MyFreeCams : comment ça marche ?

Depuis le début, la webcam porn pour moi se résume à Cam4 et Chaturbate. Le premier parce qu’un pote m’en avait parlé il y longtemps comme un truc révolutionnaire, me disant qu’on devrait se lancer là-dedans (ah… si seulement je l’avais écouté), le deuxième parce qu’on ne voit que lui partout en ce moment, pour peu que l’on s’intéresse au porno. Seulement, mes recherches de camgirls toujours plus cool, sympa et originales me poussent à sortir de ma zone de confort et à aller explorer l’inconnu. C’est comme ça qu’un beau jour,  je me suis retrouvée sur MyFreeCams…

Premier contact

mark wahlberg wtf

Moi quand j’ai débarqué sur MFC

La première fois que je suis allée sur MyFreeCams, j’ai d’abord cru à une blague ou une faille dans le continuum espace-temps. Puis j’ai vu que la police dominante était le Comic Sans et je me suis dit « Ah mais non ok, c’est un fake ou un troll ? » Hé bien non rien de tout ça. C’est juste un vieux site créé en 2004 et plus ou moins resté dans son jus. Mais ne vous en faites pas pour eux, quand on ramasse 30 millions de visiteurs mensuels et qu’on brasse des dizaines de milliers de dollars par heure, on n’a pas tellement besoin de se faire chier à parler design.

Concrètement MyFreeCams ressemble à ça :

homepage myfreecams

Un fond vert, une floppée de photos de photos de jolies jeunes femmes, des indications dans une colonne, et des liens hypertexte en bleu souligné (so 2002)… difficile de s’y retrouver. Pourtant l’interface est vraiment intéressante, et le site se met en quatre pour vous aider à prendre vos marques.

Personnalisation

La première chose à faire est de se créer un profil. Cela va grandement vous faciliter la navigation dans cet océan de camgirls toutes plus jolies les unes que les autres (ce qui est un peu étrange si vous voulez mon avis). Ensuite, intéressez vous à la barre en haut à droite, sous votre pseudo.

barre de recherche MFC

Dans cette barre, vous pouvez directement filtrer par « nouvelles modèles » ou chercher un mot (pseudo ou tag). J’ai testé avec « French », mais les résultats étaient peu concluants. Bon à savoir, le site vous propose les modèles dont le profil contient le tag french, même si elles ne sont pas en ligne, pour pouvoir les garder dans un coin pour plus tard.

recherche tag myfreecams

La clé à molette à côté de « settings » ouvre un volet qui va vous étonner. Il est possible de filtrer, trier, cacher, choisir les webcams que vous voulez afficher.

settings myfreecams

Par exemple, si vous ne voulez voir que : les rooms anglaises, qui font des shows privés, triées par ordre alphabétique, en affichant la preview de leur webcam en grand, en pages sans scroll infini avec un refresh toutes les 15 secondes, c’est possible. Et votre homepage ressemblera à ça :

test settings myfreecams

Maintenant, à vous de jouer.

Des femmes partout

Bien qu’on m’ait déjà reproché d’accorder le mot « modèle » au féminin, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement lorsqu’on parle de MyFreeCams. J’ai eu beau chercher, je n’ai pas vu la moindre trace de teub, qu’elle soit cis ou trans. Il y a de quoi être déçu quand on aime les zizis. Je me suis posée la question de cette absence de mâles pendant un moment, et en me créant un profil de modèle j’ai compris : c’est tout simplement écrit noir sur blanc dans leur wiki dans la liste des interdits :

  • – Men on camera for any reason. Men should not even be in the same room.
  • – Sexual relations with men, even off-camera.

En français dans le texte : la diffusion est interdite aux hommes, pas d’homme à la cam ni à côté de la cam, ni dans la même pièce. Interdit de faire du sexe avec des hommes, même hors champ. Je trouve cela assez dommage, quand on voit le succès croissant que remportent les hommes et les couples gay ou hétéros sur les sites concurrents. Mais, bon, c’est leur choix. Une partie de moi a voulu croire que c’était pour faire la part belle aux femmes, mais mon côté pragmatique sait bien que c’est juste une technique pour ne pas rebuter les tippers hommes 100% hétéros à l’arrivée sur le site, puisqu’ils ne verront que les webcams de 1000 à 1500 femmes (jeunes et sélectionnées pour leur physique de magazine).

Un deuxième point du wiki a attiré mon attention : les transsexuelles ne sont pas les bienvenues. Je rage. Le site n’accepte que les femmes cis, et à la limite les couples de femmes cis (mais préfèrent les shows en solo), et en plus, uniquement âgées de 18 à 40 ans. Plus bas ils en rajoutent une couche, en reprécisant que le site accepte les femmes cis de n’importe quelle orientation sexuelle. Quel intérêt de se montrer ouvert sur ce point mais fermé sur tous les autres ? Ah oui, les lesbiennes et les femmes bi font fantasmer, il s’agit sans doute d’une autre technique pour titiller l’imaginaire des tippers « classiques ».

wiki myfreecams

Les critères pour être modèle MFC

Tout est plus clair maintenant, je comprends pourquoi j’avais l’impression d’être dans un monde esthétiquement parfait, du moins du point de vue du tippeur lambda. L’impression se confirme lorsque je vois que je dois envoyer des photos de moi avant que mon profil de modèle ne soit validé. AshleyVex avait raison quand elle disait que « MyFreeCams est l’endroit où les pom-pom girls les plus populaires iraient traîner à l’école. Leur méthode de notation des modèles est très compétitive, c’est la course à l’échalote. »

Le côté tolérant et ouvert qu’on aime tant d’habitude n’est pas présent. On trie les hommes, les trans, et certaines femmes.  Mais alors, où sont les « girls and boys next door » qu’on a envie de voir s’exhiber ? Pas ici apparemment.

Exploration poussée

Je ne me suis pas arrêtée là. Je suis allée regarder des shows, notamment ceux des cameuses les plus connues, pour voir comment se passent les choses, et essayer de comprendre l’engouement pour ce site. Pour ne rien vous cacher, j’ai même acheté des tokens pour vivre l’expérience pleinement. J’étais hyper remontée par ce que j’avais lu dans le wiki, et je partais bille en tête en me disant que ça ne pouvait être que nul et que c’était des méchants intolérants et sexistes et machistes et misogynes, etc…

J’arrive dans une room, et comme souvent, c’est du grand n’importe quoi. Tout le monde parle, on n’arrive pas à suivre, et pour couronner le tout, les polices et les couleurs personnalisables rendent l’ensemble improbable.

chat mfc

Le site propose une parade, heureusement, et vous pouvez personnaliser les rooms comme vous le voulez. La cam peut s’afficher en petit ou en très grand, et vous avez la main sur qui vous voulez voir parler ou pas, on peut donc muter la plupart des autres voyeurs (un gros avantage pour ceux qui connaissent). Les gens sont assez respectueux et polis. C’est un point positif. Le seul que j’ai vu râler c’est un tipper qu’une camgirl novice n’avait pas remercié.

menu in chat mfc

Je reste un peu sur une room, celle d’une sosie de Kylie Jenner en plus voyante. La demoiselle se remaquille, minaude, boit un verre de vin (ah tiens ? on a le droit sur MyFreeCams, plutôt intéressant…). Sa chambre est impressionnante, la déco est parfaite et le lit donne envie de mourir dedans. Il ne se passe rien, mais les gens sont contents et tippent. Elle remercie à peine. Mouais, next.

Une jeune grande blonde à la plastique parfaite qui discute assez tranquillement avec ses tippers. Elle mange de la pizza, assise sur une table en verre avec la webcam posée sous ladite table. C’est vraiment original. Elle fait une loterie pour les spectateurs. On passe un bon moment. Je cherche le goal pour savoir combien tipper pour qu’elle fasse quelque chose. Il n’y en a pas. Elle propose son snapchat ou des tickets de tombola mais c’est tout. Je la vois se balader dans un appart immense avec son PC portable. On se croirait dans une série télé tellement les décors sont fous.

Je passe à la room suivante, et soudain mon coeur s’arrête. Austin White, performeuse burlesque, sosie de Jessica Rabbit en robe léopard. Elle écoute du Frank Sinatra en sirotant un verre de vin blanc. Elle est superbe. J’observe la scène, bouche bée.

austin white MFC

Elle non plus elle ne fait rien, elle danse un peu, discute, minaude. Mais en fait, tout est soigneusement préparé : son maquillage est digne d’un tapis rouge, sa tenue est impeccable, sa manucure est parfaite. Facilement 2 heures de préparation pour venir passer du temps devant la cam. Et en arrière plan… une balançoire. Elle a UNE BALANÇOIRE dans sa chambre ! Mes premiers tokens lui vont naturellement et ça me fait un effet fou quand elle me sussurre « Thank you Carmina ! » en replaçant une mèche de sa chevelure de feu. Elle s’asseoit sur la planche de bois va-et-vient doucement, tandis que les froufrous de sa robe virevoltent au son du jazz. Ok, n’en jetez plus, j’adhère.

Je crois que je comprends un peu mieux pourquoi les gens viennent sur MyFreeCams. Les filles ne rigolent pas ici, pas de show au saut du lit en pyjama avec le linge sale en arrière plan. Pas de petite pièce mal décorée aux allures d’appartement étudiant (ou pire de studio où tout est faux jusqu’à la moindre affiche collée au mur), mais des chambres et des appartements bien illuminés et coquettement décorés. Et puis, elles ont l’habitude, elles savent se mettre en avant et sont de véritables maîtresses de cérémonie. Elles font parfois des shows de plusieurs heures, de véritables marathons de la webcam. Tout est calculé et elles se creusent véritablement la tête pour trouver des idées nouvelles et nous faire entrer dans leur univers. Elles font la loi, leur loi.

Bilan mitigé

Ma découverte de MyFreeCams me laisse tout de même un goût amer. Pourtant, je m’y suis intéressée en premier lieu parce que certaines modèles qui diffusent sur le site sont absolument formidables, et que finalement on trouve une certaine diversité malgré le tri fait à l’entrée.

La superbe Kelli, magnifique pinup voluptueuse :

Et Mystic Mel, qui ne rate jamais une occasion de surprendre les spectateurs avec des costumes et des maquillages hyper travaillés :

Kaylee et sa poitrine insolente (et ses pattounes de chats tatouées)

Une autre pinup de la team #redheads : Luna Roux.

Et sans oublier Beth pour la team #androgyne.

Ou encore Ashe Maree, qui tweete des messages hyper positifs pour toutes les travailleuses du sexe.

Il me reste maintenant à tester le côté modèle (si je passe la sélection sur photo, bien sûr) mais je suis perplexe. Pourquoi refuser les transsexuelles ? Pourquoi trier les femmes selon des critères comme le physique et l’âge ? On le sait pourtant maintenant, c’est le côté accessible et interactif qui plaît aux tippers. Et pourquoi n’accepter aucun homme, même assis dans un coin pour décorer ? J’ai beau savoir que ce sont les choix personnels du créateur du site, un bourrin d’Internet, je trouve cela non seulement dommage mais surtout éthiquement condamnable… Hélas, les modèles n’étant pas employées par le site, MyFreeCams peut trier et discriminer sans être trop inquiétée.

*Image à la une Holly Beth

2 commentaires Voir les commentaires

  • Je suis tombé sur ce site par hasard, en cherchant des alternatives françaises à MFC. J’ai découvert cam4 et chaturbate, merci pour vos conseils, mais je suis revenu assez déçu. Certes MFC a une interface étrange, mais dès qu’on cherche à voir autre chose que de la chair masturbante en boucle, ca reste le plus agréable. Surtout si on est sceptique sur l’intérêt des ohmibod dans une room. Je reconnais que les jeux sur chaturbate animent un peu les rooms, mais sinon j’ai l’impression de me retrouver sur livejasmin, et le tag #french est aussi désert comme ailleurs…

    Où sont les françaises ? A quand un vrai site de cam qui regroupe une vraie communauté de modèles françaises ?

  • MFC, MFC… Aaaahh!… MFC…… « Ma Fidèle Copine »…
    Perso, je suis entré dans l’univers webcams / camgirls via LiveJasmin, que j’ai bien vite quitté lorsque j’ai fini par m’apercevoir, grand naïf que je suis, que ce qui n’est disponible uniquement qu’en payant pour du privé à Jasmin est généralement disponible gratos en public sur d’autres sites, lorsque les modèles (quasiment toutes) broadcastent en même temps sur plusieurs sites.
    A partir de là, on va partout : Chaturbate, Bongacams, Cam4, xHamsterLive (dorénavant fusionné avec Stripchat), Voissa (et son mirror Jacquieetmichellive), Camsoda, LiveSexList, etc. etc. Je recommanderais par ailleurs, pour qui fait une fixation sur un ou plusieurs modèles, les sites webcam-archiver.com et sexwebvideo.com (entr’autres) qui permettent d’aller farfouiller dans les archives stockées (captures statiques ou vidéos) de certaines de nos favorites.
    Bref.
    Ce n’est que tardivement, après maintes pérégrinations, que j’ai fini par tomber sur MyFreeCams. Même analyse que dans l’article, de prime abord on est dérouté par l’aspect vieillot / bordélique des mises en page CSS, genre vieux flashback dans le MySpace du tout début, à cette époque bénie où on pouvait mettre, à condition de s’y connaître un minimum en codage, absolument tout ce qu’on voulait sur une page MySpace (jusqu’à se faire effacer par les admins, et on pouvait ajouter une médaille à son nouveau profil, il y avait même des logiciels qui permettaient de re-requester les anciens « friends »). Voyage dans le temps 15-10 ans en arrière.
    Re-bref.
    Avec MyFreeCams, on retrouve quelque chose de ces mémoires enfouies : faire son profil, l’étoffer ou pas, se sentir presque sur un pied d’égalité avec les modèles. Privé : du c2c direct, c’est un site impliquant. Et tout un tas de features, de fonctions, ne sont disponibles que là. Et donc à la finale, si on s’habitue et se prend au jeu, on finit par scotcher à MFC et à ne plus aller ailleurs. Les tokens / crédits y coûtent grosso modo aussi cher qu’ailleurs, ni plus ni moins.
    Le plus MFC : genuine USA, beaucoup d’américaines – pour une fois, ce n’est pas la Roumanie à tous les étages…
    Le moins MFC : comme développé dans l’article, pas de trans, pas de couple, pas de mec, « c’est exclusivement féminin » comme dit la chanson… Pour moi qui suis entre temps devenu modèle (soumis capricieux réticent, spécialité inversion des rôles dominant-e/dominé-e), c’est un moins non négligeable.
    Suggestion d’article sur LTP : une étude comparative des différentes procédures de paiement sur divers sites de cams live (pour qui à une partie éventuellement importante de ses revenus en ligne à soustraire au fisc, le recours à PayPal est devenu crucial).
    Et pour finir, deux suggestions de camgirls réellement françaises : sur Stripchat (.com, pas .org qui est spécialisé Allemagne), Lilou-14, jolie brune complice et rigolote plutôt portée sur l’anal, et Classyx, milf fétichiste avec qui il est possible d’avoir une conversation intéressante.
    Pardon si j’ai rédigé un blog en guise de commentaire…

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