La cumpilation de la semaine #5

En fait j’étais peut-être mieux sur mon île au milieu de la Méditerranée, j’avais pas trop internet mais au moins on m’embêtait pas à m’expliquer que le porn était la pire des choses et que les enfants étaient en danger. Parfois, on a l’impression que le porn sur internet est apparu l’année dernière ; curieuse notion de l’histoire. Tout ça nous pousse Saint-Sernin dans ses retranchements, c’est pas bon pour son coeur d’après son médecin, donc David Cameron et les autres amateurs de tribunes sur le Huff Post, si vous pouviez vous calmer un peu, on aimerait pouvoir fapper en paix. Une cumpilation de la semaine qui sent bon la morale et la stigmatisation. (Gonzo)

Le retour de la vengeance

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• On vous racontait avec joie le retour à 33 ans de Gauge dans le game, ce come-back cachait une autre réalité. Dans un long entretien pour Salon, elle explique qu’après des années à danser pour amener de l’argent à la maison, elle a décidé de reprendre des études pour devenir assistante de bloc opératoire. Repérée pas un étudiant en anesthésie puis traitée comme une pestiférée elle finira par se faire virer à cause de son passé et retourner au porn pour nourrir sa famille. “On est dans une société insensible au sexe où vous pouvez regarder tranquillement les MTV awards avec Miley Cyrus ou n’importe quel clip de Katy Perry en train de chevaucher un oreiller…  Alors pourquoi en faire tout un plat quand on dit qu’on vient du porn ? Ça me perturbe vraiment.” Le porno comme tatouage social est aussi une réalité aux Etats-Unis.

• On vous avait déjà parlé du revenge porn (traduit en français par « vengeance porno » — n’importe quoi). Depuis quelques mois, les choses bougent : les pétitions se multiplient, les victimes parlent et s’organisent, le site End Revenge Porn alerte l’opinion, YouGostPosted, ténor du genre, est fermé et ses fondateurs poursuivis en justice pour au moins quatre chefs d’accusation différents, dont un au sujet de clichés de jeunes filles mineures. Début septembre, le sénateur Anthony Cannella dépose le projet de loi 255. Après deux petites semaines de navette, la loi arrive sur le bureau du gouverneur de l’état de Californie, Jerry Brown. La loi 255 a été signée hier. L’Etat or et bleu est désormais légalement apte à punir les wannabe génies du mal qui postent des photos de leurs ex-copines sur Internet : jusqu’à six mois de prison, assortis d’une amende de mille dollars. Seulement, il y a un souci. La loi ne s’applique pas dans les cas de selfies… Or, 80% des victimes du revenge porn ont pris les photos elles-mêmes. La guerre ne fait que commencer.

Montréal souffle le chaud et le froid

Sin City - Nancy Callahan 2

• On savait déjà que Montréal était une terre riche en porn : Brazzers, Pornhub et cie (la pieuvre Manwin), Camille Crimson, Ariel Rebel et que « danseuse » était un job d’étudiant mais pas au point d’imaginer qu’elle était la Sin City nord-américaine. La Presse ouvre un dossier très complet sur cette capitale du sexe où règne proxénétisme, gangs, tourisme sexuel et escorting.

• Tina Karr est auteur, blogueuse, formatrice et conférencière, habite à Montréal et a particulièrement les glandes contre le porno. Elle se fend d’une tribune (c’est pas sa première, on vous rassure, son combat est quotidien) dans le Huff Post contre les RAVAGES ET DANGERS DE LA PORNOGRAPHIE. Exposés dès 8-10 ans, les jeunes “avant même d’avoir eu leur première relation intime ou leur premier «Frenchkiss», auront assisté à des scènes de bestialité, de viols ou de sadomasochisme qui auront pour effet d’anéantir d’un seul coup d’œil, toutes traces d’innocence”. C’est chaud.

Dans un autre article, elle tire le signal d’alerte : “Il est urgent que ces jeunes sachent qu’ils peuvent évoluer dans leur sexualité sans être obligés de suivre les directives de cette pornographie grossière et avilissante ; qu’ils peuvent aller à la découverte de leur sexualité à un rythme qui leur conviendra; qu’ils peuvent expérimenter l’éveil du désir, les sensations du toucher, du baiser et des caresses sans être soumis à la pression extraordinaire qui pèse sur eux.”

C’est putain de chaud en fait, on ne pensait avoir été contaminé aussi tôt (Tina, internet atterrit dans 40 % des foyers français dès 2005). Ça veut dire que vous tous, vous avez eu le cerveau cramé, que vous avez perdu votre innocence et que l’amour est mort. FIN DU BAL. Nina vient de siffler la fin de la récré, on remballe tout et on ferme Le Tag.

Interlude

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• Petite pensée pour Jizzou et son tofu, lui qui a décidé de prendre le virage vegan et qui subit quotidiennement les moqueries de son taulier d’amour ouvertement veganophobe. Le Huff Post met les pieds dans le plat végétarien et propose une sélection alléchante de food porn garantie sans chair animale. Végétaliens, fuyez, ce lien est bourré d’oeufs, de beurre et de lait.

• Le toujours excellent NYMag est allé à la rencontre de Alara Branwen et Christie Sims, les auteurs de cryptozoophilie et paléozoophilie dont Saint Sernin vous parlait hier. Sachez qu’écrire du dino-porn rapporte du blé et que c’est un job assez détendu, faut dire qu’avant eux personne n’y avait vraiment pensé. Si vous voulez vous lancer, choisissez une bonne niche sous-exploitée (le sexe avec des imprimantes 3D par exemple), contactez l’espace culturel du Leclerc du coin, trouvez-vous un pseudo et à vous la fortune.

Porno ras le bol !

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• C’est l’histoire d’une gentille maman qui se balade avec sa petite fille dans la bibliothèque de Seattle, et qui tombe nez-à-fesses avec un porno hardcore. Pas de chance, un type avait choisi ce créneau horaire pour se taper une petite session boule sur un ordinateur public, au vu et au su de tous. Horreur, scandale, bataille juridique. Les magistrats ont tranché : si votre truc, c’est le BBW prolapse creampie et que vous avez envie d’en regarder depuis un ordinateur de bibliothèque, personne n’a le droit de vous en empêcher. Deal with it. Victoire pour les gens qui n’ont pas la chance d’avoir Internet chez eux, l’accès au porno c’est important. L’affaire a fait beaucoup de bruit. Du coup, il semblerait que la bibliothèque de Lake City soit devenue un repère de schlagues libidineux qui terrorisent les enfants et harcèlent sexuellement les nounous. Pas de chance.

• Après des siècles de mensonges, de ceintures de chasteté, de bras aux dessus des draps pendant la nuit et d’armures anti-masturbation, la vérité a éclaté au grand jour : se tirer sur la bite, c’est bon pour la santé. N’en déplaise à toutes les menteurs puritains, qui sont heureusement une espèce en voie de disparition dans nos contrées d’abondance masturbatoire.

Pourtant, sur NoFap, on est convaincu que la branlette devant le porno ce n’est pas bon. La solution qu’ils proposent est simple : un arrêt définitif des travaux pratiques, cold-turkey way. Mettre un terme brutal à sa consommation de porno permettrait de résoudre – entre autres – des problèmes d’impuissance, d’éjaculation précoce, ou encore de retrouver le goût des relations sexuelles à deux. Tant de problèmes pour une communauté dont près de la moitié des membres se déclarent vierges. Véritable problème, ou forme élaborée d’hypochondrie ? Si vous comprenez l’infographie ci-dessous, ne prenez pas la route.

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3 commentaires Voir les commentaires

  • Pour Gauge, je suis pressé.
    Pas pour le NoFap. J’avais lu le topic NoFap sur le forum hfr, c’était assez intéressant à lire. Je reste, quand même, archi dubitatif concernant les soi-disant super effets positifs.
    J’ai déjà fait des « sevrages » plus ou moins long et faut pas déconner, une bonne branlette fait plus de bien. Désolé.

    Question: pourquoi l’image « comics »?

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