La police russe chasse les fappeurs

D’après MediaZona, les autorités russes se sont trouvées une nouvelle marotte : taper sur les fappeurs. Le site indépendant assure que depuis quelques mois, les personnes qui partagent du contenu pornographique sur le réseau social VKontakte sont pourchassées avec un zèle tout particulier par le Département K du Ministère de l’intérieur, en charge des crimes numériques. Ce nouvel acharnement servirait moins à protéger la population qu’à gonfler les statistiques de la police.

Le scénario est toujours le même. Un internaute partage des images explicites sur VKontakte et quelques semaines plus tard, des policiers viennent confisquer son ordinateur en invoquant l’Article 242 du code pénal. Ainsi, en 2014, 148 personnes ont été condamnées pour avoir violé ce texte qui interdit “la distribution illégale de matériel pornographique”. Cinq d’entre elles ont écopé de peines de prison ferme, une de travaux forcés. 126 autres ont été mises en liberté surveillée.

VKontakte

VKontakte

Techniquement, ces internautes étaient bien dans l’illégalité. VKontakte interdit le partage d’images pornographiques. Mais dans les faits, plusieurs détails indiquent que la police utilise ces hors-la-loi. Les accusés sont souvent de jeunes adultes, voire des adolescents, entre 16 et 25 ans. Trop jeunes pour se défendre, ils craquent face aux policiers qui perquisitionnent, avouent vite et reçoivent une condamnation légère. “Un homme dans la quarantaine ne se laisserait pas faire comme ça”, insiste Pavel Domkin, un avocat habitué à ce genre d’affaires.

L’autre problème, c’est que les poursuites engagées au nom de l’Article 242 ne concernent jamais que du menu fretin. “Je n’ai pas vu la police coffrer une seule personne ayant des liens avec la production ou la distribution de ce genre de matériel à une échelle industrielle, continue Pavel Domkin. Sans doute parce que personne n’a envie de mettre son nez là-dedans”. L’avocat partage l’avis de MediaZona : le but est de faire mousser la police vite-fait, bien-fait, rien de plus.

Le ministère de l'intérieur russe

Le ministère de l’intérieur russe

L’avocat Albert Ishkanov les rejoint : “Il est plus facile de piocher sur VK, d’écrire un procès-verbal et de coffrer quelqu’un – un gamin – que d’enquêter sur des crimes sérieux. Ce genre de cas ne prend aucun temps, c’est bouclé en un mois. (…) Vous voilà avec un crime résolu et une condamnation. Pour les statistiques, on ne fait pas mieux”. Un procédé douteux facilité par l’absence de définition claire de ce qu’est la pornographie dans la loi russe.

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