Piétinée, étranglée : Nikki Benz accuse un réalisateur d’agression

Nikki Benz a tourné plus de 300 films au cours de ses 13 années de carrière. C’est une grande star du X. Le 18 décembre dernier, la publication professionnelle de référence de l’industrie, Adult Video News, a reconnu son importance en l’intégrant à son Hall of Fame. Deux jours plus tard, l’actrice a révélé avoir été violemment agressée par le réalisateur Tony T sur le tournage d’un film commandé par Brazzers, le studio dont elle est ambassadrice depuis le mois de juin dernier.

Les nombreux tweets dans lesquels Nikki Benz évoque ce qui s’est passé sur le plateau accusent Tony T, le réalisateur de la scène incriminée, de l’avoir piétinée et étranglée. Malgré ses protestations et ses cris, les caméras auraient continué à tourner. “ En 13 ans dans le porno, c’était la première fois que j’étais en état de choc et que je pleurais sur un tournage”, a-t-elle tweeté le 20 décembre dernier après s’être décrite comme dégoûtée, traumatisée.

Brazzers s’est d’abord empressé de prendre ses distances avec l’affaire. Le 20 décembre, le studio a publié un communiqué sur son site d’infotainment Trendzz. Il y rappelle qu’il n’a fait que commander la scène et annonce le lancement d’une enquête interne. Un positionnement de crise typique, juste et néanmoins bien froid. Deux jours plus tard, le studio a publié un nouveau communiqué intitulé Brazzers Supports Nikki Benz. Il y indique avoir “mis un terme à tout engagement professionnel” avec Tony T et “refusé d’acheter la scène en question”.

Nikki Benz ne s’est pas satisfaite de cette réaction.“Ne vous laissez pas avoir par la com de Brazzers, a-t-elle tweeté le 22 décembre. Ils doivent me présenter leurs excuses. Ils pensent peut-être que se séparer de Tony T va me faire taire, mais non”. A en croire les messages de membres de l’industrie qu’elle a choisi de retweeter dans la foulée, cette affaire n’est malheureusement pas inédite. “Ce qui est arrivé à Nikki Benz n’est pas un incident isolé. Mais une partie d’une tendance inquiétante de l’industrie qui dure depuis 10 ans”, a par exemple indiqué Eve Lawrence.

D’autres professionnels ont affirmé que Tony T était bien connu pour sa violence. “Cher Brazzers, je me suis plainte du comportement de Tony T il y a deux ans pendant mon comeback, a affirmé l’actrice Shawna Lenée. Vous étiez prévenus depuis 2014.” D’après le performeur Alex “Voodoo” Torres, le réalisateur “abuse des filles sur les plateaux depuis dix ans”. Une fois de plus, il aura fallu un scandale pour briser l’omerta du milieu. 

L’actrice Aurora Snow rapporte deux témoignages encore plus inquiétants dans un article publié le 26 décembre dernier par le Daily Beast, Shawna Lee indique que Brazzers composait avec le comportement de Tony T comme s’il était normal. Gen Padova, qui a tourné une scène musclée avec le réalisateur au milieu des années 2000, se souvient que celui-ci s’était montré de plus en plus agressif parce qu’elle ne réagissait pas assez visiblement à son goût.

Tony T en 2006, sur le tournage d’un film Brazzers

D’après son profil sur le site officiel de Brazzers, Tony T est entré dans l’industrie en 2001. Il avait alors 19 ans. D’abord acteur, il est passé derrière la caméra à l’aube des années 2010 et a réalisé plus de 600 films pour le studio californien depuis. On peine à croire que Brazzers ignorait tout de son comportement. Combien de performeuses a-t-il agressées au cours de sa carrière, combien sont restées silencieuses par peur de passer pour de mauvaises collaboratrices et voir leur carrière brisée ? Tout le monde n’a pas le courage, l’assise professionnelle et les 860 000 followers de Nikki Benz. « Le harcèlement, le viol, la violence ne devraient jamais arriver sur un plateau, a tweeté l’actrice le 20 décembre dernier. #NoMeansNo, que la caméra tourne ou pas. NON et c’est tout ! » 

Tony T doit faire l’objet d’une enquête. Si elle aboutissait et qu’il était livré à un tribunal, nous serions ravis de le voir écoper d’une peine exemplaire : il n’y a pas de place pour les abus dans l’industrie pornographique, pas plus qu’ailleurs. L’attitude de Brazzers devrait également être examinée. Le studio a-t-il laissé faire en connaissance de cause ? Si tel est le cas, il mérite, lui aussi, un châtiment sévère. Comme n’importe quel autre milieu, le X ne peut pas tolérer le moindre abus.

1 commentaire Voir les commentaires

  • Bon, je pose ça là, mais ce type, j’ai jamais pu le blairer. D’ordinaire, je me fous totalement du mec dans le porn s’il sait suffisamment s’effacer face à l’actrice qui doit doit prendre son pied que ce soit dans le soft ou dans le hard. Mais lui, j’aimais pas, j’aime pas, et je n’aimerai jamais ses scènes rough. Ça sonnait faux. Je condamne pas le type hein, vu qu’il est présumé coupable, mais j’ai toujours pensé ça de ce mec (dont je viens de découvrir le nom de scène par l’article) était pas fait pour le porn. Une grosse teub et une intensité suffit pas à faire l’acteur, et il était tellement présent avec sa tronche de vieux violent que perso, je sentais le plaisir à sens unique, ce que je déteste dans le porn. Si y a pas d’éclate à deux, quelle que soit la pratique, y a pas de plaisir.

    Donc je l’aime pas, et ça m’étonnerait pas que les griefs soient avérés, vu qu’il m’a toujours semblé qu’il était brutal pour lui et par pour le plaisir du couple. Ce qui me dérange en revanche, c’est de savoir quand est-ce que le rough est consenti. Autant mater un Kink (un peu trop ‘donjon’ pour moi cela dit) ne m’inquiète pas parce que je sais que c’est cadré. En revanche, il y a certaines scènes rough dont on ignore si les actrices sont VRAIMENT consentantes ou non. Et perso, mater un truc un, peu tekken sachant que tout le monde s’éclate, c’est un oui, si un seul des partenaires subit vraiment le bordel, c’est non.

    Donc manquerait plus que l’omerta dans le porn permette aux boîtes de prod d’acheter et de diffuser des commandes de scènes hardcore sans se soucier de savoir si finalement, tout ce folklore était consenti ou non.

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