Dana DeArmond, dans mon coeur depuis Myspace

Il fut un temps, autant dire une éternité pour n’importe quel chantre boutonneux de l’obsolescence programmée, où je stalkais sévèrement. Attention, en aucun cas je ne le faisais comme un petit pervers d’abribus de sortie scolaire. Non, j’usais de bien plus de subtilité. Car il y a de cela quelques années, je passais une bonne partie de ma non-vie d’étudiant pleutre sur un site dédié aux échanges sociaux et rencontres par affinités. Un site ayant fait du duckface une institution et créant chez ses utilisateurs une tension autant psychique que pénienne à chaque apparition de l’icône «new friend request» dont le patron – dorénavant orphelin – s’appelait Tom.

Oh petite Dana…

littledana

Myspace nous manque :(

C’est à peu près à cette époque que je suis tombé sous le charme de Dana DeArmond aka Littledana : «la petite amie des internets». Je ne connaissais pas grand-chose d’elle et tentais vainement de l’approcher à travers ma page préférée dont le pattern bleu et blanc n’était pas encore la propriété de l’affreux Zuckerberg. Ainsi, entre deux babillages maladroits mais néanmoins intenses avec des playmates/starlettes/catinettes et dans le secret espoir d’apercevoir enfin tout ou partie de leur anatomie, je me hasardais à quelques échanges courtois avec ma brunette préférée. Il me semble important d’ajouter que j’avais parfois plusieurs brunettes préférées, et l’inbox rempli de petits cœurs au format html, glanés de-ci de-là.

Ce sont d’ailleurs ces infidélités répétées à cette super-championne du porn-business qui me firent perdre de vue l’essentiel, à savoir la progression tantôt discrète, tantôt fulgurante de sa carrière. Pour autant, je continuais à la traquer de temps à autres sur les tubes, comme on cherche un amour de jeunesse sur « Copains d’avant » — l’onanisme chronique en plus.

Puis c’est en passant la barre des 300 000 petits satyres sur son compte Myspace que cette reine de l’alt-porn, cheveux gras et mèches blondes façon scenekid fan de Taking Back Sunday, est devenue une reine tout court. Ce n’est donc pas une surprise en soi si celle qui a conditionné ma vision du porn moderne, me faisant me rincer l’œil sur tout ce que la toile a à offrir de filles faussement suicidaires, a massivement sculpté mon activité masturbatoire post-lycéenne.

10 ans plus tard

Il m’aura donc fallu près de 10 ans, faire l’acquisition d’un portable ressemblant à autre chose qu’un outil lo-tech pour gériatre et plus de 3 500 jours de faps inattentifs pour enfin redécouvrir, en quelque sorte, celle qui allait finir de me fasciner. Autant d’ailleurs par ses gangbangs effrénés et ses dp musclées chez Elegant Angel que par ses sourcils savamment épilés et distillés à grand renforts de selfies sur cet Instagram où elle apparait bien souvent en  iconoclaste de la beauté pixellisée. Je parle de redécouverte car c’est avec une certaine nostalgie que je me remémore une époque où tout ne me paraissait pas sombrer dans le mainstream. Sans aucun doute suis-je dans le faux. Peut-être aveuglé par le désir de rester indé, me la jouant punk à chien de la branlette online, tout en poliçant un peu mon porn et en évitant finalement le marasme des productions les plus hardcore.

Par ailleurs, l’absence d’amertume m’aura conduit à  la suivre désormais sans relâche sur Instagram, passant d’une obsession presque purement physique à une affection due à cette fraîcheur répandue à longueur de photos. Tantôt au-delà du sexy, tantôt purement drôle et désinvolte quant à sa condition d’icône du sexe filmé. On pourra sans doute la taxer de vilaine hipster calculatrice, oscillant entre la frange impeccable d’une écolière slovaque

dana_dearmond

et le fessier fitté par de stakhanovistes séances de « popgym » faisant rimer en moi tachycardie et crampes au poignet.

Dana_Dearmond2

D’autant plus qu’elle est capable de nous infliger les saugrenus clichés foodporn de sa dernière ambiguë consommation de sandwich vegan, ou encore de ses derniers achats en mode fillette, voire d’une acné persistante sur sa petite bobine démaquillée ou tartinée de crème flippante. Charmante, choquante, amusante, foutrement bandante… Il existe tellement d’adjectifs pour la désigner elle et ce foutu joli maelstrom faisant s’entrechoquer en moi les plus folles des passions. Je vous ai parlé de son twitter ?

Qu’elle soit souvent le second couteau d’une prod à gros budget, la young MILF de service ou la superstar d’un gonzo où elle fera comprendre à la gente masculine – toute verge tendue soit-elle – à quel point elle semble friable entre ses mains expertes, Dana sera toujours capable d’irradier l’écran. Renvoyant aux oubliettes de la porn-culture toutes les attention-whores trop factices.

Finalement, d’un hommage à une de mes performeuses favorites, vous y verrez sans doute une critique nonchalamment masquée de la dissolution d’une culture sur laquelle j’ai salement fappé. Peut-être, mais j’avoue de ne pas avoir souhaité y penser en rédigeant ces lignes. Ma nostalgie érectile s’épanouit bien souvent dans ce genre de non-dits.

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