Off-screen de Rebecca Topakian

Le projet de Rebecca Topakian – dont on vous avait déjà parlé – est aujourd’hui abouti. Le résultat est le livre Off-screen, édité par ses soins. Elle voulait sortir du cliché fourni par internet et saisir ces flottements qui échappent à la caméra et à la conscience. « J’ai appelé cette série Off-screen, ce qui signifie en anglais à la fois l’hors-champ et l’hors-cadre : ce qu’on ne voit pas dans les films porno, mais aussi la manière dont je décadre mes photos afin de ne pas montrer l’évident au profit de petits détails » nous raconte-t-elle.

Plus qu’au porno en lui-même, Rebecca s’intéresse avant tout à celles et ceux qui le composent. « De manière générale, j’aime travailler en photographie sur des communautés et des groupes de personnes qui se sont retrouvées autour d’un intérêt ou d’un goût commun ». Le métier de son amie Judy Minx l’a amené à s’intéresser à ce milieu, alors qu’elle n’était pas consommatrice. « J’étais assez curieuse de ce qu’était le « milieu » du porno et qui étaient ceux qui forment cette communauté. Des gens qui ont tout de même choisi un travail et donc un mode de vie que la société a encore du mal à accepter.

Pour son projet, elle est allée sur les tournages de John B. Root et surtout sur celui de Gonzo : mode d’emploi. C’est principalement là-bas qu’elle a pu capter ce qu’elle cherchait : l’interaction entre les acteurs et leur comportement hors caméra. Des photos d’abandon, de repos, d’attente et de tout ce qui peut sembler anodin.

Dans un avenir plus ou moins proche, Rebecca envisage de travailler à nouveau sur le porno, mais de manière différente. En attendant, si vous avez la chance de passer à Arles avant le 15 Juillet, Off-screen et deux autres de ses livres sont présentés à la galerie VOST, 13 rue du Pont. Sinon vous pouvez toujours vous procurer une un exemplaire ici.

rebecca topakian off-screen

rebecca topakian off screen

Photos par © Rebecca Topakian

1 commentaire Voir les commentaires

  • J’adore l’idée… Mais j’aurais aimé du contexte. Je veux dire, oui les photos peuvent être plus parlantes que des mots, cependant nous éclairer sur le moment où a été prise la photographie ça aurait pu être sympathique.
    En tout cas, pour moi il y a vraiment de l’avenir sur nous montrer les coulisses du porno. Moi il passe pas un mois sans que j’en regarde, et je me pose toujours pleins de questions et c’est finalement quelque chose qu’on consomme en masse, mais qu’on connait très mal. C’est dommage, ce livre c’est quand même un premier pas.
    (bon je compte pas les pseudos-révélations des anciens qui veulent faire du buzz)

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