Aylar Lie, Miss Norvège

Avant mes 21 ans, je n’avais pratiquement jamais quitté la France. Mes antipodes à moi, c’était plus la pointe du Raz que la Vallée de la Mort. J’en veux un peu à mes parents aviophobes de m’avoir imposé des centaines d’heures en bagnole pour des destinations franchement peu exotiques. Limité aux excursions scolaires et à quelques escapades entre amis, j’ai été pris d’une boulimie de voyage dès que j’ai pu m’assumer financièrement (aka bénéficier des largesses de l’Etat). La frénésie a été de courte durée mais j’en ai bien profité. Si je vous raconte un peu ma vie, c’est juste qu’à cette période dorée, j’ai eu l’occasion d’aller passer un peu de temps dans le plus beau pays du monde et qu’Aylar Lie, l’héroïne de mon papier d’aujourd’hui en est originaire.

Le plus beau pays du monde, ma gueule, c’est la Norvège. Personne ne peut test. Iguazú, Ha-Long, Taj Mahal, mes balls, rien ne pourra jamais égaler les Lofoten, le Jotunheimen ou la jolie église en bois de Fantoft. J’y ai passé les plus belles journées de ma post-adolescence. La nuit, je ne l’ai pas vraiment connue, c’était la fin du printemps, un soleil tout puissant détruisait les reliquats de la dépression hivernale, le crépuscule n’existait plus. J’ai pu ainsi plonger nu dans les fjords, sombrer dans le Ginnungagap et faire corps avec les Élivágar tel un Kanye West embrassant goulûment un mérou de passage.

#LandscapePorn

La Norvège c’est aussi le lieu de rendez-vous des plus belles créatures du septentrion pour peu que l’on soit sensible au charme des Walkyries. La Norvège va cependant bien au-delà du cliché de la blonde bien galbée à l’accent rocailleux. Terre d’asile, elle accueille un large panel de nationalités. J’y ai rencontré de nombreux descendants de réfugiés politiques. Serbes, Irakiens, Nigérians, etc. A la beauté indescriptible des paysages s’ajoute ce patchwork des nations brisées, à l’origine de sublimes mélanges, à la tête desquels nous trouvons Aylar Dianati Lie.

Not your average Norwegian chick

Drôle de destin que celui d’Aylar. Elle naît le 12 février 1984, à Téhéran, dans une République islamique d’Iran, relativement peu accueillante qu’elle fuit avec ses parents à l’âge de 3 ans pour la Turquie, puis la Norvège. Installation mouvementée, ses parents se séparent quasi-immédiatement, la mère part aux USA, le père retourne en Iran, plaçant la jeune Aylar en famille d’accueil. A 16 ans elle décide de repartir en Iran pour retrouver son père. Un retour aux racines qui se solde par un remake foireux de « Jamais sans ma fille ». Bloquée 1 an et demi sur place, elle finit par rentrer au bercail avec le soutien du ministère des affaires étrangères norvégien. Ben Assfleck est déjà sur le coup pour l’adaptation ciné.

Miss Téhéran

Deux ans plus tard, Aylar décide de rejoindre sa mère biologique en Californie malgré les réticences de ses parents adoptifs norvégiens. Aylar, telle la Justine de Sade, se retrouve embringuée dans une histoire bien glauque. Abusée par sa mère et le nouveau mari de celle-ci lors d’un trip à Las Vegas, Aylar s’enfuit et se retrouve seule à L.A. Se refusant à appeler sa famille adoptive à l’aide, elle doit se démerder. On retrouve alors les ingrédients pour une recette bien connue :

1. Une jeune fille en galère, un peu cruche et loin de chez elle
2. Un physique globalement plus qu’agréable à regarder
3. ???
4. PROFIT

Vous l’aurez deviné, Aylar se lance dans le porn. Elle va alors tourner une dizaine de scènes sous divers pseudonymes – le plus récurrent étant Diana – la plupart du temps pour le compte de Red Light District. Très jolie mais peu à l’aise, Aylar n’est pas la pornstar idéale. Anglais approximatif, un comble pour une Norvégienne, même d’adoption, un dégoût évident pour la semence, flagrant lors des cumshots, autant d’éléments gâchant quelque peu ses performances. Reste la douceur de ses traits et un charme évident qui m’avaient tant conquis que j’en garde toujours un excellent souvenir, et ce malgré ses scènes décevantes.

18 ans, déjà vicieuse

La bio officielle d’Aylar passe très rapidement sur cet épisode scabreux, prétextant l’existence d’un entourage néfaste, l’ayant conduite à de mauvaises décisions. Une descente aux enfers soi-disant accompagnée d’une overdose. Bitch, please. On est tellement en droit d’en douter. Cette parenthèse porn a failli coûter très cher à Aylar en terme de crédibilité, dès lors une entorse à la réalité est évidemment la bienvenue. Qu’il est difficile de se racheter une virginité quand on t’a vu sucer – entre autres – deux énormes chibres ébènes sur un canapé rouge – et que ton nom signifie Mensonge.

 

NÅR PORN ENGANG KALLER ER DET INGEN VEI TILBAKE

Si Aylar souhaite à tout prix se dédouaner de cette phase porno, c’est parce qu’en 2004 cet épisode lui est revenu en pleine face alors qu’elle concourait pour être Miss Norvège. Revenue le clit entre les jambes de son expérience californienne, Aylar intègre une agence de mannequin et se sentant pousser des ailes, participe au concours Miss Norway. Au pays des trolls, il était normal qu’une de ses concurrentes, forcément rageuse, balance à la presse les petites vidéos souvenirs du sympathique voyage US d’Aylar. Scandale immédiat. J’imagine deux secondes la même en France, que ce serait-il passé si des vidéos de Valérie Bègue intitulées « Bennes à sperme » avaient leaké ? Ca aurait été l’apoplexie pour une Geneviève de Fonfon déjà bien échaudée par les boob-pix de sa Miss France 2008.

Aylar répare,…

Virée de son agence et automatiquement exclue de la course aux Miss, Aylar se retrouve à nouveau dans la cagade. C’était sans compter sur le buzz lié à cet incident, qui va faire d’elle une gloire locale. Le tag Aylar fait exploser les moteurs de recherche norvégiens. Aylar, c’est du pain béni pour les magazines masculins mainstream avides de starlettes un peu destroy et sulfureuses. Reconvertie dans la photo de charme, elle va faire 3 fois la couverture du FHM nordique (un record), sortir son propre calendrier et créer son agence de mannequinat : Team Aylar. Une belle gestion de l’après-porn qui n’est pas sans rappeler celle de Clara Morgane. En 2006, elle décide de se mettre à la musique, toujours avec le soutien de FHM qui vendra son single (une reprise de « Boys Boys Boys » de Sabrina…) avec l’un de ses numéros. Fail musical, forcément, cette première incursion permet tout de même à Aylar d’alimenter son personal branding. Repérée par le label Ministry of Sound, elle est le personnage principal du clip « Now you’re gone » de Basshunter. Énorme succès – 134 millions de vue sur youtube – Aylar devient l’égérie de Basshunter et danse dans six de ses clips, apparaissant sur toutes ses pochettes. De quoi garantir une belle exposition à Aylar pour le millénaire à venir.

Where cold winds blow

Mannequin de luxe, Aylar n’a malheureusement pas pour autant abandonné ses projets musicaux, elle sort un morceau avec Ocean Drive en 2010. Elle participe dans la foulée au Danse avec les stars norvégien. Désormais VIP dans son pays d’adoption, Aylar a mieux fait de miser sur ses talents de danseuse que sur ses capacités à encaisser les mandrins yankees. La jurisprudence Hondelatte fait qu’on ne peut pas non plus trop la charger sur ses tentatives musicales. Aylar a fait son beurre et s’est sortie d’une situation peu enviable. Respect. Au rayon des gossips, Aylar a accroché Robbie Williams à son tableau de chasse et se coltine aujourd’hui un multi-millionaire chyprio-norvégien. Elle est interdite de territoire en Iran, too bad, et a par ailleurs débuté une carrière d’actrice tradi. Le poids du porn semble nettement moins lourd à porter en Norvège qu’en France par exemple où la reconversion paraît nettement plus ardue.

Princess Diana

Norvège, ô terre merveilleuse. Ca ne te suffisait pas d’être la plus belle, il faut en plus que tu nous donnes des leçons d’ouverture et de tolérance. Gracie-moi comme tu l’as fait pour cette jeune réfugiée. Je ne demande même pas une place sous les spotlights. Un lopin de terre à Telemark, une ferme isolée, et des visites fréquentes d’Aylar Lie devraient amplement me suffire. Ja, vi elsker dette landet.

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