Futur : le fap assisté par la robotique

Her de Spike Jonze raconte l’histoire d’un homme qui tombe amoureux d’une Siri du futur, une voix numérique qui l’accompagne partout (interprétée par Scarlett Johansson). J’en frissonne d’impatience dans mes dessous, la sortie française est prévue le 19 mars prochain. Ce film fait réagir Greta Christina, une blogueuse américaine dans Io9, le média déjà dans le futur. Avec le progrès, on finira un jour par avoir des robots et Greta se demande si elle ferait l’amour à l’un d’eux.

Pour Greta, baiser avec un robot c’est OK tant qu’il n’a pas de conscience. Paie ton degré d’analyse, si l’humanoïde actionné par des microprocesseurs ne se rend pas compte qu’il est un esclave sexuel, tout va bien. Il ne s’agirait de rien de plus que fourrer une sex doll, mais avec une expérience utilisateur de bien meilleure qualité. « L’idée de créer un être conscient existant pour servir les désirs sans en avoir aucun est condamnable », selon Greta. Elle n’a pas tort, mais elle se perd après dans des considérations éthiques. De mon côté, j’aimerais détailler les raisons qui nous pousseraient à nous servir des robots pour s’envoyer en l’air.

Deux choses assez simples : soit on utilise un robot sexuel pour compenser une relation sexuelle, soit l’androïde se substitue à une main droite (ou gauche). Baiser et fapper sont deux choses différentes. Je m’explique.

Remplacer l’humain

Baiser et faire l’amour sont déjà deux manières d’aborder la sexualité, mais dans les deux cas, il y a interaction entre les personnes. On couche avec quelqu’un, j’aime à penser que l’individu rend le moment partagé unique par sa présence et nos jeux. Je suis un indécrottable romantique, désolé. Dans ce cas, se servir d’un ersatz d’humain soulève énormément de débats que les auteurs de science-fiction ne finissent pas d’explorer. Mais bon, il suffit de mater un documentaire sur ces types qui vivent avec une sex doll pour visualiser un futur terrifiant (ou un vieux Confessions intimes sur les agriculteurs qui cherchent l’amour à l’Est). Exception faite des femmes robots dans Austin Powers, elles sont assez groovy pour risquer le péril d’une amourette.

fembots

Tout plaquer et vivre une amourette avec une femme robot

Assister l’humain

Le fap, lui, n’implique nul autre que son imagination ou un support masturbatoire. Engager un robot dans ce contexte écarte le côté flippant, car l’androïde ne représente plus qu’un outil évolué pour satisfaire une pratique égoïste.

J’entends souvent cette phrase, « tu te branles, parce que tu n’as pas de meuf ». Cette assertion péremptoire n’est pas entièrement vraie. Parfois, la branlette vient assécher un désir trop grand quant à l’urgence hormonale de trouver une partenaire. Mais dans 97,36 % des cas, je fappe pour le plaisir de fapper, de me procurer une jouissance accompagnée de fantasmes soutenus par les tags pornographiques que j’affectionne. Je me branle par choix, pas parce que je ne peux faire autrement.

Donc un robot sexuel pour fapper, je dis oui, un grand oui même. Imaginons tous ensemble : nous sommes assis devant l’ordinateur ou allongés sur le lit, le robot place sa tête face à l’endroit stratégique et commence une fellation ou un cunnilingus que nous avons programmé spécialement selon nos préférences. Tu aimes les coups de langue légers autour du clitoris, pas de soucis, il suffit au moment opportun de lâcher un mot-clé entre deux râles et le processus de lapement se modifie pour une insistance prononcée. Idem pour la pipe. Rien à penser, juste se laisser aller et se concentrer sur un souvenir, une vidéo ou les dernières photos de Madonna seins nus (je ne vous juge pas).

La branlette assistée par la robotique : un doux rêve

La branlette assistée par la robotique : un doux rêve

Utiliser un robot pour améliorer le fap, je ne vois pas de problèmes, au contraire. Par contre, si le réplicant remplace une interaction humaine, le débat est sans fin et nous n’avons pas la place dans cet article pour discuter du sexe et des relations robotiques. Attendons la sortie de Her et visionnons à nouveau Metropolis, Blade Runner, Battlestar Galactica ou relisons Asimov pour nous éclairer.

D’autant que le jour où les androïdes deviendront des alternatives à la prostitution ou à l’amour, la NSA s’en mêlera et Big Brother vous regardera baiser, afin de vérifier si vous ne profitez pas du coït pour préparer un attentat terroriste. Il faudra alors s’en tenir à la règle énoncée dans Futurama : Don’t date robots!

1 commentaire Voir les commentaires

  • « Tu te branles, parceque t’as pas de meuf »

    Haaaaa putain mais l’industrie du porno ferait faillite ! Mais au lieu de ça, elle grossit et empiète sur les autres !

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