Cindy Gallop, cheftaine de Make Love Not Porn

New York > Manhattan > Chelsea. La carrière de Cindy Gallop ressemble à une suite d’équations. Cette businesswoman [féministe] de 52 ans a grandi dans la pub. Sourire facile et mot juste, chacune de ses phrases prend la forme d’un concept. Tom Ford > Gucci > Yves Saint Laurent. Dans son Black Apartment, les bibelots tape-à-l’œil et les chaussures griffées se ramassent à la pelle. Une baignoire carrelée noire donne sur le salon. Appel à la luxure. La méridienne au tissu sauvage chuchote ses petits secrets. Luxe. Rien à voir avec le design girly du site Make Love Not Porn que Cindy Gallop a lancé il y a trois ans. Ici, va-t-elle nous expliquer, les internautes peuvent comparer monde réel et monde porno avec liberté et #humour.

Pour commencer, peux-tu retracer rapidement ton parcours professionnel ?
Je suis allée à l’Université d’Oxford où j’ai étudié le théâtre qui est devenu une vraie passion. Puis j’ai travaillé dans le secteur du marketing, au Royaume-Uni, avant de me réorienter vers la pub, qui est le pan prédominant de ma carrière. J’y suis restée 26 ans. Aujourd’hui, je suis un entrepreneur et j’ai deux affaires, des sites Internet : If We Ran The World et Make Love Not Porn.

Quel est le concept de Make Love Not Porn et d’où t’est venue cette idée ?
Je sors avec des hommes qui ont la vingtaine, ce dont je ne me cache pas. Ce sont eux qui m’ont fait prendre conscience de l’omniprésence rampante de la pornographie dans notre culture. Aujourd’hui, le porn circule plus librement qu’avant. Les enfants y ont accès de plus en plus tôt… Nous avons une génération entière qui grandit en confondant pornographie et sexe. Et c’est exacerbé, d’autant plus que nous vivons dans une société où nous avons tous des rapports sexuels, mais où personne n’en parle. La plupart du temps, les parents sont très embarrassés d’aborder cette question, et à l’école, on rencontre des problèmes quand on essaie de combler ce manque, particulièrement aux USA… Le porn hardcore est devenu par défaut l’éducation sexuelle actuelle et ce n’est pas une bonne chose. Quand j’ai compris ça, j’ai décidé d’agir. J’ai mis en place un site Internet très simple permettant de comparer le porn et la réalité, ce qui arrive dans un monde et dans l’autre. Attention, Make Love Not Porn n’est pas un site anti-porn. Je regarde moi-même des films X. Ce contre quoi je lutte n’est pas la pornographie, mais le manque total de discussions saines et décomplexées autour du sexe.

Peux-tu me donner un exemple de Porn World vs Real World, ton préféré ?
Porn World : les femmes n’ont pas de poils pubiens ; Real World : en fait, certaines aiment se raser, d’autres pas du tout, et beaucoup d’hommes adorent les poils ! Les femmes devraient assumer leur choix, quel qu’il soit. Finalement, mon site repose sur un principe basique et fondamental à la fois : des personnes aiment telle pratique, d’autres non. Et il faut faire la distinction entre les codes de la pornographie et la réalité.
Tu as déjà répondu en partie, mais pourquoi ce désir de démocratiser un tel sujet ?
Casser les tabous ! 99,9 % du porn mainstream est fait par des hommes pour des hommes, si bien que n’importe quelle scène vise à satisfaire le plaisir masculin. J’ai 52 ans, et quand je couche avec quelqu’un, il est très important que je jouisse au moins une fois. Sans quoi la partie de baise est un échec. Dans mon cas, cet échec n’est pas lié au caractère de mes partenaires, ils ne sont pas d’horribles égoïstes, au contraire, mais à ce que le porn leur a enseigné, un langage du corps qui tourne autour d’eux. Il y a autre chose que l’on passe sous silence… Ça m’amuse quand les gens disent regarder des films X, parce que personne ne « regarde » des films X, tout le monde se branle, ce n’est pas un programme de divertissement anodin. Et ils ne réalisent pas combien il est facile de devenir accro au porno. Par exemple, j’ai demandé à un mec de 27 ans quelle quantité il en consommait au quotidien. Il m’a répondu : « Très peu, très peu… Juste deux heures par jour. ».

Deux heures par jour, c’est pas mal.
Oui, au début j’étais surprise, mais en fait, ce n’est pas grand-chose, comparé à ce que m’ont avoué d’autres. Lorsque tu regardes cinq ou six heures de porn et que tu te masturbes non-stop, tu es tellement pris dans ton jeu de plaisir solitaire que tu t’habitues, et il arrive souvent que tu ne puisses plus jouir dans une femme, dans sa bouche, sa main ou que sais-je. Tu as donc besoin de te finir en branlette. J’ai déjà connu ça ! Bien sûr, je fais la différence entre la masturbation qui fait partie du rapport sexuel, du processus d’excitation, et cette masturbation-là, mécanique. Un de mes collaborateurs, le Dr Ian Kerner [surnommé « The Sex-Doctor to Generations X & Y », dixit Wikipedia], a un site, goodinbed.com, qui est lu par beaucoup de femmes ; il se base majoritairement sur le récit de ses patient(e)s. Il a un terme pour ce problème d’éjaculation, il l’appelle : « An idiosyncratic masturbatory syndrome » [la masturbation idiosyncrasique ou l’éjaculation retardée]. Quand ce phénomène apparaît dans un couple qui s’aime, ça rend évidemment les deux parties malheureuses.

Quelles sont les réactions des gens face à Make Love Not Porn ?
Les retours sont extraordinaires. J’ai été chanceuse parce que j’ai pu lancer le site lors d’une Conférence TED. Et j’ai pris la liberté d’être très explicite dans mon discours de présentation, sachant que le public de TED ne s’intéresserait pas à cette thématique à moins que je ne sois directe. Au final, tout le monde a été attentif et réceptif. Quelqu’un m’a dit : « C’est la première fois que les mots “jouir sur mon visage” sont prononcés six fois d’affilée sur la scène de la Conférence TED ! ». Ça m’a permis d’avoir une bonne publicité. Actuellement, sans aucune promotion, Make Love Not Porn engrange trois mille visiteurs par jour et la fréquentation se répartit sur une centaine de pays, selon des combinaisons très intéressantes. Après les USA, la seconde source principale de trafic provient de Chine, et la troisième est l’Inde. Je ne sais pas pourquoi. Plus fou encore, je reçois des emails tous les jours de la planète entière, de la part d’hommes et de femmes, de jeunes et de vieux… Ça me donne une certaine responsabilité et l’envie d’aider.

Tu gagnes de l’argent ?
Depuis la création du site il y a trois ans, je n’ai récolté aucun fonds. Ma principale start-up, qui me permet de faire des bénéfices, est If We Ran The World. Make Love Not Porn est un concept global, du moins il tente de l’être, mais je n’ai pas encore réussi à gérer ce projet de façon proactive.


Ta démarche est-elle féministe ?
Je suis une féministe rampante ! Mais mon approche est surtout universelle. Je dois souvent expliquer aux gens que Make Love Not Porn s’inscrit dans la logique de l’égalité des sexes. Beaucoup croient en effet que je ne m’adresse qu’aux hommes. C’est faux, je m’adresse aux deux, car les femmes sont autant influencées par le porn que le sexe opposé. Il y a une semaine, une jeune fille de 21 ans m’a écrit un email qui commençait ainsi : « I want to make love not porn, but I don’t know how ». Elle m’expliquait ensuite qu’elle avait commencé à regarder du porn vers 11-12 ans, avant même d’avoir compris ce qu’était le sexe, de le pratiquer, et qu’il était étroitement lié à sa vie sexuelle.

Fais-tu un tri dans les propositions des internautes ?
Oui, mon équipe et moi étudions toutes les propositions avant de les publier, ce qui prend du temps. C’est difficile ; je n’ai jamais eu l’occasion de développer davantage le site, faute de moyens…

Tu travailles sur le projet makelovenotporn.tv, n’est-ce pas ?
Hum… Pour être honnête, à partir de maintenant, il y a certains points que j’aimerais aborder avec toi off the record, je le mentionnerai le cas échéant. Normalement, je ne fais pas ça, car je suis une publicitaire qui pense que plus on partage, mieux c’est… Excepté lorsque cela concerne le sexe !

Pourquoi ?
Parce qu’on ne perçoit pas le sexe avec objectivité. On se base sur ses peurs, ses ressentis, son vécu… J’ai bien un projet dans la continuité de Make Love Not Porn, une plateforme vidéo à propos de laquelle je préfère rester discrète pour le moment, n’ayant pas envie que mon équipe et moi soyons perturbés par une pression extérieure, que nous ayons à subir des attaques, des insultes. C’est aussi pourquoi nous ne pouvons pas encore donner de date de mise en ligne de makelovenotporn.tv. Bref, d’ordinaire, je ne recommande pas de manager plusieurs start-up de front, mais avec Make Love Not Porn, je n’avais pas le choix, je n’ai pas trouvé ce projet, c’est lui qui m’a trouvée. J’ai réfléchi longuement à comment le rendre utile et didactique, et aussi mainstream et massif que le porn. J’aimerais socialiser le sexe de la vie réelle, l’emmener sur le terrain des réseaux sociaux. Avec Make Love Not Porn et ses différentes branches, j’aimerais accomplir au XXIe siècle ce que Hugh Hefner a accompli avec Playboy au XXe siècle : le faire accepter et créer une plateforme où l’on puisse partager ouvertement. J’aimerais redéfinir le sens du mot porn et aider à réinventer son futur. Tous les problèmes que rencontrent des entrepreneurs dans un domaine classique sont démultipliés lorsqu’il s’agit du sexe. C’est ironique parce que je m’oriente vers un secteur très lucratif, mais personne ne veut me financer ! Quand le mot sexe ou porn est associé à un projet, on vous fuit, surtout ici aux États-Unis. Ça fait quatre mois que j’ai réuni tous les fonds, mais ça m’a pris deux mois entiers pour ouvrir un compte pro et obtenir un chéquier auprès d’une banque. J’aurais pu me cacher derrière une holding company comme le font mes amis du porn, mais je tenais à être transparente sur toute la ligne. À chaque fois que je rencontre des obstacles, ça me conforte dans l’idée que je dois continuer.

Qu’est-ce qui te dérange dans le porn d’aujourd’hui ?
Le porn est tellement répandu qu’il en est devenu conventionnel. Il est régi par des codes pesants qui l’ont rendu répétitif et ennuyeux. Il y a une sorte de « compétition collaborative » : tout le monde concurrence son voisin, mais en reproduisant la même chose ! Le business model est altéré ; à l’instar de celui de la musique, de l’audiovisuel ou de l’édition… J’ai confiance en mon projet d’extension de Make Love Not Porn. Et j’aimerais que les autres me copient. Ça prouverait qu’il existe plus d’un schéma dans le business du sexe.

Pop Hard

Tu as avoué regarder des vidéos porno. Quel genre ou quels tags aimes-tu ?
J’ai du mal à trouver du porn qui me plaît vraiment. Quand j’ai envie de me faire jouir, je suis obligée de visionner des films faits par des hommes pour des hommes, mais je ne peux m’empêcher de poser un regard féminin. Si bien que parfois j’analyse des positions et je me dis : « Là je sais que ça fait mal ; je sais que dans deux minutes la nana va avoir une crampe, qu’elle est au bord de l’agonie ; je sais que rien dans cette situation ne peut lui procurer un orgasme. ». Instantanément, l’excitation retombe.

Aucune autre option ?
J’ai une amie, Lucy Vonne, qui a un super blog, Sexy Blogtime. Elle fait une faveur à toutes les femmes. Elle a cette rubrique, Porn stud of the week, elle y met en lumière les hommes les plus sexy du porn. Charles Dera par exemple… Tiens, j’ai vu tous ses films sur Digital Playground ! Ce que je voudrais, c’est que la caméra se balade le long de son corps, qu’il y ait des plans où il se masturbe seul, et beaucoup d’autres où on le voit baiser. Mais c’est l’exact opposé : la caméra ne filme que le corps de la femme, c’est elle qui masturbe Charles Dera et on ne voit que ses réactions à elle quand ils couchent ensemble. Idem lorsqu’il participe à un gang bang, je le vois à peine ! Du coup, je regarde du porno gay ; il y a des mecs sexy, bien foutus, avec des grosses bites. Ce n’est pas exactement ce qui m’attire, mais ce qui s’en approche le plus. Je ne suis pas non plus une énorme fan du porn fait par les femmes pour les femmes, ou des films trop narratifs, trop mielleux. Je construis donc une plateforme pour répondre à mes attentes !

Quel est ton rapport à Internet ?
Eh bien, j’adore ! Je suis une droguée de Facebook et Twitter. Mais les réseaux sociaux ne sont que le prolongement technologique des instincts de l’être humain, de son envie d’échanger, d’être aimé. Je suis faite pour les réseaux sociaux et vice-versa. Des années avant leur démocratisation, j’aimais déjà fréquenter différents groupes d’amis et mettre en relation des gens, dénicher des news et les faire tourner. Dans mon agence de pub, je découpais des articles que je photocopiais et partageais, comme sur Facebook ! Internet a juste facilité les choses.

Et selon toi, quel est le rapport de la jeunesse à Internet ?
Le Web 2.0 fait partie de leur quotidien. C’est un mode de vie, une façon de grandir. En tant qu’entrepreneur dans ce domaine, j’assiste à des conférences et je lis des blogs tous les jours à propos de l’impact des nouvelles technologies sur le comportement humain. Avec Make Love Not Porn, j’explore cette problématique à travers l’aspect prédominant du comportement humain : sa sexualité.

Tu as d’ailleurs publié un livre dans la série TED Books : « Make Love Not Porn: Technology’s Hardcore Impact on Human Behavior ».
Oui, le principe de ces livres numériques est qu’ils sont très courts et expliquent des concepts avec efficacité.

C’est TED Books qui est venu à toi ou l’inverse ?
En fait, je participe aux conférences TED depuis dix ans environ. Je connais bien ses membres actifs.

Come to mummy

Les jeunes d’aujourd’hui sont-ils très différents de ceux d’hier ?
Ils ont grandi autrement. Je suis époustouflée par la génération Y, elle est ambitieuse, elle remet en question les règles de l’ancien monde et veut s’intégrer au nouveau. Je n’étais pas aussi entreprenante et créative au même âge. Le leitmotiv de ma génération était : « Va à l’université et décroche un job. », celui de la tienne est : « Tu as toutes ces idées, fais en sorte qu’elles se concrétisent, et fais-le par toi-même s’il le faut. ».

Tu as été invitée à la Sex Week de la Faculté de Yale ; en quoi consiste cette semaine ?
Elle existe depuis quelques années. Elle a été mise en place à l’initiative du corps étudiant, afin de récuser l’idée selon laquelle la Faculté de Yale était une institution masculine, de permettre aux femmes d’exprimer leurs ressentis et d’aller dans le sens de l’égalité des sexes. Il s’agit d’un espace et d’un temps pour le débat. Cet événement a d’ailleurs été assez controversé sur le campus.

Tu voyages beaucoup, mais tu vis à New York. Dirais-tu que cette ville est sexuelle ?
[Rire.] Oui, New York est sexy ! Et dans un sens, chaque grande ville est sexuelle. Les métropoles dégagent une énergie, une odeur, de la même façon que chaque personne est sexuelle.

Tu m’as expliqué que tu sortais avec des hommes plus jeunes que toi. Qu’est-ce qui t’attire chez eux ?
En fait, j’ai commencé à sortir avec des hommes plus jeunes par accident. Il y a dix ans, dans l’agence de pub où je bossais, nous avons eu un client, un site Internet de rencontres online qui voulait s’exporter aux USA. Quand tu dois établir une stratégie publicitaire, il faut évidemment tester le produit. C’est pourquoi je me suis retrouvée à créer un profil sur ce site, comme mes collègues. Eux étaient tous en couple, ils ont donc inventé des personnages. Moi j’étais célibataire et j’avais cette excuse professionnelle pour jouer le jeu. J’ai été honnête de A à Z, y compris concernant mon âge. J’ai eu une avalanche de réponses ! Très bon pour l’ego ! Parmi ces prises de contact, environ 75 % provenaient d’hommes plus jeunes, bien plus jeunes. À l’époque je voulais prendre du bon temps, ce qui allait de pair avec ma carrière : les sessions de travail qui se finissent tard dans la nuit, les voyages… Sortir avec des garçons de 20 ans signifiait pas d’engagement. Au vu des possibilités qui s’offraient à moi, je ne pouvais que me dire : youpi ! Et j’en ai profité. J’ai ensuite rencontré quelqu’un via ce site qui, ironiquement, n’avait que deux ans de moins que moi. Nous sommes tombés fous amoureux. Il voulait m’épouser. J’ai refusé. J’ai mis fin à notre relation et j’en ai été très triste, je sais que je l’aimerai toute ma vie. Après ça, je n’avais pas besoin d’une autre relation, mais de m’amuser… encore…

Tu te considères comme une #cougar ?
Oui, absolument, mais au début, je rejetais le terme « cougar » car je le trouvais négatif et préjudiciable. Je prévoyais même d’inventer un nom alternatif. Très vite, les médias se sont emparés de ce mot et l’ont fait entrer dans la culture populaire. J’ai fini par l’accepter, mais j’ai décidé de le redéfinir. Les gens m’interrogent souvent sur ma vie sentimentale. Beaucoup en arrivent à des conclusions hâtives, sont persuadés qu’une cougar est une personne intéressée, affamée, qui saute sur les petits jeunes et les dévore. Pas du tout ! Je suis respectueuse. Je ne leur cours pas après, en général ce sont eux qui viennent vers moi. Sur toutes les propositions que je reçois, je suis très sélective, car aussi légère ou occasionnelle soit l’histoire, je ne sors qu’avec des mecs adorables. Pourquoi je parle ouvertement de ma vie privée ? Parce que je pense que n’importe qui devrait adopter le modèle de relation amoureuse qui lui convient le mieux et qui peut évoluer au fil du temps.

Un conseil à donner à la génération Y[ouporn] ?
Je veux que la génération Youporn devienne la génération Make Love Not Porn. Sérieusement, j’essaie d’œuvrer pour la paix dans le monde ! Si les gens faisaient (mieux) l’amour, on ne s’en porterait pas plus mal.

Propos recueillis et traduits par Lula. Photos © Florian Delhomme.

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  • Je déteste l’expression « faire l’amour ». Ça empeste les bons sentiments, la tendresse excessive, les soupirs angéliques, ça évoque l’union sacrée et larmoyante des âmes, des cœurs et du gros intestin d’un couple qui s’aime silencieusement d’amour le dimanche matin quand les gamins dorment encore à l’étage supérieur (je n’ai rien compte, bien sûr, mais qu’on vienne pas me l’imposer sous prétexte qu’il s’agit là, au contraire du porno, de la VRAIE sexualité, saine, harmonieuse et tout le machin des sexologues). Et puis, dans la vie de tous les jours, quand la fille au pubis poilu coïte sauvagement avec deux mecs attentionnés, c’est encore faire l’amour ou c’est du porn ? Même si y a pas de caméraman et de perchiste autour ?

  • Ce qui me dérange, c’est que Cindy Gallop reprend l’idée qu’on puisse devenir « accro au porno », qu’en regardant trop de porn on ne puisse plus jouir, bref les mêmes inepties bien pensantes que d’habitude mais juste de manière un peu plus bankable. Se dire féministe et cougar ne suffit pas pour être crédible, surtout quand on prêche la liberté de choisir et qu’on finit l’interview par « Si les gens faisaient (mieux) l’amour ». Elle se sert du porn pour sa petite publicité sur sa vision du sexe. Venir nous pondre un site pour expliquer que les préférences sexuelles sont le choix de chacun, en caricaturant le porn « porn world : les femmes n’ont pas de poils » « porn world : toutes les femmes aiment le sexe anal », c’est au mieux prendre les gens pour des imbéciles, et au pire omettre toutes les initiatives qui font qu’il y a du porn pour tous les goûts.

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