut être forte psychologiquement et être sûre de soi quand on fait du porno, ou même de la webcam, car c’est dur à porter. Certains spectateurs vont confondre le rôle que tu as dans les films et la personne qui les joue, et sous prétexte que tu interprètes un objet de désir dans les films, ils vont penser qu’ils ont tous les droits et te dire ce qu’ils veulent. Comme si tu étais dans le « domaine public » quelque part… et finalement je vais prendre moins mal un « Salope ! » reçu sur mon compte Twitter d’actrice porno, qu’un « Salope ! » lancé dans la rue alors que je ne fais rien de spécial. Je reçois comme tout le monde malheureusement des messages insultants, ou des propositions malhonnêtes. Une fois, j’ai eu une attaque en groupe sur ma room Francolive, en provenance d’un forum de jeux vidéos, mais ce qui est formidable c’est que mes followers fidèles et mes fans prennent ma défense dans ces cas-là.

Il y a beaucoup d’actrices féministes et qui militent activement. Personnellement, je ne pense pas que faire du X ce soit dévaloriser l’image de la femme. C’est une manière de libérer les esprits et de se décomplexer sur beaucoup de points.  Et puis, les normes du porno ont changé, et les rôles qu’on joue évoluent aussi. On a toujours la blonde pas très futée, mais on croise aussi des rôles de footballeur débile. Finalement c’est dans ces mises en scènes qu’on va pouvoir mettre en valeur la femme. Personnellement, j’adorerais tourner dans un porno féministe, ça me plairait beaucoup.

Alice, notre question classique : c’est quoi ton porn ?
J’ai toujours adoré le porno érotique qu’on appelle à tort le porno « pour filles ». J’ai fini par évoluer vers des choses un peu plus hard bien sûr, et ce que j’aime par dessus tout, ce sont les parodies. Pas forcément pour les scènes de sexe, mais plus pour le côté rigolade. Ma préférée c’était une parodie de Freaky Friday vraiment réussie. Maintenant je regarde surtout du hentai, je trouve qu’on peut faire beaucoup plus de choses avec des dessins que dans la vraie vie.

Quels sont tes projets pour 2016 ?
Difficile de vous dire ça avec précision, car en général on m’appelle une semaine avant un tournage… et encore ! J’ai des choses prévues, mais rien n’est gravé dans la pierre. La période des fêtes par exemple était calme, car comme dans tous les domaines, les gens sont plus en famille qu’au travail. Ce que je peux dire, c’est que je vais essayer de commencer à voyager et travailler à l’étranger pour évoluer et grandir dans mon métier.

Quand tu parles d’évoluer, tu penses à quoi exactement ?
Et bien, j’aimerais être actrice le plus longtemps possible, mais j’adorerais réaliser. Et si je pouvais, je réaliserais ce que j’aurais envie de voir moi dans le porn. Mon rêve serait de réaliser un pornogeek, quelque chose comme Sexfighter avec Katsuni, qui est mon idole.

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Katsuni, pionnière du pornogeek

J’ai récemment vu Fap to the future et je l’ai trouvé bâclé. Je pense qu’on peut aller plus loin, réaliser un porno avec une idée précise en tête et le faire bien, et pas se contenter de prendre n’importe quel prétexte ou mode geek pour en faire un film raté. On peut trouver le X partout, il faut juste avoir une bonne idée et surtout bien l’exploiter. Par exemple, on pourrait facilement adapter le personnage de Quiet du dernier Metal Gear Solid dans un film X. J’ai d’ailleurs fait ce cosplay pour le Toulouse Game Show.

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Alice en Cosplay au Toulouse Game Show

 

Oui, je me souviens t’avoir croisée sur place…
Oui ! J’ai été très surprise ce jour-là, car on m’a reconnue pour la première fois « en vrai ». En arrivant  il y a eu plein de personnes qui m’ont prise en photo car ils ont aimé mon cosplay, mais certains m’ont interpelée en tant qu’Alice Leroy. Je me suis rendue compte qu’on pouvait me reconnaître dans la rue, c’était très étrange. Je pense quand même qu’on peut croiser des actrices porno dans la rue sans s’en rendre compte. On est pas pareilles dans la vraie vie que sur un tournage.

Tu as une vraie passion pour les jeux vidéos, on peut notamment te regarder streamer sur Twitch. Est-ce que pour toi c’est un loisir ou une autre partie de ton travail ?
Quand je suis sur Twitch c’est vraiment pour mon plaisir personnel. Je préviens toujours les abonnés de mon compte Twitter car je sais que la plupart des gens qui me suivent ont un peu le même univers que moi, et me suivent aussi parce que je suis fan de jeux vidéos. Après tout les actrices ont une vie après les tournages. On est comme tout le monde.

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