Novembre 2012 – Camille

Parfaite Novembre Camille Guilhem Malissen

Née :
1980

Ville :
Paris

La première image qui t’a excitée :
Série Rose sur FR3, j’avais 11 ans, c’était de la littérature érotique adaptée avec des costumes. Je me souviens que c’était « interdit », donc excitant. Puis il y eu Le déclic de Manara, mes parents avaient une bibliothèque vitrée, avec quelques trucs un peu chauds, j’allais piocher dedans quand ils avaient le dos tourné.

Mais ma première vraie émotion érotique, c’était à 14 ans, on regardait Massacre à la Tronçonneuse avec des amis et il y avait un type de deux ans de plus que moi qui me caressait l’épaule en s’approchant de mes mini-seins pendant tout le film. C’est un des moments les plus érotiques de ma vie ; maintenant je suis excitée quand je vois une tronçonneuse.

Le premier porn que t’as vu ?
Un Dorcel de Canal un samedi soir, je devais avoir 15 ans, je me suis dit « si c’est ça le sexe, je vais attendre » et j’ai attendu.

Et maintenant, ton rapport au porno ?
Croyante, non pratiquante. J’en regarde peu, je regarde ce que vous postez sur le bon fappeur, et j’aime beaucoup Erika Lust. Sinon, j’adore le porno vintage français et japonais, par intérêt sociologique. Ces derniers ont des fantasmes vraiment différents des nôtres : très peu de bisexualité, mais d’autres tabous et d’autres fantasmes.

Mon porn doit tendre au réel, pas à la gynécologie. Il faut qu’on sente monter l’excitation, que la fille passe de la petite princesse à la grosse salope, mais pas qu’elle se prenne des trucs dans la gueule, ça m’énerve ; il faut qu’elle s’amuse. J’aime pas non plus quand les mecs s’épilent ou quand t’as l’impression qu’ils passent leur vie au Club Med Gym, Yves Rocher et Point Soleil.

Je lis plus de littérature porno, qui est un support qui enclenche le reste. J’aime beaucoup Esparbec qui peut aller très loin dans ses fantasmes. Avec le filtre de ton imagination, tu mets tes propres limites (morales, ou esthétiques) ; contrairement à un filtre trash.

Est-ce que Paris est une ville érotique ?
J’ai écrit une nouvelle sur les portes cochères de Pigalle et je suis en train d’écrire un livre sur les lieux de plaisirs parisiens. Il y a une histoire entre Paris et le sexe. Ce qui est intéressant en France, c’est cette idée de grivoiserie, le cul drôle et décomplexé et pas vulgaire ; notre rapport à la sexualité est assez léger.

Est-ce que le film porno scénarisé a un avenir ?
Oui, c’est un effet de balancier, avant il était scénarisé, maintenant on est revenu aux scènes, et il redeviendra scénarisé quand on en aura marre du gonzo. Les films porno, c’est comme le McDo et la gastronomie, c’est bien de consommer des tubes, mais un film plus travaillé a aussi sa place en tant que déclencheur d’émotions ; il ouvre la fantasmagorie. Alors que dans les tubes, il y a une tendance à trop catégoriser et à vraiment pointer les fantasmes. L’idéal est de nourrir son imaginaire et le transposer dans son couple.

Comment as-tu connu le Tag ?
J’écris sur la culture érotique sur Lorenzo de Paris, on m’envoie des liens, et le Tag venait d’ouvrir, un ami m’a envoyé le lien, et j’ai trouvé ça super.

Pourquoi vouloir être une parfaite ?
Parce qu’il y en a marre des nymphettes.

© Photo par Guilhem Malissen

Si vous voulez être le ou la prochaine parfait(e), envoyez-nous un mail avec quelques photos.

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