Dyke Hard : lesbiennes, trash et ninjas

L’édition 2015 du Berlin International Film Festival a fait la part belle au trash. Se voulant un hommage aux films-punk désinvoltes de John Waters (une simili-Divine, par ailleurs costaud comme la Mlle Legourdin de Matilda, y éructe) Dyke Hard est un mélange fantaisiste et improbable entre le (wo)men in prison, l’humour slapstick, le film de bikers et d’arts martiaux, la coquinerie queer, la sf fauchée, les potacheries de Frank Henenlotter, le désordre intolérable d’une production Troma, voire le non-sens d’un Tim and Eric.

L’histoire ? Un simple road trip bruyant entre lesbiennes, machos, guitares électriques et autres créatures extravagantes (des cyborgs ? y’en a. des ninjas ? y’en a aussi). Par définition, la promesse d’un joli voyage, à visionner nu et alcoolisé. En l’état, le fruit de quatre ans de travail pour la réalisatrice et dessinatrice Bitte Andersson, une affiche absolument sublime et un étalage de mauvais goût façon concert de Kiss.

Loin de l’insouciance des beach movies, Andersson se revendique plutôt comme une amoureuse de la sexploitation et des midnight movies.

Foto by Nicklas Dennermalm

En tant que délire musical, ça n’égalera certainement pas l’indépassable Hot Rod, ni les modèles de subversion fédérateurs de l’époque Waters (le festif The Rocky Horror Picture Show en tête) mais cette régression filmique gavée d’interprétations fort subtiles peut toujours passer tranquillement, entre deux stoner movies de Gregg Araki et quelques gonzo. Mine de rien, en seulement deux minutes, passant allégrement du film de bande à l’horrifique dérisoire, des bruitages appuyés à la nudité gratuite, le film semble puiser allégrement dans les envers et travers d’un cinéma d’exploitation désormais mainstream.

On a davantage l’impression de mater un épisode très hystérique de Scooby-Doo en mangeant des cookies épicés que d’assister à la naissance d’un pamphlet no future, mais il n’empêche que cet « another swedish action comedy musical B-movie » sent bon l’absurde séance. Théâtralisé et dévergondé comme une bonne parodie XXX.
Espérons que l’oeuvre, sans crier d’elle même au culte instantané, se contente de satisfaire nos désirs de bizarreries.

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