C’est quoi ton porn Henry Michel ?

Chaque rapport au porn est différent, chaque fap est unique et personnel. Fort de ce constat, on a décidé d’aller demander à des gens qui font l’internet (et plus) quel était le leur. On commence cette nouvelle série par Henry Michel : internaute, blogueur, écrivain, père, présentateur de Cannes Inside et de l’émission culte que vous n’avez malheureusement jamais entendue Riviera Detente.

Alors, Henry Michel il est comment ton porn ?

CMB !

La première scène (ou film) qui t’a marqué ?
Je fais partie de cette génération qui a découvert le hard par le biais du porno de Canal +. Ce qui est intéressant, c’est que pour tous les gars de notre âge, notre filmographie a commencé par les même films, la même prog mensuelle, pendant au moins deux trois ans. On se filait les VHS cachées dans des boitiers de jeux PC. Le premier film atterri dans le magnéto de chez mes parents, New Wave Hookers II de Gregory Dark. La première scène qui m’a marqué était dans ce film. Un pimp possédait un appareil transformant n’importe quelle femme en nympho sans inhibition, et leur réalité était déformée. La première scène m’ayant marqué montre une de ces prostituées hypnotisées rentrant dans un taudis où un demi-clodo dégueulasse l’accueille et lui fait la totale. Mais dans la tête de la fille, c’est un prince charmant. Est-ce le symbole de la pornographie ? De la drogue ? Ou de l’amour tout court, ce pouvoir de transformation de la réalité en un truc vachement plus sexy ? Je n’ai pas la réponse, mais ça me rappelle cette vieille blague, où un détenu se branle dans sa cellule, puis se sert un verre d’eau marron au lavabo et crie, avec un large sourire : “Après les filles, CHAMPAGNE !”.

La dernière scène que t’as vue ?
Ça devait être ce truc sordide chez Jacquie et Michel où le crew vient essayer des canapés cuir et embarque dans ce fol essayage les commerciaux du Canapé Center, qui n’arrivent pas à bander. J’ai beaucoup de mal à me situer dans ce paysage, j’ai été biberonné aux porns américains et fluos, et en voyant ces pauvres filles se faire besogner dans ces canapés grinçants, j’avais envie de leur prêter l’appareil magique de New Wave Hookers pour dissiper leur peine.

T’en regardes souvent ?
Je ne suis plus trop dans le game. Je ne télécharge plus que quelques vins fins. Cette phrase est dégueulasse.

Tes tags ?
French, Italian, latina, bahia, coed, roommate, perfect, most et best. Je préfère l’amateur à 95%. Les superlatifs donnent toujours de beaux résultats, soit parce qu’ils sont justifiés, ou dans le cas contraire c’est que le gars est très très amoureux de sa nana et c’est mignon.

Ton tag parfait ?
Je suis tombé seulement deux trois fois sur des vids amateur où, dans un wagon de train ou une chambre de campus, un couple baise devant la coturne qui bouquine ou fait de l’ordi tranquillou. J’ai trouvé ça absolument hilarant et très excitant. Donc je cherche encore à retrouver ces vids. Ça doit être un truc du genre couple fucking in front of roommate ou un truc comme ça.

Tu as des tags interdits ?
Rien d’original, tout ce qui est child porn, je suis pas amateur des physiques androgynes, des filles qui pleurent en le faisant, vomissent, font caca, ou tout autre truc qui nécessiterait un nettoyage de deux heures après le tournage.

Un real préféré ?
John Stagliano. Period. Le gonzo californien, la San Fernando valley, les t-shirts Santa Cruz, ces 90’s californiennes, l’époque sur laquelle je suis le plus savant, une mentalité complètement dingue, et dangereuse, des filiations consanguines avec les premieres prods videos de skate, un univers de came et de gens complètement allumés. Tous les buttman sont à pisser de rire. Buttman’s and Rocco’s Brazilian Butt Fest reste un de mes films préférés. Les frontières sont complètement floutées entre le scripté et le non scripté, dès le début du film ils arrivent dans leur chambre d’hotel et Nacho Vidal se jette sur une fille hilare, encore aujourd’hui je doute que cette scène ait été vraiment prévue. Ça sent la roue libre, et tout le monde est au taquet. Et j’adore le grain video de cette époque, genre Hi8, qui redevient grave à la mode.

Tu as des acteurs ou des actrices préférés ?
Désolé d’être old school, mais pour moi personne ne peut détrôner Rocco. Il a tout d’abord connu toute l’évolution du porno de ces 25 dernières années. Il a connu l’émergence du gonzo US avec Stagliano, les prods françaises en costume, puis l’avènement des productions d’Europe de l’Est, il a été dans toutes les barques, et traînait avec lui une réputation et un aura de fou. Et malgré son coté pilonneur, il y a toujours ce côté latin un peu désuet, ce côté blondinet transalpin. Il ne vit que pour ça. Il n’est pas dans la finesse, il n’est pas intellectuel, c’est un monstre de foire qui n’a vécu et ne vit que pour le sexe, au détriment de tout le reste. Un vrai martyr au sens étymologique du terme, un témoin, un type qui s’est exposé à tous les dangers pour vivre sa croyance, aussi triviale soit-elle.

En femme, Belladonna, quasiment pour les mêmes raisons. J’ai toujours ce vieux rêve qu’elle fasse une production romantique. Juste une, pour déconner, ça serait la plus grande des subversions de sa part. Genre bisous bisous, avec un seul type, mascara waterproof qui coule pas à la fin et tout.

Quel aurait été ton pseudo si tu avais fait du porn ?
John Riviera.

8 commentaires Voir les commentaires

Laisser un commentaire