Il est à combien ton meuge de sperme ?

Grâce à un ami bien intentionné, je suis allé faire un tour dans le futur, malheureusement dans la petite navette qui nous amenait là-bas, j’ai dû signer une décharge stipulant que j’avais pas le droit de raconter aux gens old (vous) ce qui allait leur arriver, sans quoi on m’enverrait des sales types me péter les genoux, ou une saloperie dans le style. Je ne peux pas vous dire grand chose à part que : c’est assez ouf et que vous allez être surpris. Ce qui va suivre n’est donc qu’une anticipation, à aucun moment les faits relatés ne font partie du futur, ou alors ça serait une pure coïncidence – croisillon wink wink.

Paris 2019, un vendredi vers 23h30

La soirée se lance, les gens sont arrivés et ils se font relativement chier comme dans toutes les soirées où on préfère se regarder que de s’oublier. La musique est encore timide, et on s’affaire à remplir des verres d’extra-redbull-vodka pour faire venir l’excitation. Rien n’a vraiment changé en quelques années, les mêmes personnes, les mêmes envies, les mêmes attentes ; la soirée parfaite qui tomberait du ciel et le ballet hypocrite des gens aux toilettes, aller-retour polis pour se repoudrer le nez à l’abri des regards plus envieux qu’indiscrets. Au premier abord seulement la routine, mais en embarquant dans ce petit manège ridicule, on tombe sur un rituel bien étrange.

Une assiette est posée sur le rebord du lavabo avec une paille artisanale en travers, une fille montre ses seins avec une main dans la culotte face à un type qui s’astique frénétiquement le chibrotin devant ce petit peep show improvisé. Il ferme les yeux quand ça vient, on pourrait jurer qu’il pense à sa copine ou peut-être à sa mère, et il envoie la divine semence des dieux, fruit de son terrible labeur en visant tant bien que mal l’assiette. L’influence du porn n’existe pas, dans le futur on ne sait toujours pas viser avec sa bite, des dizaines et des dizaines d’années de cumshots visionnés n’y ont rien changé.

La fille arrête son cirque, prend la paille, se penche et s’envoie une bien bonne dans chaque narine dans un sifflement guttural vrombissant. Puis elle se racle la gorge bruyamment, ressort le sperme par la bouche, le montre sur sa langue chargée au coca double zéro, puis le ravale dans un sourire satisfait. Son collègue de salle de bain prend l’assiette, s’envoie sa dose avec la discrétion du mec qui en a vu d’autres, il rentre sa teub dans son jean, cache l’assiette derrière les toilettes, et sors de là avec la fille.

2019, la coke est réservée aux gens qui aiment s’envoyer du paracétamol autrement qu’en cachetons, les jeunes, eux, préfèrent se défoncer à l’égo, à tumblr et au porn japonais. C’est donc tout naturellement qu’ils se sont mis à sniffer leur sperme.

Retour vers le futur

Les prémices de cette pratique remontent aux années 00s, quand le porn a débarqué sur internet sans faire toc toc toc. Annette Schwartz, le gonzo redneck, le porn jap, tout le monde y allait de sa petite performance, sans que ça devienne vraiment un tag à part entière mais suffisamment présent pour finir en gif à envoyer aux copains. Bienvenues aux tags « cum sniffing », « sperm sniffing », « cum snorting » et « sperm snorting ».

Les personnes sensibles voient certainement ce petit délire comme un truc réservé à une élite qui aurait perdu son âme sur l’autel de la perf. On navigue pourtant dans la sphère ORL, et Michel Cymes pourrait montrer avec une petite baguette ce schéma :

et expliquer tout bonnement que sniffer du sperme revient à se racler les glaires ou à aspirer sa morve. Bon ça sonne pas terrible dit comme ça, mais ça permet de relativiser le danger ou la folie du truc. Reste à savoir si vous êtes tenté par l’odeur âcre du sperme, qui navigue entre l’eau de javel, la peau de saucisson et le beurre d’après vos précieux témoignages.

Puis il a bien fallu que certains passent la seconde dans ce trick de fin de séquence, on peut citer la série Snort That Cum qui est une sorte de réponse locale et pétée au porn sous weed ou les jeux de sperme chez les japonais (voir la série Semen Maniac) qui ouvrent une porte vers le futur et l’au-delà, le porn jap agissant comme une boule de cristal vers l’inconnu.

Au pays du sperme levant

Là-bas où le sperme est roi, on joue avec comme ici on participe à Fort Boyard. Des épreuves pour japonaises chouineuses et craintives (mais dociles) qui pourraient rendre notre rubrique au mauvais fappeur millionnaire. Mettre le sperme dans un masque de plongée et ouvrir grand les yeux ; jouir dans une oreille et sniffer le truc par un petit tuyau ; cum shot dans les yeux à rendre fou un ophtalmo ; en boire des verres entiers ; jouir dans un cul, ressortir le sperme pour le filer à une copine, qui se le remet dans le cul, puis le ressortir, le sniffer, le ressortir encore par la bouche, le mettre sur une assiette pour le passer au micro-ondes on sait pas trop pourquoi, manger le tout, le vomir, le passer dans un shaker pour en faire un smoothie ; soit le menu best of du post-porn, où l’image devient plus un support expérimental des pratiques sexuelles qu’un support purement masturbatoire.

Le véritable héros du porn, c’est lui, le sperme, le super-sperme qu’on attend de voir jaillir pour jouir, témoin de l’orgasme approuvé par St Thomas. Le liquide, la substance, l’or blanc en offrande qui a dorénavant une vie après sa petite mort. On le prend en main et pour l’honorer on le refait passer par tous les trous, pendant que l’acteur repu sur son nuage d’endorphines n’en a plus rien à foutre et cherche un oreiller pour roupiller. Pendant ce temps-là, ce petit jeu divertit le consommateur, qui dans son brouillard post-orgasmique ne quitte plus la fenêtre de son player violemment et honteux comme avant mais apprécie de voir son sperme par procuration passer par le nez d’actrices comme s’il pesait 70 boules le meuge*.

Le totem de la règle 34

On n’est plus dans l’excitation à but masturbatoire mais dans le fétichisme qui cherche la jouissance cérébrale. L’accessibilité de ces fantasmes via les tubes ou les sites comme clip4sale ont transformé ces pratiques marginales en produits de consommation courante voire tendances. Sniffer du sperme, c’est comme le prolapse ou le #CBT, personne n’en cherche vraiment ou le pratique mais tout le monde tombe dessus à un moment ou l’autre dans sa quête du fap parfait. On se retrouve sexe en main un peu décontenancé – que faire face à ces tags ?

Pas grand chose de plus que pour le colored enema ou ces autres tags obscurs fascinants ; c’est juste une pierre débile de plus à l’édifice de la culture porn et des bonnes blagues à sortir aux potes autour de bières fraîches.

Le porn est un spectacle, alors s’il faut sniffer du sperme pour récolter des pouces, laissons-les. Quand on était au collège, on sniffait bien le sucre acide du fond des paquets de frites d’Haribo pour jouer les bonshommes, et on a vu plus d’une personne en soirée s’envoyer la pire coke de la terre avec un grand sourire ; le sperme paraît bien plus sain à côté.

Le futur approche, et peut-être qu’il sera bientôt devenu ringard de simplement avaler. En attendant de s’en enfiler plein les naseaux, le porn ricain fait sniffer ses starlettes et le porn jap rend obsolète eFukt en posant les bases d’un porn en roue libre où le corps est expérimentation, où le sexe est jeu, où on ne sait plus très bien quoi faire de son fap. Dans un délire pop qui rendrait jaloux notre cher Marquis de Sade, qui ne pensait pas, écrivant son chef d’oeuvre sur un rouleau manuscrit dans sa cellule de la Bastille, qu’on pourrait enfin atteindre un tel degré de raffinement sans finir sa vie au cachot.

*gramme

2 commentaires Voir les commentaires

  • pauvre marquis.. s’il savait ce qu’on trouve aujourd’hui sur internet, il se retournerai dans sa tombe. sinon, sniffer du sperme.. mouai. je suis pas tenté personnellement. mais faut pas mourir idiot ;)

  • Je m’étais dit que passer mon dimanche matin ici allait me détendre et je viens de péter un cable à cause de cet article.

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