C’est quoi ton porn Flore Cherry ?

Flore Cherry est une sexploratrice. On la retrouve dans Union, sur Femme Actuelle où elle partage ses sex’periences dans une web série, mais également sur son blog Pop Your Cherry où elle nous invite à nous « déflorer ». Attachée à la promotion du sexe sous ses plus beaux atours , elle organise aussi des Ecrits Polissons, des rencontres de passionnés de lecture érotique. C’est donc tout naturellement qu’elle vient nous ouvrir ici son historique qu’elle dit ne jamais effacer. Alors, c’est quoi ton porn Flore Cherry ?

La toute première scène que tu as vue ?
Je ne me rappelle plus du tout de la toute-toute première scène. C’est un peu comme le tout premier soutien-gorge ou la toute première paire de talons hauts, ces passages à l’âge d’adulte ont très certainement dû m’émouvoir sur le coup… mais je les ai vite oubliés ! Disons que la première scène qui m’ait « marquée », c’était une femme blonde qui entrait dans une pièce les yeux bandés. Ses mouvements étaient guidés par la voix autoritaire d’un homme. À un moment, il lui a fait retirer sa culotte alors qu’elle était sur un miroir pour que l’homme, certainement en hauteur, puisse avoir une vue très explicite de son entrejambe. A l’époque, j’ai trouvé l’idée géniale !

La toute dernière scène que tu as vue ?
Disons que le dernier « choc » que j’ai eu en naviguant dans le monde du porno, c’était il y a quelques jours (comme quoi je n’ai pas encore fini d’en faire le tour), en regardant une scène spéciale « SDF » sur un site obscur.
On pouvait y voir une jeune femme nettoyer un homme tout maigre dans une baignoire, il était édenté et avait plein de « croutes » sur le corps. Il était faible, presque amorphe. Elle le suçait, sans vraiment de conviction, mais il n’arrivait pas vraiment à bander. Je me demandais même s’il comprenait ce qu’il se passait. J’ai trouvé ça vraiment triste… C’était peut-être une mise en scène, mais vraiment trop réaliste pour trouver ça cool.
Je pense être assez ouverte d’esprit quant aux fantasmes des gens, « le mec crade et pas clean qui te viole sauvagement », je comprends. Mais là ça allait plus loin, ça touchait à la misère humaine, à la détresse, à l’abandon et vraiment, j’ai pas compris. Y’a une clientèle pour ça ?

Qu’est-ce que tu aimes dans le porn ?
Le porno est une super source d’inspiration et de créativité au lit ! Cela permet de faire émerger à la surface certains fantasmes cachés au fond de nous, de se projeter dans une situation qui n’existerait pas dans la vraie vie et alimenter notre imagination sexuelle. Et l’imagination sexuelle, c’est un puissant moteur dans notre vie ! J’adore tout particulièrement le hentaï, qui fait ça à merveille. Monstres, étudiants, sorciers aux pouvoirs magiques… ça dégouline de partout, ça bande éternellement, ça joue sur la domination psychologique ou physique… ou autre. On est clairement dans le fantasme poussé à l’extrême qui ne se contente pas de rester « dans les clous ». C’est complètement barré… Et c’est ça qui est bon !

flore

© Olivier OPDC

Qu’est-ce que tu détestes dans le porn ?
Je reproche parfois au milieu du porno actuel un manque de « créativité », certainement dû à un manque de moyens, certainement dû à des canaux de distribution trop étroits, certainement dû à une législation très rigide… et à un immobilisme de certains réalisateurs.

Je trouve dommage que l’on mise tout aujourd’hui, sur « les actrices », trophées de sociétés de production, comme une garantie de porno de qualité. Je préfère des scènes qui jouent sur la situation, sur les pratiques, sur la psychologie, sur la surprise, sur le dégoût, sur la façon de filmer, bref une vraie recherche « d’excitation sexuelle ». Aujourd’hui, j’ai l’impression que le monde du porno est un des derniers bastions du patriarcat, répétant inlassablement les mêmes fantasmes, usés et déconnectés de la réalité : la femme « objet sexuel » bêtasse qui hésite, mais qui, grâce à la grosse bite de Monsieur, va prendre son pied, et surtout se réjouir des longs jets de sperme qu’elle reçoit sur le menton comme une offrande.

Ce qui me rend optimiste, c’est que tout ça est lentement en train de changer. Entre autres, les films féministes gagnent du terrain. Ils ont le mérite de mettre en avant la diversité de la sexualité et des fantasmes en faisant un beau pied de nez aux normes.

Tu côtoies le porn français à travers Union, est-ce que tu en regardes pour ton plaisir perso ?
Si je peux décrocher du travail en rentrant chez moi, je le fais…

Quels sont tes tags ?
Stephen des Aulnois – Naked.

T’effaces ou pas ton historique ?
Non. Mais maintenant que tu m’en parles, j’ai écouté « Cheerleader » en boucle sur youtube cet été. Trop la honte, si quelqu’un l’apprend…

Quel est l’écrit polisson qui t’a le plus excité dernièrement ?
Un « Ecrit Polisson » ne m’excite pas sexuellement parlant. Quand tu dois accueillir une trentaine de personnes, gérer le rythme, la dynamique, l’intervenant… tu penses à tout sauf au sexe. Alors, quel écrit polisson a été le plus réussi ? Difficile de choisir entre mes enfants, ce serait trop cruel, je les aime tous autant. (Mais j’ai eu une préférence pour « Secrets de Filles » en mai avec Octavie Delvaux, ambiance géniale, textes brillants, intervenante au top…).

C’est quoi le porn des lectrices de Femme Actuelle ?
La seule lectrice fidèle de Femme Actuelle que je connaisse dans mon entourage proche, c’est ma grand-mère ! Je ne lui ai jamais demandé quel style de porno elle regardait, mais j’essaierai de lui en glisser deux mots lors de notre prochaine réunion de famille : « Mais si enfin Mamie, c’est pour un interview, la France veut savoir ! »

Si tu devais te lancer comme actrice, tu choisirais quel pseudo ?
Flore Cherry ça sonne déjà pas mal, non ?

Photo en une par © Olivier OPDC

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