Septembre 2012 – Lola

Lola Parfaite Keffer

Née : 
1992

Ville : 
Paris

La première image qui t’a excitée ?
J’ai peu de souvenirs datant d’avant mes 15 ans pour tout te dire, volontairement ou pas, j’ai dû balayer cette période pas top. Mais je me souviens que les premières fois où j’ai senti qu’un truc chelou m’arrivait, c’était provoqué par des images « lesbiennes », les gros zizis que je voyais dans les mags pornos du grand frère de ma bff je trouvais ça moche et pas franchement excitant, c’était juste drôle, ce qui me faisait vibrer c’était le suggéré, la tension sexuelle…

La première fois que t’as vu du porn ?
C’était une K7 qu’on avait dû trouver avec les magazines cochons du grand reuf encore (ça commence souvent comme ça hein), je devais avoir 10 ans, j’avais une télé magnéto dans ma chambre et on se l’était matée un soir avec elle, je me souviens juste d’une scène : des meufs en prison qui jouaient à touche-pipi, elle trouvait ça chiant et voulait mettre stop, moi, la culotte humide sans savoir vraiment pourquoi, j’avais envie de lui faire des bisous. C’était mignon quand j’y repense.
Plus tard, l’été j’allais chez ma grand-mère, j’attendais le soir pour retrouver Emmanuelle, je me touchais pas, rien, j’allais me coucher et là sous ma couette je partais à la découverte de ce truc chelou que j’avais entre les jambes, et j’ai vite compris comment ça marchait.

Et maintenant ?
Aujourd’hui, ça a bien changé. Putain d’Internet. Y’a tout ce que tu veux, et en même temps rien. C’est en partie pour ça que je passe rarement plus de 20 min devant mon écran, la main sous la couette. Je cherche un peu, je tape un ou deux tags, je mate l’aperçu, je repère un passage pas trop mal et hop. Je fais ça avec deux ou trois vidéos et c’est fini. En vrai, je crois que je fais ça uniquement quand je suis seule et que j’en ressens vraiment le besoin. Le sexe, l’amour, j’aime le faire, mais avec quelqu’un, quelqu’un que j’aime. Je suis une sale romantique-de-merde souvent, contrairement à ce qu’on pourrait croire si on parcourait mon historique.

T’as des tags en particulier ?
J’ai presque un rituel… Je me mets à l’aise avec un #lesbian (retour aux sources), je fais rien, je regarde juste, j’aime bien la frustration, ça m’excite carrément, puis je passe tout de suite à un truc plus violent pour enfin « avoir le droit » de me toucher, ça va de #gangbang ou #dp à #punishment ou #extremepeuimporte, faut que ça fasse mal un peu, ça m’excite ces trucs, je sais pas pourquoi. Parfois, après avoir eu ce que je voulais, je remate, et ça me saoule, la magie a disparu, sad story.

Tu t’exposes pas mal et tu t’en caches pas, que ce soit dans des clips ou pour nous dans la vidéo Lola Hoop. C’est une façon de t’affirmer, d’assumer ton corps, juste de te faire de l’argent ?
Aucun des trois je crois, j’ai pas eu besoin d’Internet pour m’affirmer et assumer mon corps, je me suis presque toujours trouvée plutôt pas mal, j’ai jamais douté de mes qualités physiques, bien sûr y’a des choses que j’aime pas (mes seins par exemple, ou mon ventre barbapapa) mais je les assume, on en a tous, et pour moi une personne pas top physiquement mais épanouie sera toujours plus belle qu’une autre 10 fois mieux mais ennuyeuse et sans aucune confiance en elle.

De toute façon, j’irais pas jusqu’à dire que je suis « sapiosexual », mais en termes d’attirance, c’est l’intelligence, la maturité et la culture qui prime. Pour ce qui est de faire des photos, des clips, etc, c’est de l’argent de poche et du loisir. Je fais ça pour rire, avec des gens que j’apprécie ou pour des projets que j’apprécie, voire les deux (si, si, ça arrive).

Ces vidéos marchent bien, ça te ramène des relous ? J’ai vu que tu te clashais de temps en temps avec des filles sur Twitter
Je ne dirais pas que ça me ramène des relous, en fait, ça me distrait plus qu’autre chose. Comme j’disais juste avant, j’en ris, ça m’amuse tout ce bruit pour rien. Et pour les clashs, c’est pareil, elles prennent ça archi au sérieux, comme leur réputation internet, moi je m’en fous, je balance des piques parce que je suis une sale gosse et je ricane derrière mon clavier, la bêtise me fait pleurer parfois, mais en général ça me fait surtout rire. Pour faire simple, seules les critiques venant de personnes pour qui j’ai de l’estime m’atteignent.
Et pour ce qui est de mon mec, c’est pareil, je pense pas qu’il me dise tout ce qu’il pense mais ça le dérange pas, c’est un mec bien, vraiment, il sait qui je suis, ce que je vaux. Parfois il nous arrive même de lire les commentaires des vidéos me concernant en se marrant.

Quel est le plus beau bouli du moment ?
Celui de mon mec, aha. Non, vraiment, je vais pas faire plaisir à tout le monde en balançant des noms que tout le monde attend. Y’en a tellement, je peux pas choisir, y’a des p’tits trop mougnous et des gros trop wooooh. Alors je vais remettre le prix du plus joli bouli à la meuf que j’ai vue tout à l’heure sur la plage, il était un peu plus gros que la moyenne et bien ferme, tout mignon.

Le meilleur morceau pour baiser ?

Tout dépend de mon humeur. Je suis archi éclectique dans ce domaine, j’écoute du Schubert comme du Waka Flocka et j’y vois aucun problème. Mais en général, j’aime quand c’est doux. La meilleure réponse sera sans doute le dernier son sur lequel j’ai pris un pied incroyable : Frank Ocean – Pink Matter (l’orgasme à 2:30, c’était beau).

Ça serait le même pour la BO d’un porn, ou c’est deux concepts différents ?
Je t’aime beaucoup mais tu m’emmerdes avec tes questions ; mais c’est clair qu’à mes yeux, ce sont deux concepts différents, j’ai aucune idée de quel son je mettrais, aucun je crois bien, il faut juste que la meuf gueule pas trop, et que le mec l’insulte comme il faut.

La meilleure dope pour baiser ?
Amoureuse de la verdure, c’est elle que je choisis pour faire l’amour. Un joli threesome.

Et pour un porn ?
Pour regarder, je garde la verdure et je rajoute un verre de vin ou quelques gorgées de rhum entre deux séquences.

On te file une caméra et on te dit de filmer une scène, ça ressemblerait à quoi ?
Je suis tellement perfectionniste que je serais derrière et devant la caméra histoire d’être sûre que ça colle parfaitement à ce que j’imagine dans ma tête. Quelque chose d’intime, qui mêlerait tous mes kiffs sexuels : un peu de violence, une pincée de tendresse, des éclats de dirtytalk et des bisous sur les fesses. En fait, ce serait une jolie sextape.

Pourquoi être parfaite ?
Parce que je suis bonne, voilà.

© Photo par Keffer

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