Ortie : « A quoi bon faire du porn si les gens ne se masturbent pas ? »

La première fois qu’on est tombé sur une vidéo d’Ortie (sans « s »), on pensait qu’une brève suffirait pour présenter cette jeune photographe/vidéaste. Puis on a commencé à se renseigner et à discuter un peu avec elle, et on s’est aperçu qu’on était en présence d’une vraie camarade de porn. Vous commencez à nous connaître, quand on se retrouve avec une fille qui filme d’autres filles qui se déshabillent, on a tendance à s’éterniser et à parler plus que prévu.

Comment as-tu commencé à tourner du porn ?
J’ai d’abord fait beaucoup de selfshot dénudés, érotiques ou porn, jusqu’à ce que des copines me demandent de les shooter aussi. Ensuite, ça s’est enchaîné et j’ai fini par bosser pour des sites comme Suicide Girls, où j’ai commencé à avoir une visibilité dans la communauté érotique.

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Tu es partie sur quelle idée pour cette vidéo avec Nur ? 
Deux choses principalement : d’un côté Nur qui faisait des rêves récurants où je faisais des vidéos de porn d’elle. On s’est donc dits qu’il fallait faire plaisir à son inconscient. De l’autre Sacha Kimmes, la créatrice de la marque de lingerie Ihaveawhitepussy, avec qui je travaille régulièrement, qui voulait une vidéo mettant en scène ses créations.
Comme j’avais envie depuis quelques temps de vidéos sexy et mignonnes de filles qui se déshabillent, j’ai sauté sur l’occasion pour conjuguer le tout.

C’est une vidéo très sensuelle qui frôle le porn sans jamais l’atteindre, ni tomber dans la vulgarité je trouve, tu a voulu travailler dans ce sens ?
Tout à fait. J’essaye au maximum d’éviter les prises de vues trop frontales, trop directes. J’adore les plans rapprochés, en biais, intimistes en somme. Pour moi c’est là que se joue l’excitation : une belle cambrure, un mouvement de jambes qui se croisent, une manière de sourire. J’adore aussi les plans très explicites et je suis une grande adepte du porn, mais je fuis la vulgarité autant que je peux, parce que pour moi ça n’a pas sa place dans la sexualité. Honnêtement, ce n’est pas ce qui m’excite dans un rapport sexuel, et je préfère mille fois une fille naturelle qui montre son désir sans équivoque que quelqu’un qui joue la séductrice ou l’allumeuse en se référant à des vieux codes de la drague. C’est ça que je veux transmettre dans mon travail érotique.

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À quelle fréquence regardes-tu du porn et sur quels sites ?
Je passe beaucoup de temps à errer sur Tumblr à la recherche d’images porn qui m’inspirent et m’excitent, puis que je publie ensuite sur mon blog Bouche Agonie, donc c’est en général quotidien. Pour du contenu vidéo, je vais plutôt sur xHamster.

Quels sont les tags que tu vas voir le plus souvent ?
Masturbation, anal, bdsm, squirting, teens, webcam, spanking, fisting, strapon pour les plus fréquents. Mais comme je suis quelqu’un qui s’ennuie vite et qui aime bien découvrir, j’ai tendance à fouiner un peu partout pour trouver de la nouveauté.

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Tu m’as parlé d’un projet de porn différent, tu peux nous en dire plus ?
Avec Rémi Chapeaublanc on est presque prêts à tourner la première vidéo de notre série, sur une fille qui se lacère les fringues et la peau avec des couteaux jusqu’à jouir. Il nous manque surtout une bonne musique pour aller avec la vidéo. On espère ensuite que cette vidéo fera son chemin sur le net et nous permettra de trouver un producteur qui aura envie de bosser avec nous sur une série de 5 ou 6 vidéos. À côté de ça, on fait aussi des vidéos un peu plus conventionnelles pour les sites de Feck (la boîte qui gère Beautiful Agony, IFeelMyself et IShotMyself), avec qui je travaille régulièrement.

Il y a d’autres façons de filmer du porn qui t’ont marquée ? Je trouve que c’est toujours un échec, trop expérimental ou trop clivant.
Marquée, ça c’est sûr. Dirty Diaries notamment, où j’ai été frappée par l’absence totale de désir que ces courts m’ont provoquée. À la fin du film, je me suis dit : « merde, c’est donc ça qui se passe quand on veut faire du porn non-conventionnel ? ». J’ai été super déçue d’avoir autant de mal à trouver des porn beaux, intéressants et excitants (et pour l’instant je reste plutôt insatisfaite). C’est un peu comme si une fois qu’on avait opté pour une démarche artistique, on mettait de côté l’aspect sexuel, qui est pourtant la base du porno. Parce qu’honnêtement, à quoi bon faire du porn si les gens ne se masturbent pas en regardant les vidéos ?

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