Les vainqueurs des Feminist Porn Awards

La cérémonie des Feminist Porn Awards, organisée par Good For Her, vient d’avoir lieu ce week-end à Toronto. C’est au Canada. Le temps n’est pas aussi clément qu’à Cannes, la mer pas aussi proche, mais le cinéma qui y est présenté se montre bien plus explicite. 42 créations pornographiques hors des normes du mainstream se trouvaient en compétition, 16 récompenses furent distribuées, la compétition était réelle. Le monde du porno alternatif a fait la fête pendant 3 jours, mais s’est aussi rassemblé en conférences pour discuter boulot.

Le porno féministe tient dans une vision de la sexualité filmée différente, là où les prods classiques tendent à se rapprocher des clichés communs du X, le porn féministe ou queer présente la multiplicité dans les actes, dans les physiques, dans les sentiments. Le mantra de cet art alternatif pourrait bien tenir dans ces vers d’Amel Bent : « je n’ai qu’une philosophie : être acceptée comme je suis ». Tous les films en compétition avaient cette envie commune, se montrer tel que l’on est, ne pas avoir honte de son corps, de sa sexualité et proposer un support masturbatoire plus en accord avec les désirs de chacune et chacun.

A ce petit jeu, Courtney Trouble a remporté le pompon avec deux récompenses, celles du Hottest Dyke Film (dyke est un synonyme plutôt insultant pour lesbienne) pour Lesbian Curves 2: Hard Femme et le film trans le plus alléchant pour Trans Grrrls. Jacky St. James a été également plébiscitée par le jury avec le titre de Steamiest Straight Movie pour The Temptation of Eve avec la choupinette Remy Lacroix et celui de Steamiest Romantic Movie pour The Submission of Emma Marx.

Courtney Trouble, grande gagnante

Le meilleur film va à Silver Shoes par Jennifer Lyon Bell et la meilleure réalisation revient à Ovidie pour Liberté sexuelle. Deux courts ont gagné : Trains par Paul Deeb et No Artificial Sweetener par The Madame. Le Golden Beaver Award For Canadian Content fut remis à Carey Gray pour Power at Play, le Smutty School Teacher Award For Sex Education à Tristan Taormino pour son guide du bondage pour couples (elle officie aussi sur Kinky), la meilleure vignette straight est gagnée par Erika Lust pour ses Xconfessions, dont on raffole, et la version lesbienne par Madison Young pour Women Reclaiming Sex On Film. Le Hottest Kink Movie est remporté par Soma Snakeoil pour Rubber Bordello.

https://vimeo.com/90787986

Zahra Stardust, candidate au sénat australien, fut mise en avant avec le titre d’idole de l’année et Carlos Batts (décédé en octobre 2013) avec la distinction d’icône du porn indépendant. Le meilleur boygasm (orgasme de garçon comme son nom l’indique) est donné au film Bed Party de Shine Louise Houston, la cofondatrice de Pink and White, boite de prod emblématique dans le queer.

On ne peut s’empêcher de regretter l’absence de récompenses pour Dana Vespoli, celle qui bouscule le mainstream à coup de strap-on, pour Mason, la mystérieuse et plus grande réalisatrice de la Porn Valley et pour Buck Angel, le doux transman américain. Heureusement, notre favorite, notre chouchou Lucie Blush n’a pas fait le déplacement pour rien et elle ramène à Barcelone le trophée Honorable Websites aux côtés de JuicyPinkBox, NaughtyNatural et WendyWilliams. L’année prochaine, elle devrait gagner le titre de meilleur film, on en est sûr.

Photos par Kristy Boyce.

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