« DXK », le film qui n’existait pas

Parler d’un film sans l’avoir vu est un exercice ardu. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’en tirer un article un tant soit peu substantiel. Je dois vous avouer que je n’en mène pas large. Je viens à peine de revenir à Paris et on m’envoie cash au casse-pipe.

Ce n’est pas de ma faute si le Tag a ouvert la boîte de Pandore en enquêtant sur les dessous cradingues d’un buzz facile. J’ai rien demandé moi, je crois même qu’on m’avait refusé un stage au FMI back in the days, c’est vous dire à quel point cette histoire m’est étrangère. Mais le Tag est une grande maison, et on a l’esprit de corps (surtout quand on est saoul). Je me suis donc porté volontaire pour aller assister à l’avant-première de ce fameux « DXK », pas forcément serein, non non, loin de là.

Dans la joie et la bonne humeur

Ça a lieu en semaine dans un bistro du 5ème. J’arrive à l’heure et Jizzkov, mon âme damnée et éternel abonné, m’envoie un texto alambiqué de 3.000 signes pour finalement cracher qu’il sera évidemment à la bourre. Démerde toi avec ça.

Je ne me suis jamais senti aussi seul que devant ce rade dépeuplé. Forever alone. Rien ne laisse à croire que se trame ici la présentation du film de boule le plus médiatisé de ces derniers mois. Les articles de la presse profane m’auront donc induit en erreur ? « DXK » ne fait-il plus recette ? On est pourtant dans le registre de la pantalonnade bon teint, de la brève de comptoir sur fond de fait divers scabreux. Où est ma France et son amour de la gaudriole ? Où est ma putain de Gaule ? Hum, j’ai parlé de comptoir à un moment donné, non ? Il va falloir y aller car il fait soif et que je commence à avoir les idées noires. Entre temps, mon acolyte m’a rejoint, j’ai déjà éclusé quelques galopins, il rattrape le retard, y aurait pas une bricole à grignoter qu’il me dit ? Il tord le nez quand on lui apporte quelques encas peu appétissants. Encore une fois, on va manger liquide, et il finira, à coup sûr, la tête comme une pivoine, racontant ses histoires de marin bulgare.

Qu’est ce qu’on fout là, Jizzou?

Ça commence à s’agiter, et là c’est le défilé. Les Tontons Tringleurs se pointent, cigares au bec, Roberto « La Grosse Veine » Malone et Alban « Le Patrongue » Ceray, deux dinosaures du game, respectivement Le Perv et son avocat dans le film qu’on ne verra jamais ou du moins pas ce soir. De toutes façons on a déjà oublié la raison de notre présence, on se tait et on mate avec respect ces deux briscards aux tableaux de chasse longs comme les bras de Javale McGee, les cœlacanthes de ce panier de crabe qu’est l’industrie du X. Ça continue, Ian « Niqueur Né » Scott et son éternel jeunesse se balade entre les tables, Sébastien « Le Comédien » Barrio revient parmi les siens et discute cinéma tradi, du beau monde et on en reste pas là. Des guests, dont Jean-Jacques Bourdin, barreau de chaise de rigueur, sont venu faire honneur au casting, la soirée ressemble enfin à quelque chose. Christophe Clark, réa de « DXK », est entouré d’amis, on va pas le déranger surtout que les gisquettes ont montré le bout de leur nez.

Roberto et Alban. Respect.

Katia de Lis arrive et j’ai soudain envie d’un mojito, la couleur café se fait rare dans le paysage porn français, ça manque ; on croise une belle Ukrainienne inconnue qui va permettre à Jizzou de réviser sa méthode Assimil. Mike « Titi » Angelo serre des paluches.

On s’est finalement fait à l’idée qu’on ne verra jamais le film. On profite, on va taper le bout de gras avec Ian Scott, ça faisait un bail que je voulais le choper. En bon fanboy je reviens sur sa prestation magique dans « Max, portrait d’un serial niqueur », mon porno bleu blanc rouge fétiche, ça se transforme en interview et ça arrive bientôt sur le Tag, mes petits canards sauvages.

Ian Scott, 27 ans.

Finalement, les seules images animées qui nous parviendront lors de cet happening sont celles d’un Skype sur projo improbable avec Pierre « La Bedaine » Woodman, bien calé aux antipodes, faisant saliver les piliers de bar en montrant la vue de sa chambre d’hôtel. La good life pour Pierrot. Les eaux turquoises qui l’environnent font un peu tâche. On est plutôt habitué aux remous marécageux de la Seine du côté de Saint-Michel.

Camsex avec Woodman

Avant de partir, l’impulsif Pascal Petiot, maître des lieux et créateur du projet nous présente à Roberto Malone puis taille la bavette avec nous. On fait un brin de causette, le genre réservé, vous nous connaissez, on a un passif avec le monsieur mais on est diplomate. Il est vrai que le vitriol a pas mal émoussé les discours. On va en rester là. Peut-être que l’on n’aurait jamais du quitter Montauban, on n’aurait pas raté grand-chose. Un dernier regard à la belle Ukrainienne pour Jizzkov, échange de clin d’œil, ce soir nous rêverons en couleur.

Photos de la soirée par © Florian Delhomme

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