Textopornographie

La Commission générale de terminologie est une assemblée de bénévoles qui travaille à l’enrichissement de notre langue en collaboration avec l’Académie Française. Pour ces institutions légèrement désuètes, le français correct est complètement exclusif. Il n’évolue pas au fil des échanges avec les autres langues. On peut faire semblant de s’adapter à grands coups de néologismes moches, mais pas question de laisser la mondialisation corrompre notre noble culture. Faut pas abuser, hein. Du coup, quand la Commission invente la version française du sexting, cette pratique qui consiste à envoyer des SMS ou des MMS avec du cul dedans, il y a de quoi rigoler. Après la baladodiffusion, le platiniste et le mot-dièse, dites bonjour à la textopornographie ! Ce n’est plus très attirant, hein ? Un nouveau mot complètement foireux, dont la seule « utilité » est de lutter contre l’anglicisme.

Grrr, textopornographons ensemble.

Grrr, textopornographons ensemble.

Grammaticalement, le terme se tient ; il est même assez judicieux. Attention, cours magistral : le suffixe -graphie désigne toute forme de représentation graphique, dessin, image et même écriture. Hé oui, les lettres sont d’abord de petits gribouillis insensés. Le mot pornographie désigne donc l’image, mais aussi l’écrit à caractère obscène. En cela, c’est plutôt bien joué de la part de la Commission générale de terminologie. Mais pour le reste…textopornographie est un mot long, laid et bien trop compliqué pour l’usage courant, c’est à dire oral. Une langue est toujours parlée avant d’être écrite, c’est la clé de son évolution. Avec sa gueule salement littéraire, textopornographie a tout de suite l’air vieux et chiant. Il ôte toute la spontanéité du sexting qui glisse sur la langue, il détruit le côté marrant du mot-valise. On parle de sexe et de nouvelles technologies là, c’est censé être ludique. Les gardiens des belles lettres pourraient vraiment essayer d’être plus sexy.

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