Remy Lacroix, l’amour difficile

« Rien n’est plus insupportable que l’uniformité de l’exceptionnel ». Ça devrait être la punchline d’eFukt qui reste un des seuls sites à nous proposer des physiques un peu cabossés par la vie.

Pour les autres, le sprint à « celui qui signera la meuf la plus bonne de l’industrie » s’est achevé dans ce qui semble être un ex-æquo général. Les « too gorgeous for porn » et « amat’ » restaient à mes yeux les deux derniers champs de fleurs que le porn n’avait pas pollinisé. Or, c’est maintenant chose faite par la clique X-Art, GirlsGonewild, MyFreeCams et consorts. On a maintenant accès à une diversité et une qualité simplement inimaginable il y a seulement cinq ans. Le tout-silicone d’antan est bien derrière nous (quoique) et on en a *vraiment* pour tous les goûts et toutes les mœurs.

Tout ça pour dire qu’en 2013 je suis rentré sans trop me presser dans ma phase post-charnelle du porn et que ça me parait de plus en plus tendu de m’enflammer pour une plastique, aussi parfaite soit-elle. Mais alors que je pensais être rompu à tous les physiques et que ma fresque sexuelle se muait en un simple diptyque « would bang/would not bang »,  l’univers m’envoya une nouvelle combinaison de gênes sympa : Remy LaCroix.

Girl next door, naughty amat et bubblebutt : ma sainte trinité

Arrivée en fanfare dans le porn game en 2011, Remy fait ses gammes avec un gros gangbang chez Kink comme première scène. Elle est comme ça la Rémy, « go big or go home».

C’est donc filmée par la fine fleur du porn US que Rémy aligne pour la première fois les tags #girl next door #naughty amat et #bubble butt dans la décontraction la plus totale. Rémy c’est la candeur de ta voisine trop jeune cristallisée dans un corps résolument taillé pour du sexe en roue libre. Un corps capable d’aller chercher Alexis Texas sur son terrain. En effet, outre leur prénoms à l’érotisme discutable, Remy Lacroix et Alexis Texas, ont un commun un cul improbable, un cul de Cocagne, un cul de fête et de bombance, un cul pour les gouverner tous, un cul …  argh vite vite mes cachets.

Conquis par la belle mais moins par le gang bang, il me restait à la voir dans un environnement moins riche en quines mais plus fort en tendresse.

Mon diamant d’innocence

Mon diamant d’innocence

Chronique d’un premier date foireux

Nos chemins virtuels se sont croisés au détour d’une vidéo Cuties, au bord d’une piscine où elle me contait ses années lycées où elle tannait sur un piano, puis sur un parking, puis avec plusieurs gars…. Ouep, moi j’étais un boloss et mon piano je le dépoussiérais au Swiffer mais là n’était pas la question. On était bien, elle me racontait des cochonneries en se touchant les cheveux, je bandais copieusement en fixant ses dents du bonheur, une vie numérique simple et bon enfant. Et alors que le stupre et l’innocence commençaient à se mélanger sans faire de grumeaux… BIGNE ! On remballe ! La douceur peut aller se prendre une double péné, place au gars tatoué, au spanking et autres « yeah fuck my pussy hohoho ». Cuties vient de marquer une autre production de sa grosse griffe pataude qui consiste principalement à passer dix minutes à créer une ambiance et vingt minutes à la foutre aux chiottes.

Remy LaCroix

« Dans 4 minutes j’aurais les fesses rouges et les larmes aux yeux »

Bon ok ok ça aussi on oublie, après tout ce n’était pas la première fille qu’ils exploitent mal, je suis sur qu’elle en a sur le capot cette petite. Hein?

Nop

J’aimerais vous dire que oui. J’aimerais vous dire que la versatilité de ses scènes laisse entrevoir une sexualité bigarrée et une personnalité chatoyante. J’aimerais, mais non, le désastre Cuties n’était pas un coup dans l’eau, c’était le mètre étalon. J’ai pourtant testé plusieurs vidéos : prétendue college girl, bang bus, fake amat,…même le compte twitter a été passé au crible et rien, rien, rien, pu-tain de rien. Rien si ce n’est une grossièreté de sentiment qui rappelle les pires rôles d’étudiants que le cinéma américain mainstream a pu nous offrir. Toutes les scènes se ressemblent, elles sont toutes sur-jouées ou sous-jouées et surtout s’y ennuie sec. Si le concept de « baise scolaire » existait on serait les deux pieds dedans.

Ô rage, ô désespoir, ô indifférence pénienne, c’est la tuile, Rémy souffre d’un mal handicapant pour une nouvelle porn star : elle est plus excitante loin du sexe. Comme Jessie Andrews, comme ces filles dont la communication en ligne (Tumblr, Instagram, Vine…) dépasse de loin leur performance à l’écran.

D’après son tumblr, la belle est passée de danseuse spécialisée dans le teasing à base de hula-hoop lumineux et de trucs enflammés à porn star, principalement pour prouver qu’elle pouvait encaisser comme les grandes.

Je valide ce gimmick

Un parcours et des motivations qui expliquent assez facilement le rendu à l’écran : un teasing de haute volée suivi d’une baise quelconque.

Devant ce constat accablant je me vois contraint de déplacer la branlette sur un autre terrain : la nouvelle porn star devra-t-elle s’inscrire dans la lignée des Faye, Stoya ou Sasha et jouir d’une certaine finesse d’esprit pour gagner nos cœurs désaffectés ? La question est posée.

Cet article à bien failli s’arrêter là, mais mû par un professionnalisme indéfectible je suis allé faire une ronde du coté de chez xhamster avant de clore définitivement le dossier.

Manuel Ferrara : l’élu

Bien m’en a pris car je suis tombé sur cette perle en première page (99% de pouces verts, fierté nationale on vous dit).

Le salut nous vient encore une fois de Ferrara, qui nous livre une de ses baises du condamné dont il a le secret. La muraille de porn star lambda tombe rapidement sous les coups de boutoir, le regard est profond et les « I am gonna come » fébriles. Derrière le mascara qui dégueule on voit enfin poindre un peu de sincérité, il aura fallu tout ça.

Pour la énième fois, Ferrara soulève l’industrie à bout de bras tel un Atlas du porngame et nous livre une Remy LaCroix comme on l’a toujours rêvée : sincère et sensible. Remy LaCroix est morte. Vive Remy LaCroix.

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