Le sexe en mots : les envies d’Anna Galore

La position de la main est très importante aussi. Je m’en sers pour aider la montée du plaisir par des pressions régulières, mais aussi pour retenir le plus longtemps possible le passage ultime de l’éjaculation, en comprimant la base de la verge juste là où il faut. J’avale tout à la fin. C’est important pour obtenir une jouissance maximale. De toute façon, j’adore ça. Je continue à lécher le gland pendant que les giclées de sperme s’écrasent sur le fond de ma gorge. Et je le suce encore sur toute la longueur après qu’il a fini d’éjaculer, provoquant des spasmes à la limite de la douleur tellement la sensation est intense.

Anna Galore est de celles qui aiment donner forme, et formes, aux mots, en entremêlant les fantasmes divers et variés, sans avoir peur d’appeler une bite une bite. N’ayant aucune crainte d’une vulgarité bien plus subtile qu’il n’y parait, disant les choses du sexe de façon explicite, se vouant sans gêne à la littérature pornographique la moins timide, Galore n’est pas avare en jets de sperme et autres bouleversements du corps, et l’amour s’y conjugue souvent avec l’humour.

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À travers les joliment nommés J’ai treize envies et sa suite J’ai encore treize envies, l’auteur vaque d’un plaisir à un autre, par le biais d’une écriture simple et directe, l’usage régulier et ultra-efficace du narrateur-première personne, des descriptions vivaces et autant de détails coquins. Ces quelques vingt-six nouvelles font office de festival : fellations, sodomies, positions diverses, masturbations, petits plaisirs entre amoureux toujours consentants, tout y passe. Par le biais d’un style concis l’écrivain dépeint un monde où tout commence, et se conclue, par l’éjaculation, qui est aussi le flux de l’écriture. Toutes ces histoires de jambes en l’air et d’orgasmes volatiles ont pour figures centrales des monsieur-tout-le-monde et autres voisines sorties de la porte d’à côté, des couples en mal de sensations fortes, des rencontres entre inconnu(e)s, du rêve humide à la mise en pratique.

Nous avons lâché nos sexes pour nous nous enlacer, échangeant un baiser d’une intensité et d’une douceur incomparables. Je me suis laissé glisser le long de son corps, léchant ses seins, les pétrissant, puis plus bas encore jusqu’à ce que je me retrouve à genoux sur le béton mouillé. J’ai descendu son short le long de ses cuisses. Son pubis était totalement épilé, une merveille à contempler. J’ai mis ma langue sur son clitoris, l’aspirant du bout des lèvres. J’ai été aussitôt récompensé par un râle venu du plus profond de sa poitrine. J’ai levé la tête vers elle. L’irisation des gouttelettes traversées par le soleil formait comme un arc-en-ciel autour de son visage extatique. Nous étions au paradis, au jardin des délices. Quelque part, très loin, il y avait une aire d’autoroute où des centaines de personnes allaient, venaient, buvaient, pissaient, mangeaient, s’embrassaient, s’ignoraient, somnolaient, téléphonaient, s’énervaient, s’ennuyaient, rêvaient.

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Le sexe parasite alors le réel et lui confère toute la sensualité nécessaire. Les personnages acceptent leurs désirs mutuels et se laissent aller à de belles galipettes, manière d’échapper à une normalité ennuyeuse et tout sauf enivrante, d’assumer des clichés, de ne se vouer qu’à l’expression charnelle comme seul langage. Les amoureux et amoureuses de la chair, les voyeurs, les libidineux d’un jour, ne sont jamais jugés : en optant pour les jeux du Je, l’auteur s’assume comme l’incarnation de chacun des jouisseurs et autres jouisseuses qu’elle brosse. Ces histoires se boivent comme du petit lait, s’enchainent à la manière d’un coït ininterrompu. Vingt-six nouvelles, ce n’est pas assez : il ne faut pas s’arrêter de bander, et si une nouvelle s’arrête c’est pour mieux prévenir la suivante, autre variation, autre délice, autre échappatoire à la quotidienneté…

L’univers a vibré quand nous avons joui. Nous sommes restés comme ça un long moment et nous avons recommencé.

Ces sarabandes évoquent, pour le lecteur habitué des camps des vacances, autant de lectures adolescentes estivales, de passages polissons débarquant abruptement au sein de livres dorés au soleil, faisant comprendre au petit paumé juvénile qu’un bouquin a parfois bien plus de pouvoir qu’une vidéo matée en douce. Les mots caressent, frappent, forniquent, et l’imagination du lecteur fait le reste.

Avec des gestes maladroits, il a enlevé son pantalon, libérant son pieu phénoménal qui s’est aussitôt dressé à la verticale, atteignant la hauteur de son sternum. Constance a pris, comme toujours, l’initiative. Elle s’est agenouillée et a commencé à le lécher à grands coups de langue sur une bonne quinzaine de centimètres. J’ai alors posé la main sur la deuxième moitié de son sexe, puis je l’ai pressé doucement. Mes doigts n’en faisaient pas le tour ! Timidement, j’ai approché les lèvres de son gland et j’y ai déposé un petit baiser.

La plus grande réussite de ces recueils est certainement “Matin, midi et soir”, fleurette entre un petit chimiste propret et sa BBW de collègue. La colossale assistante empoigne le maigrelet et tous deux s’enivrent par un temps torride. Le récit commence comme une banale tranche de vie et se termine en un joli délire orgasmique, le pauvre bougre n’hésitant pas à s’enivrer comme il se doit d’un corps tout en généreuses proportions. Certes, on pourrait se dire que ces situations, nous les avons déjà lues et vues ailleurs, mille et une fois, mille et une nuits. Mais l’auteur parvient à capter notre attention, à nous faire croire en ses personnages, et il ne nous reste plus alors qu’à savourer, en compagnie de ces bons vivants. A l’éclectisme des situations répond l’éclectisme des références littéraires, puisque Galore passe aisément de Pline l’Ancien à Mylène Farmer. Il y en a pour tous les goûts.

J’ai tété goulument un mamelon puis l’autre. C’était fantastique de sucer ces nichons plus gros que ma tête. Et ça lui plaisait beaucoup, à en juger par les soubresauts que ma bouche lui provoquait. Elle m’a tiré vers elle, je me suis retrouvé à califourchon sur son sternum, la bite enfouie entre ses seins. J’avais toujours rêvé de faire ça au moins une fois dans ma vie, mais aucune de mes copines précédentes n’avait eu de poitrine suffisamment généreuse pour s’y prêter. Là, côté générosité, je ne pouvais pas trouver mieux. Je ne voyais même plus mon pénis, pourtant dur à faire mal. Lui presser les tétons pendant que je faisais des va-et-vient au milieu, c’était tout simplement divin.

Avis aux amateurs : la dame a également écrit Les minous d’Anna, qui, comme le titre l’indique, parle de tous ses jolis chats. Evidemment.

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