Un an après, le triste bilan des lois anti-porno anglaises

En décembre 2014, le gouvernement du Royaume-Uni a voté une volée de lois anti-pornographie particulièrement invasives. En interdisant la distribution sur Internet de films représentants des pratiques jugées moralement dommageables ou dangereuses, comme le fisting, la strangulation, mais aussi l’éjaculation féminine ou la simulation de viol, elles ont porté un coup très sévère aux producteurs fétichistes installés outre-Manche. Un an de galère après, deux professionnelles du sexe sont revenues sur l’impact de ces mesures pour le quotidien anglais The Independant.

Pandora Blake a 31 ans, elle est réalisatrice et actrice de films porno BDSM pour amateurs de grosses fessées. Une pratique dont les représentations ont été interdites à la distribution en ligne par les lois de décembre 2014. L’été dernier, elle s’est vue ordonner de fermer son site Dreams of Spanking. Cinq ans de travail ont été vaporisés en un instant. « Je ne m’attendais pas à ce que les mesures soient appliquées aussi rapidement et brutalement », a-t-elle expliqué à l’Independant. « Cette année a été dévastatrice pour moi, personnellement et professionnellement. J’ai perdu de l’argent, ma santé mentale a souffert, ma créativité a été bâillonnée ».

Pandora Blake

Pandora Blake

La dominatrice Megara Furie, 32 ans, a moins souffert des nouvelles lois que Pandora Blake. Mais elle a été témoin de ses effets dévastateurs sur ses proches. « J’ai vu beaucoup d’amis, des gens biens, éthiques comme moi, perdre leur business, leur salaire, leur fonds de pension », a-t-elle raconté. Etonnamment, la patronne du site web Purple Togging ne condamne pas les lois pour autant : « Leurs effets ont été bons et mauvais. J’ai perdu de l’argent. Mais ce n’est pas tout ». The Independant rapporte que la dominatrice croit en l’argument de la protection de l’enfance, le dada de bataille des anti-pornos anglais. 

Megara Furie réclame néanmoins des changements dans les textes légaux : « Il faut que ce qui est conforme soit clairement défini. Un membre de la scène fétichiste doit être impliqué dans ces réformes, pour être sûr qu’elle sont justes et limpides ». Une initiative qu’elle réclame à l’aide du hashtag #FreeTheKink. Sans grand succès. Loin de faire marche arrière sur ses décisions, le gouvernement de David Cameron campe plus que jamais sur ses positions anti-pornographie. Au point de se montrer prêt à braver les nouvelles législations européennes qui rendaient illégal leur travail de censure.

Encore et toujours, il fait mauvais temps sur le fap anglais.

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