Twisted Vision, du porn comme de la came

Il y a le bon porn et le mauvais porn, le premier est la partie immergée de l’iceberg, le reste représente malheureusement la grande majorité de la production, si on se réfère aux vidéos disponibles sur les tubes – car c’est ainsi que nous le consommons. Trouver un bon porn revient à trouver de la bonne dope, soit se farcir les délires étranges de dealeurs sans scrupules, capables de couper leur came avec de la chiasse de pigeon ou de tourner des porn avec du lub périmé. Le porn, c’est de la blanche, et le bon porn, ça en est dramatiquement de la bonne avec toute l’addiction (et le plaisir) qui va de pair. Les enfants, ne touchez pas à cette merde !

Red Light Disctrict, fournisseur de gonzo de qualité.

Voilà plus de cinq ans que les tubes ont changé notre façon de consommer du porn, cinq ans qu’on perd notre temps à trouver la perle rare et à tragiquement retomber sur les mêmes scènes ; l’utopie du tag parfait. L’autre jour, j’écrivais un bon fappeur sur les débuts de Rebeca Linares – avant que la chirurgie ne joue les faussaires de la séduction – et comme mes connaissances en matière de porn restent somme toute assez sommaires (c’est loin d’être une passion, plus un moment de détente doublé d’une grande curiosité), je suis allé me rencarder de quelle prod il s’agissait. La vidéo était toujours aussi efficace des années après, et je découvrais que c’était (encore) chez Twisted Vision, une série qui avait déjà ses petites habitudes dans notre rubrique. Avec cette façon toute particulière de filmer, du vrai POV, grand angle, sale, tendu, le truc qui te fout les boules, flippé sur ton siège.

Le combat entre l’homme et sa machine

La série Twisted Vision appartient au studio Red Light District fondé en 2001 par Dion Giarrusso – un ancien cadre d’Elegant Angel – avec son demi-frère David Joseph. Ils se placent alors sur le créneau gonzo hardcore (relativement frais à l’époque) en misant sur des filles naturelles. En 2003, l’acteur Michael Stefano monte avec sa future femme le studio Platinium X Pictures qui sera financé par la maison mère Red Light District. Le concept des deux studios était de faire réaliser des films par les acteurs (dont Manuel Ferrara, Erik Everhard ou Lexington Steele) et de partager les recettes. En 2004, le patron se casse et refile le bébé à son demi-frère. Fin 2004, le studio réalise le coup de sa vie en sortant 1 Night in Paris la sextape de Paris Hilton, ils pètent alors le plafond, escaladant comme il se doit des montagnes de cocaïne. Mais en 2006, ça roule la merde, les réalisateurs se sentant lésés quittent le navire pour aller voir du côté de Jules Jordan ou Evil Angel et d’autres productions. Depuis, le studio continue sa petite vie, mais fait moins parler de lui, donc on s’en fout. Ça c’était pour la partie Wikipedia de l’article, histoire de vous situer le contexte.

La série Twisted Vision (en 7 épisodes) a été réalisée et produite par Michael Stefano entre 2004 et 2008, c’est-à-dire à l’apogée du studio, au moment où il pleuvait des billets verts. On y retrouve nos stars, vos stars, vos meufs : Sasha Grey, Alexis Texas, Kristina Rose, Lexi Belle, Rebecas Lineras, Tori Black… toutes à leurs débuts, quand la nouvelle vague des girls next door a déferlé dans nos faps (et sur les tubes), laissant une empreinte indélébile dans nos coeurs. La particularité de cette série est de squatter depuis des années les meilleures places des tubes, tous les tubes. Vous avez forcément dû voir cette scène, celle-ci ou celle-là. Par on ne sait quelle magie, ou tout simplement parce que David Joseph n’en a rien à secouer, les vidéos restent en ligne. À moins que les fappeurs du monde entier soient si attachés à ces scènes qu’ils les uploadent frénétiquement dès qu’elles disparaissent, et ils ont raison, tout le monde a raison dans cette affaire.

Du porn comme de la came

Un rédacteur du Tag testant la pureté d’un porn

Les POV de Twisted Vision ont cette alchimie qui différencie le bon du mauvais porn. C’est difficile à décrire, c’est de l’ordre de la sensation. Une fille qui te mate dans les yeux et t’attise dans une vidéo c’est finalement assez rare, c’est pour ça qu’on est si exigeant et qu’on veut que notre porn frôle la réalité, en espérant qu’il la dépasse. Le mauvais porn, tu le regardes avec un sale goût d’inachevé dans la bouche, tu fappes mécaniquement et tu oublies. Le bon porn, tu le vis, t’es avec lui ; la fille devient ta meuf en mieux, c’est l’aventure. Un terrible produit avec une empreinte temporelle, c’est de la coke non coupée, celle qui te donne envie de pénétrer les choses. Pas de pénétrer quelqu’un, non on est déjà bien au-delà ; pénétrer la vie, y plonger, s’y accrocher, tourner autour, entrer en lévitation dans une affolante spirale et exploser au sommet. Ce foutu ascenseur émotionnel qui dure entre 7 et 15 minutes. C’est ce besoin d’en vouloir toujours plus, rester scotché au fond de son siège, teub à la main, dans cette dimension mentale qui annule le temps et l’espace. La petite tragédie de nos vies solitaires.

Si Twisted a su en plus de produire du gonzo de qualité, se démarquer et squatter nos souvenirs, c’est que sa came a toujours été disponible gratuitement sur les tubes (involontairement ou non – peu importe), comme un malicieux fournisseur qui te ferait goûter gratos son produit avant de t’accrocher (à vie). Les tubes sont un formidable et redoutable outil de promotion, encore très peu de studios de qualité (à part la clique Manwin dont les tubes sont la priorité numéro un, ou des studios indépendants comme x-art ou kink.com) ont pleinement compris leur intérêt. Car, nous, peuple de l’internet, on ne va pas aller comme des fanatiques attendre les dernières sorties de Jules Jordan ou je ne sais quel studio pour savoir ce qui s’y passe, on préfère taper des tags et attendre que le Dieu Internet nous prépare le menu.

Pour connaître Twisted Vision – à moins de tomber dessus par hasard – il faut être sacrement bien informé, et comme la presse porno est aussi intéressante que Chasse et Pêche quand on est un pêcheur du dimanche, on se fie aux avis des autres, à leurs pouces et à leurs coms sous les vidéos. Le porno est chez nous plus une envie qu’un besoin, on suit donc le courant, celui du hasard ou des autres.

Comment mettre en relation consommateurs et dealeurs

Plan marketing

Si j’étais un studio, dans la masse hallucinante de vidéos que je produirais, j’irais mettre sans complexe mes meilleures prods avec des tags bien sentis sur les tubes en full HD. J’irais faire kiffer tous ces fappeurs qui ne veulent pas mettre de l’argent mais qui vont se rappeler de moi car mon nom (watermarké comme il se doit) sera associé (à vie) à du bon porn. Je les respecterais, je mettrais les versions entières pas les 5 minutes pour les camionneurs pressés. J’irais sans problème truster les top rating, car je me démarquerais du reste de la masse informe et pénible. Je changerais par là même, avec ces échantillons gratuits, un peu les tubes car ils sont devenus un tel ramassis de vidéos produites à la va-vite, qu’on finit par retomber dans le tag #homemade pour chercher encore un peu de fraîcheur. L’avenir est là, foncez, qu’on puisse un peu se branler sur le présent et pas rester éternellement coincé au milieu des années 2000 avec des actrices qui partent une par une à le retraite, qu’on renouvelle nos réf. et qu’on fasse un bout de chemin ensemble.

Heureux et satisfait d’une belle jouissance, je me mets à rêver à des lendemains chantants, des tubes quali, des faps en or et un renouvellement d’actrices qui feraient autre chose que du porn sur fond blanc (poke les dernières sorties du moment). J’ai envie de retomber amoureux, de découvrir des petites dans des POV où la tension est star, où ce gonzo de luxe me fait traverser l’écran, pour atterrir dans une autre vie ; dans cette parenthèse éveillée et artificielle où l’on se vautre avec délice, en tutoyant les cieux et l’éphémère.

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