POV

A prononcer « Pi ‘O’ Vi », est un acronyme signifiant Point Of View (si vous voulez le prononcer à la française, dites « Pé Dé Vé », pour Point De Vue, vous suivez ?), c’est-à-dire une scène filmée en caméra subjective. Popularisé dans le porno par John Stagliano avec sa série Buttman qui marque l’arrivée du gonzo comme genre pornographique, le POV tend à sortir le spectateur de son fauteuil et le projeter dans l’action. Stagliano, acteur-réalisateur et grand pygophile devant l’eternel (fétichiste des fesses) voulait en effet être au plus près de l’action et ainsi partager son obsession pour les boules bien ronds et imposants. Il fut donc le premier à prendre sa caméra et la positionner à 45° sous les fesses des filles, inventant en même temps que le gonzo, le style POV.

Le gonzo fait donc la part belle au POV, on peut remarquer les séries POV Junkie (Vince Vouyer), Jack’s POV (Digital Playground), Twisted Vision (Redlight District), NetVideoGirls (et le tag #audition en général), Raw (Manuel Ferrara), POV Pervert (Jules Jordan) et énormément d’autres, si bien qu’on associe souvent à tort le gonzo au POV (n’est-ce pas Wikipedia France ?), alors que le gonzo est un genre et le POV un style. La confusion vient de son histoire (Staligano créant le genre à travers le style) et à la terminologie du mot gonzo, emprunté au journalisme gonzo qui met le lecteur au coeur de l’action. Plus globalement, le gonzo est un genre qui se débarrasse de la rigueur scénaristique, il se situe par opposition au porno scénarisé (featured film, en anglais) – bien que certains réalisateurs se revendiquent d’un gonzo scénarisé.

Les avancées technologiques récentes, que ce soit au niveau de la démocratisation des DSLR (Digital-Single-Lens-Camera), de la popularité de la GoPro, de la 3D (pour le moment en stand-by) et des futures Google Glass pourraient bien renouveler le style aussi bien chez les pro que chez les amateurs, le POV n’ayant que peu évolué depuis ses débuts.

Notons tout de même que la France est le parent pauvre du style, les productions sont très rares, même au niveau amateur. On peut avancer quelques raisons, le vieillissement des réalisateurs, le manque de culture pornographique (le POV est pourtant très populaire aux Etats-Unis) et cet attachement au film scénarisé, qui ne se prête guère à ce style. C’est bien dommage.

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