Amber Rayne, la Girlvert 2013

Je vous raconte. Au départ, je souhaitais opposer deux artistes du X, Sasha Grey et Amber Rayne. Provoquer une confrontation, un match de légende comme dans Rocky Balboa. Laquelle est la meilleure ? On aurait développé une animation comme les Taïwanais pour visualiser la scène, balancer une grosse campagne promo sur les réseaux sociaux, mis à contribution les grandes figures du porno pour des débats enflammés, ça aurait été mieux que dans le Moscato Show. Mais le taulier m’a raisonné, le budget passe en totalité dans le Tropico. Et puis ce n’est pas l’esprit du Tag d’opposer les bonnes âmes du porno. L’amour prime par-dessus tout.

Amber Rayne Sasha Grey

Le taulier a dit non

Alors je me suis résigné. Je voulais confronter Sasha Grey, mettre les pieds dans le plat et poser la question qui tue : pourquoi elle plutôt qu’une autre ? Parce qu’à la même époque, Amber Rayne accomplissait des prouesses similaires, voire un chouia au-dessus. En prenant du recul, je dirais de Sasha, ce que d’autres ont dit de Marion Cotillard : elle a la grâce.

Parler de grâce à propos de la catégorie ultra hardcore de porno en question, voilà qui est osé. Mais il y a une poésie cachée dans les gorges profondes de Sasha Grey. Celles d’Amber Rayne méritent également visionnage et bien plus. Du grand art. Constater par vous-même. Les deux actrices ont chacune une part de gloire dans Throated #12. Amber Rayne offre une performance remarquable dans la maîtrise de son réflexe laryngé, tout comme Sasha dont les intentions vont au-delà du simple spectacle d’une fellation hors du commun. Sasha Grey ajoute de la sophistication, par son allure, par ses regards. Elle a une ambition. Le jeu d’Amber est trash, ses coups d’œil aguicheurs sont trop prononcés, cela manque de subtilité. Pourtant, j’y lis un second degré, un personnage assumé de grosse salope sans finesse, comme Bigard « joue » le gros beauf. Amber Rayne ne souhaite rien de moins qu’accomplir une bonne scène.

Amber Rayne

Ma passion c’est mon travail

La jeune Amber débute à l’âge de 22 ans (ou 18, ou 20, les sources se contredisent), en 2006 dans une scène avec Brandon Iron, le blondinet du porno américain. Elle ne tarde pas à verser dans l’extrême le plus débridé. Sa participation à American Gokkun est un must de l’avalage de sperme. Quand la majorité des actrices semblent au bord de vomir, le visage enduit d’une couche de fluide s’asséchant, Amber sourit et n’hésite pas à récolter un dernier éjaculat après avoir achevé le job. L’amour du travail, je vous dis. Pour rappel, le bukkake ne se termine pas en avalant le sperme, il suffit d’accumuler les éjaculations. Le gokkun nécessite l’ingestion. Bukkake = splash, gokkun = splash + slurp.

Gokkun

Illustration d’une femme ingérant une grande quantité de sperme

Amber Rayne est diplômée en arts et histoire. Dans ses interviews, elle apparait équilibrée, sûre d’elle, mais son débit de parole trahit, le taulier confirmera [Gonzo : je confirme], une consommation significative de produit stupéfiant. En tout cas, elle présente toujours un grand enthousiasme. Avant le porno, elle jouait un rôle dans la comédie musicale les Misérables. Mais Hollywood est un milieu difficile, qu’elle a préféré quitter. Voulant percer dans le mainstream au départ, elle s’est réfugiée dans le X, plus accueillant selon elle. Combien d’actrices souhaitent faire l’inverse, Sasha Grey la première ?

Depuis ses débuts, Ambre Rayne a tout testé. Passée chez Kink et le BDSM, elle se laissera tenter par toutes les pratiques, du gangbang à l’uro, en essayant le femdom et l’exhibition publique. Toujours avec le sourire. Je tiens à préciser que ce genre de sexualité effrénée et explosive n’est pas un Graal à convoiter. Il s’agit là d’une performeuse, une actrice payée pour pousser ses limites. Elle y prend du plaisir (toutes ses interviews le confirment) et aime beaucoup son travail. Cependant, elle tempère en indiquant que sa vie sexuelle en dehors des tournages ne connaît aucun des débordements visibles à l’écran. Elle avoue seulement une passion pour la sodomie, dont elle ne peut se défaire. Ce type de profil est valorisé dans le porn, car certains spectateurs recherchent le fantasme du no limit. Il serait dommage d’en faire un objectif à atteindre dans sa vie personnelle. Dans le sexe, on fait ce que l’on aime. Si on n’aime pas, on ne fait pas et c’est normal.

D’ailleurs, ces actrices extrêmes sont appelées des Girlverts, un dérivé de pervers. GrosMikko parlait de la vague de performeuses pré-Sasha Grey. Aurora Snow est « le prototype d’une nouvelle génération d’actrices X » nous disait-il. Il avait raison le bougre. A la même époque, une actrice s’était faite la chef de file de cette nouvelle vague qui deviendra une norme par la suite. Elle se nomme Ashley Blue (Oriana Small de son vrai nom, un pseudo parfait pourtant).

Amber Rayne

La marraine des Girlverts

Le tag naughty comportait bien moins d’extravagance début 2000. #Filthy existait-il ? Dans les bas-fonds sûrement, là où les pop-up et les virus étaient bien trop nombreux pour qu’on s’y aventure. Ashley Blue, elle, a accompagné le mouvement. Elle apportait des pratiques jugées infappables par les grandes productions. Ce sera l’avènement du gonzo. De Max Hardcore à Seymore Butts, Ashley Blue a atteint Private et Hustler avec sa girlvert attitude. Elle en a fait une autobiographie, Girlvert: a porno memoir, dont les lectures en public régalent les Californiens.

En tant que marraine des Girlverts, Ashley Blue soutient Amber Rayne dans son American Gokkun. Vous irez voir, c’est touchant. S’agirait-il d’une passe d’armes ? L’ancienne girlvert, extrême parmi les extrêmes, lègue son sceptre enduit de différents liquides corporels à son successeur, celle qui représente au mieux les valeurs de la girlvert : plaisir, performance et rockn’roll.

Amber Rayne Girlverts

La princesse des Girlverts

Amber Rayne continue encore le porno. Elle se tient éloignée du phénomène médiatique. Et pour finir de vous convaincre que cette fille est plus intéressante que son personnage de salope lubrique, elle avoue, entre deux récits d’orgie avec des rockers, une passion artistique pour le Caravage.

 

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