MZ : « Ce qu’on voit dans les films porno nous a beaucoup influencés »

Le groupe la MZ sort aujourd’hui son premier album Affaire de famille après trois tapes et demi bien remplies. Les thèmes tournent autour de la défonce, de deal, du XIIIe arrondissement, des filles, traîner dans la rue et surtout une bonne grosse dose de baise et de « big ass ». Obsession qu’on a déroulé avec Hache-P et Jok’air (Dehmo n’étant pas là) quelques heures avant un concert à Paris en mars dernier. 

Si on regarde votre nombre d’écoutes sur Spotify, les trois morceaux les plus écoutés sont Lune de Fiel, Fonceder et Embrasse-Moi. Vos morceaux les plus lents qui parlent de défonce et de sexe. Comment expliquez-vous ce succès auprès de votre public ?
Hache-P : Ça parle de baise, tout le monde aime la baise.
Jok’Air : Le sexe est le sujet le plus universel qui soit.

Mais c’est pas forcement traité dans le rap français de manière aussi « concrète » ?
J : Le rap en France est assez coincé, il est pudique. Y’a beaucoup de rappeurs qui font semblant.
HP : Qui font leur boule ouais.

Donc vous, vous baisez plus que les autres rappeurs ?
J : Ahah ! Ça j’en sais rien.

J’ai l’impression que les autres rappeurs vont avoir un côté plus agressif, plus distant “cette pute blablabla” chez vous, ça semble plus ancré dans le quotidien.
J : Rabaisser la femme comme ça, c’est un truc d’homme frustré. Nous, on n’essaye pas, on est vrai, on parle dans notre musique comme on parle dans la vie de tous les jours.

Y’a un sujet qui reste tabou chez vous c’est l’amour, vous parlez de baise mais jamais de ce qui pourrait se passer après.
HP : Ça va avec l’âge ça.
J : Faudra voir dans les morceaux à venir dans l’album qui sort, peut-être qu’il y a des morceaux moins trash où on se livre plus auprès de la gent féminine et des gens qui nous écoutent.

Vous n’avez pas peur qu’on vous le reproche ?
HP : On en n’a rien à foutre, on fait notre musique. T’aimes bien tant mieux, t’aimes pas, y’a d’autres gens à écouter. Y’en a même qui se retrouvent dans notre musique mais qui ont honte de le dire.

Quel regard portez-vous au reste du rap français ?
J : On a un regard très attentif, on regarde tout ce qui se passe sans jamais s’inspirer, mais juste pour s’informer car on n’aime pas trop se mélanger. C’est un regard, mais assez lointain.

Y’a un truc qui revient souvent dans vos morceaux, c’est cette histoire de “meuf qui pue de la chatte” ?
HP : Je vais te dire la vérité, quand j’étais petit j’aimais trop ça… mais la première fois vers 15 ans où je suis tombé dessus… Ça m’a effrayé, j’avais peur ! C’est pour ça que je dis en attendant l’album, on les effraie tous comme cette pute qui pue de la chatte. Pour de vrai c’est ouf. [Il fait les 100 pas dans les loges, vraiment traumatisé]. Ça fait peur !
J : Maintenant on côtoie des femmes un peu plus propres qu’à l’époque de la cité.
HP : Des grandes filles… Non mais c’est ouf ! Ouf ! Je te jure c’est ouf !

Comment s’est passé le tournage de Bonbon avec Angell Summers et Lana Fever ?
HP : Ça c’est très bien passé.
J : C’est le meilleur tournage de ma vie. C’était chaud et ce sont des actrices avec qui on a beaucoup discuté avant et pendant le tournage. Ça c’est fait vraiment dans une bonne ambiance. Par contre c’était pas le plus beau clip que j’ai vu…

Qui a eu l’idée de ce côté porn vintage/80s ?
J : À la base c’est Davidson notre producteur/manager qui a eu l’idée mais le rendu est nul en fait. On a fait 40 000 vues en une journée, puis il a été censuré de Youtube. C’était pas un clip qui nous plaisait…
HP : Ça ressemblait à un film de jus polonais de 2001.

Donc pas de regret qu’il ne soit plus en ligne ?
HP & J : Non !

Vous regardez quoi comme porn ?
J : J’aime bien les films amateurs quand c’est français, quand je comprends l’histoire et que je sens la vérité.
HP : Je ne regarde plus de porno, mais parfois je regarde parce que j’ai des connaissances qui en font. Des meufs qui étaient avec moi au collège…

Elle tournent avec qui ?
J : Avec Pascal Op ou Vince Banderos.

C’est un peu rude Pascal Op quand même… Je sais pas si c’est un personnage sur Twitter, mais il est quand même complètement raciste !
J : Ouais… (rires) il dit des trucs de ouf genre « ça sent le foyer Sonacotra ici… ». Il dit des trucs dingues… sinon j’aime bien Jacquie et Michel. C’est propre.

Leur idée dans cette réalité-là, c’est de faire des « reportages »…
J : À un moment, ils en font un dans XIIIe et ils disent que c’est moche ici ! (rires)

Vous pensez quoi des PAWG : Phat Ass White Girl ? Parce que dans les textes vous êtes plutôt à éviter les « blanches toutes skinny ».
HP : J’aime pas les meufs skinny.
J : C’est bien pour peut-être une fellation amis quand on « veut taper », on veut taper sur des PAWG ! Après j’ai pas vraiment de style de femme.

Si « Davidson gère ce biz comme un gangster », est-ce qu’il gère aussi vos filles comme un pimp ?
J&HP : Ah ouiiiii. On l’appelle pas notre manager mais notre « manage her » . C’est le pimp lui ! 90 % des figurantes dans nos clips, c’est lui qui les ramène. Les autres rappeurs ils vont les payer, nous elles vont venir pour un sourire. On ne passe pas par des agences, c’est vraiment des filles qui supportent la MZ, qui nous suivent sur les réseaux. Elles viennent, on se tape des barres et c’est tout.

Vous mettriez quoi comme son pour baiser ?
J: BeatKing c’est un beatmaker du Texas : What you mouth do?
HP : J’aurais mis un gros son de Fatman Scoop ou DMX ! Un truc énervé.

On a remarqué que sur les réseaux sociaux il avait un nombre de filles assez hallucinant qui vous suivaient.
HP : On a une grande fan base de filles. Dans l’équipe on est frais, dans la vie on est frais, on fait du bon son, ça leur parle.
J: Les filles ont cette capacité à reconnaître la bonne musique. Elles n’écoutent pas n’importe quoi. Pas comme un mec qui écoute le premier truc qui passe. Y’a beaucoup de filles qui nous ont fait découvrir des sons de ouf.

Elles reprennent en choeur « Fumer Tiser Baiser », c’est comme un hymne à la jouissance.
J : Un hymne à consommer… à se faire consommer (rires). Ça parle aux gens et il faut leur parler. Si on fait les sons à chaque fois pour tourner en rond sans tomber dans un kif… Là on parle d’un sujet universel.

On est ici dans une salle de concert, c’est important pour vous la scène ?
J : Pour moi c’est un support c’est là où tu donnes aux gens et où ils te donnent. C’est la meilleure partie de tout le processus : studio, promo, sortie et enfin la scène.
HP : T’es plus pressé d’avoir un concert que la sortie d’un son ou d’un clip. Je préfère ça qu’être en studio mais sans studio y’a pas de concert…

Comment est votre public en concert ?
J : C’est électrique, c’est une fête et c’est un public qui nous suit dans cette fête. 600 personnes sans promo ce soir ! Et il y a un Bataclan en fin d’année le 3 décembre. Mais là on s’éloigne des questions coquines !

MZ-boule

Justement après le concert ça se passe comment ?
J : Tu sais des fois y’a des choses qu’on peut pas raconter… !
HP : « Y’a des choses qu’on ne peut pas dire, la vérité me force à mentir »… On a répondu juste en te disant ça.
J : Après c’est pas tous les jours comme dans les clips, quelquefois après un concert tu rentres chez toi tout seul. Après parfois, t’es motivé avec tes potes.

Quelle est votre vision de l’amour et du sexe « interracial » dans le porno ?
J : Dans la vie de tous les jours, je trouve ça beau le métissage alors si dans le porno c’est ce qu’on appelle « l’interracial »…

Aux USA, c’est « marketé » de manière assez particulière. Ils vont prendre des noirs avec des bites vraiment très grosses, au-delà du cliché et prendre des blondes très très blondes : Black on Blondes. Ça va être un public de rednecks blancs plutôt racistes qui va regarder ça. En France, tu vas avoir la même chose avec les « beurettes ». Vous voyez ça comment ?
J : C’est cliché, après je pense qu’ils sont là pour faire du spectacle, quitte à le faire et s’en remplir les poches, ils vont le faire jusqu’au bout. Ils vont où il y a de la demande.

Ça te fait pas trop chier qu’il y ait très peu de noirs actrices et acteurs dans le porno français ?
J : Ça va venir. Ça serait bien, y’en a qui se plaindrait mais ça serait bien que dans chaque truc tout le monde soit représenté. Il en faut pour tout le monde.

Et dans les Dorcel et cie ça a longtemps été cantonné au portier. Aujourd’hui ça change un peu avec l’amat’ mais tu n’as pas de pornstar comme aux États-Unis.
J : C’est vrai qu’il n’y a pas de mixité
HP : Ça va arriver.

Quelles actrices vous plaisent ?
J : Angell parce que je la connais et j’ai déjà vu et avec qui j’ai déjà échangé. Nikita Bellucci j’aime bien son caractère aussi.
HP : Chez moi les tipeu c’est des cainris : Cherokee D, Kelly Divine
J : Sarah Jay… c’est une PAWG elle ! Sinon les actrices tatouées comme Gogo Fukme ou Creamy Exotica.
HP : Quand on était petit, on regardait ça ensemble.
J : « Hey tu fais quoi là ?  Vas-y monte, on se pose» et on regarde un porno. On regardait ça avec des meufs et elles faisaient la boule : « oh mais vous êtes des oufs » et juste après elles étaient concentrées et elles regardaient. Je pense que ce sont des styles de films comme des autres même si c’est hard. Ce qu’on voit dans les films porno nous a beaucoup influencés.

À quels niveaux ?
J : Au niveau sexuel. Des positions, une attitude. Y’a des choses, tu te dis « je pourrais le faire » mais… Tu regardes un film, ça t’inspire. On a des cours d’éducation sexuelle au collège, on n’apprend rien. La première fois que tu regardes un film porno c’est là que tu vois. Quand on était petit on disait au collège « hey arrête de sucer des bites, arrête de sucer des bites », la première fois que j’ai vu un film porno où j’ai vu une fille sucer une bite, j’étais choqué.
HP : Je me suis dit « wow c’est dégueulasse » !

Question classique chez nous : quel est votre tag parfait ?
HP : Black booty.
J : Big ass, j’aime trop.
HP : Big ass mon frère, tout ce qui est gros, bien formé.
J : Amateur, big ass, PAWG, chubby j’aime bien, BBW parfois. Interracial. Je peux tout dire ? Threesome.

Et le reverse gang bang?
J : Ah oui ça aussi j’aime pas mal, Bangbros ils le font parfois. Onion booty, j’adore. Les métisses aussi genre yellow bone. J’ai aussi beaucoup dit à Angell Summers : j’ai beaucoup de respect pour les femmes, mais celles qui font du porno sont souvent critiquées par les autres femmes alors qu’elles ont le pouvoir sur leur mari. Elles savent que les actrices porno sont le genre de filles qui les inspirent au pieu. Ça les rend jalouses.

Et un dernier mot sur l’album Affaire de famille ?
HP : C’est une dinguerie, un mélange, un cocktail de tout ce qu’on fait depuis qu’on est petit, avec une dernière couche au-dessus.

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