Seth Gueko « Le cul c’est la vie »

Seth Gueko, c’est le rappeur rabelaisien, le mec qui a trouvé le code Game Genie pour avoir les punchlines infinies. Ça fait un bail que ses sons me percutent les tympans et me chatouillent les côtes joyeuses. On est donc chez moi, à la fraîche, avec Seth Guex et Jack Daniel’s qui vient pallier le froid régnant sur Paris en ce début février. Seth est venu parler cul, c’est son truc et on le sait. On va voyager du Val d’Oise (d’où il est originaire)  à la Thaïlande (où il a ses quartiers), sans artifice, c’est pas le style du bonhomme. Seth Gueko, c’est michto. ZDEDEDEDEX!

 

Tu as toujours fait référence au porn dans tes textes mais c’est vraiment avec le morceau « Bistouflex » que cette culture porn héritée des 90’s s’est véritablement affirmée. Question biographique pour commencer, peux-tu nous parler de ta relation au porn et de la façon dont tout ça s’est mis en place ?
Super  jeune. Je suis le plus petit d’une famille de frères. Quand je ne voulais pas aller à l’école, je me cachais dans leur chambre, je me retrouvais au milieu de plein de bouquins de cul, ils me laissaient regarder, ils s’en foutaient. Il y avait l’Echos des Savanes, Mad Movies et le bac « cul » avec les Newlook et tout ça. Je me rappelle d’une couverture qui m’a marqué, jusqu’à aujourd’hui, une meuf habillée en SM, genre casquette en cuir, entourée de dobermans. C’est une des premières images qui m’ait fait frétiller. Je n’ai pas connu le stade La Redoute, ça a été direct trash. On avait la chance d’avoir le câble, ça passait du gros porno sur la 19 (Ciné Cinéma) le mercredi, le vendredi et le samedi soir. On était une grande famille, je dormais dans le salon, mais je voulais quand même regarder alors je montais tout un stratagème, je ne mettais pas le son et par la grâce du Dieu du cul, y’avait Yo Mtv Raps sur la 13 en même temps alors je jonglais entre les deux chaînes. Quand quelqu’un se réveillait je zappais, on me demandait pourquoi je regardais les clips de rap sans le son ! J’étais grillé.

J’ai plein de réminiscences de cette époque, l’odeur du plastique de la vhs, chauffée par le magnétoscope, c’est ma madeleine de Proust. Quand ça chauffait, ça voulait vraiment dire que je m’étais trop saigné sur le film ! Entre frères on était grillés car il n’y avait pas de touche « rembobinage » sur le magnétoscope, quand le film n’était pas situé au même moment ça voulait dire que quelqu’un avait maté le film… La galère c’était quand tu pétais la bande, j’avais trop peur de casser une cassette de mes grands frères mais au final ça devait les faire marrer.

Aujourd’hui c’est une nouvelle génération, les gamins ont accès au cul par le net. Je me rappelle quand j’étais gosse, j’allais au vidéoclub, dans la pièce des films porno, y’avait même une caméra dedans, je mémorisais toute les jaquettes pour m’en rappeler chez moi et me bistouflex via les souvenirs. J’étais photosensible !

Tu vas t’orienter vers quel type de porno habituellement ?
Le porno soft c’est pas mon truc. S’il n’y a pas une double pénétration, du squirt ou de l’annulingus avec la meuf qui lèche le cul du gars, là je te le dis, franchement, ça ne se lève pas.

Je ne vais pas forcément vers l’extrême car ça reste cool quand même. C’est sûr que pour des culs serrés, ça peut faire peur. J’aime bien aussi le porno chic, Anna Polina dans « Porno Chic » de Dorcel, ça me plait bien. Ca m’évoque toute la génération de Roberto Malone, des films scénarisés, dans des châteaux… Y a toujours Ian Scott dont mon cousin est le sosie habillé. Moi aussi je suis son sosie, mais à poil !

Tu parles de porno français, qu’est-ce qu’il t’évoque ?
Le porno français j’associe ça au porno de Canal+. Pour moi il y a trop le côté « safe sex », trop propre. Ça enlève du naturel. J’aime bien regarder des trucs que je serai amené à faire ou alors carrément pas.

Toute ma vie, j’ai rêvé de gang bangs mais une fois que tu te retrouves en situation, c’est plus pareil, ça m’a moins excité, je suis terriblement jaloux en fait, même mes salopes j’ai du mal à partager. À la limite dans le cadre d’un bukkake je dis pas vu qu’elles se font pas baiser.

ndlr : Bistouflex = Branlette

C’est quoi ta consommation de porn ?
J’aime beaucoup Vince Banderos, MMM100, des petits sites de gonzo français bien salace, tu y achètes des vidéos à 1€50, mais j’ai pas cette démarche d’achat, je récupère les vidéos auprès de mes potes. Sur les tubes, rien que de débarquer sur la page d’accueil avec tous les thumbnails ça me met une érex de ouf. Je suis à donf. On n’est jamais mieux branlé que par soi-même alors je choisis mes petites vidéos en fonction de ce que j’aime.

Tes tags ?
Mon tag du moment, ça reste #squirting, ça m’a longtemps intrigué, je suis sûr qu’il y a des nanas qui m’ont pissé dessus en me faisant croire qu’elles squirtaient !

On m’a dit que dans le dernier album je parlais beaucoup de squirt, de femmes fontaines… Je suis le premier à en avoir parlé. Ce n’est pas une fable de La Fontaine, homme grenouille recherche femme fontaine. Elles sont où ? Les femmes ne connaissent même pas leur corps. J’ai vu un reportage où ils disaient que les femmes purement clitoridiennes, c’était de l’immaturité. Ça me fatigue les nanas qui se mettent sur moi et se contentent de se frotter le clito sur mon pubis. La position de la chevalière, comme le nom de mon premier album, c’est pas anodin ça mon coquin ! J’en ai un peu marre ouais, je dois t’avouer que je suis devenu un patachon, je te cache pas que j’aime bien ma grosse pipe, bien dégueue où ça déglute, là je n’hésite pas à lever les papattes de levrier de compèt et me tenir les orteils prêt à me faire nettoyer la vaisselle. Mais quand il s’agit de baiser, le coup de rein a pris un coup de vieux. Je recherche encore ma femme fontaine, j’ai envie d’ouvrir le robinet, je demande que ça ! L’éjaculation féminine c’est magnifique, c’est quelque chose quand même.

Pour en revenir aux tags, celle que j’ai plus tapée c’est Jada Fire – je viens d’ailleurs d’apprendre qu’elle a raccroché les glands (sic), elle met à l’amende toutes les actrices black un peu datées, Ebony Ayes, Dominique Simone, Purple Passion… mais quand elle s’était mise au squirt elle se faisait plaisir, elle arrosait la caméra, les acteurs en face d’elle, les copines… Je reste très aquatique quand même. Elle fait ce que j’aimerai qu’on me fasse et ce que j’ai envie de voir. Y a Ava Devine et Priya Rai aussi avec son minois de Malaisienne.

Sinon, #blowbang, #dp, #freak, genre un nain qui baise un avion de chasse, mais un nain avec une grosse bite sinon ça ne m’évoque rien. Au final ce que j’aime c’est les gens qui n’ont pas honte de montrer qu’ils s’éclatent, pas la baise surjouée. Mon porno c’est sans fioriture.

Il y a un passif rap/porn, avec Snoop Dogg voire même Doc Gynéco, ça m’amène à te demander à quoi ressemblerait un porno Seth Gueko ?
Je vais te faire voir ma couillasse, c’est juste un petit truc pour m’amuser.

[NDR: Seth sort son iPhone et me balance un POV « fait maison » feat. son zgeg de poulain et une copine s’affairant dessus, ça rigole, c’est bon esprit]

Seth Gueko, il met les mains dedans, il veut se faire squirter dessus, si on ne m’envoie pas une giclette sur le torse, si on m’arrose pas comme un cactus, moi ça ne me branche pas. Je veux du vrai sexe quoi. Et puis faire un porno Seth Gueko, ça permettrait aussi de confirmer la légende.

[NDR: On continue de mater la vidéo, on entend la donzelle balancer un « Je t’aime mon chéri » aux accents exotiques]

C’est de la poésie, c’est sweet mec !

J’ai fait trop de sextapes à droite, à gauche, elles sortiront bien un jour. Toutes les nanas que j’ai rencontré en Thaïlande, elles ont pris des photos de ma bite en me disant « I can get big money with these pictures », moi je leur réponds « Allez-y, mettez les sur le net ». Les gens en général, ils ont peur, ils veulent préserver leur image, moi j’en ai rien à foutre. À un moment donné, ma bite, je vais bien être obligé de la sortir. J’aime bien aller jusqu’au bout du truc. Ce genre de vidéos ça détend l’atmosphère, faut arrêter de se prendre la tête. Y a un côté super pudique dans le rap, tu as à la fois moi, Seth Gueko, le rappeur grivois et rabelaisien, le bon vivant qui va dans les clubs échangistes et et puis y’a des rappeurs pseudo engagés qui disent que je n’arrête pas de parler de ma bite, mais il en faut pour tout le monde. Mon pote Bigard a rempli le stade de France avec des « bites, cul, chattes » !

Pour revenir à ta question, j’aime bien quand l’acteur a une gueule de bagnard, sentir que l’actrice est attirée par un Portugais qui rentre du chantier avec ses mains pleines de Placoplatre. J’aime les femmes qui aiment les grosses bites. Ça ne m’intéresse pas qu’elle ait envie de se faire démonter par un minet qui aurait pu faire la couverture de Têtu. Mes acteurs fétiches : Randy Spears, Randy West, Nacho Vidal, Roberto Malone, des mecs qui ont des gueules atypiques, ceux qui arrivent à avoir du charisme à travers un film de cul. Si je faisais des films, ce serait du Michael Stefano, il fait exactement ce que je veux, toujours le creampie à la fin, du gagging, de la double péné, en plus j’adhère à ses choix de casting.

Y a Max Crad aussi, la caméra-stylo qui met tout en fish-eye, je suis fan. C’est l’œil du cyclope. J’utilise beaucoup le fisheye dans mes clips. Dans le porn ça permet au mec mal monté d’apparaître comme une sacrée monture. GGG aussi, j’aime bien, il y a un flegme allemand, le grain me rend fou, c’est tellement dirty.

extrait « Sexationnel/Bad Cowboy » – Droits réservés Rabbi pour French Kut

Dans « Materfuck », tu évoques la branlette en zonz. J’avais parlé dans une brève de pénitenciers américains où le porn sera bientôt interdit alors que la consommation de porno semble très importante dans le milieu carcéral. J’imagine que c’est la même en France.
Y a un vrai truc qui se passe. Y a des codes aussi. En promenade, on ne doit pas voir l’échange de CD, c’est compliqué de se passer ça dans la cour, on se les cale entre l’élastique du survet et le ventre et tu diras pas devant tout le monde « Tiens je te rends le film de cul que tu m’as prêté hier ! ». Ça reste scred. Ce qui tourne beaucoup c’est les mags qui donnent un CD avec des codes par téléphone, vu qu’on est tous branchés en cellule, on récupère les films comme ça. J’avais eu « Les petites infirmières » via mon fournisseur. Ça c’était quand j’étais en cellule individuelle, là je me tuais.  Par contre c’est relou, quand le maton passe, il regarde dans l’œilleton alors il ya tout un stratagème, ton corps doit cacher l’écran sinon tu bouches l’œilleton avec du PQ mais ils peuvent venir te chercher à tout moment pour aller en promenade et là ça te recréée la bistouflex de quand tu étais jeune ! Ta mère ou ton frère qui peuvent rentrer n’importe quand. Comme si tu faisais une bêtise. Mais c’est bien que ça se passe dans ta cellule, après les mecs qui se bistouflexent dans les douches collectives, c’est dégueulasse, tu peux attraper des mycoses aux pieds…  C’est aussi là où je me suis  habitué à mater du porno en « mute ».

Seth Gueko & Nüi Dragon (Droits réservés Rabbi pour French Kut)

Elle ressemble à quoi ta life en Thaïlande ?
En dehors de l’aspect boulot pour lequel j’y suis aussi, je me lève à 13h, parce que j’ai fait la chouïa toute la nuit. Je réveille mon pote qui lui veut dormir jusqu’à 17h. On va à la plage, on rentre, on va se faire masser. Le massage c’est la détente du corps. Avec une finition bistouflex ou pipe, avec de l’huile, de l’aloe vera, c’est la détente au maximum de tous les nœuds que tu as dans le corps et justement te faire sucer le nœud. Après je vais me fumer une chicha et je vais manger local. Rien de superficiel, que des superbes ficelles.

J’aime la Thaïlande, j’aime les femmes thaïes. Elles sont les courtisanes du XXIème siècle. Tu peux avoir la plus belle femme du monde en France, mais à un moment donné dans ta vie tu vas te dire qu’elle te casse les couilles, la même chose pour une meuf vis-à-vis de son mec. En Thaïlande, c’est tellement différent, en France j’ai du ventre, là-bas j’ai des abdos. Ta meuf elle t’allonge, elle prie Bouddha avant de baiser, elle te coupe les ongles des pieds, tu cherches tes fringues le lendemain matin, tu crois qu’on t’a tout piqué, en fait elle est juste partie les laver.  Je doute que ça se passe de la même façon si tu la ramènes en France car le naturel revient au galop. C’est la durée dans le temps qui fait que tu vois si tu es avec la bonne personne ou pas, mais rien ne remplace la magie des débuts, les meilleures baises. Chacune de mes meufs en Thaïlande avait sa spécialité, y en a une qui aimait les gorges profondes, une autre la sodo, là aussi, des X-Women.

Je suis un X-men, tu vois, je t’encule avec du gravier, mon sexe en acier trempé, je le lève d’une simple pensée, je suis le Professeur Xavier !

Tu as une approche vraiment interculturelle du rap, tu représentes de nombreuses communautés, c’est assez inédit cette idée de creuset multicommunautaire.
Je suis un être humain, c’est bien le truc qu’on a tous en commun. Pourquoi on devrait se séparer selon des critères débiles ? Ce qui se révèle en vieillissant c’est que je suis Français, j’ai grandi avec la culture française, on a jamais eu honte de parler de cul dans ma famille, on a toujours écouté des vinyles paillards. Le cul c’est la vie, t’es pas né dans un chou, ou alors d’une chatte chou-fleur à la rigueur ! T’es né d’une grosse baise, sur le capot d’une bagnole, dans une salle de bain, etc… La baise c’est la vie, faut arrêter de parler de la mort tout le temps, du cancer… À la limite du cancer de la prostate si vous voulez !

Je me rends compte que tu es vraiment à l’image de tes textes et de ton son.
Mais oui ! On me parle parfois de mon « personnage » mais il n’y en a pas, c’est juste moi. Seth Gueko, il rote, il pète, il baise, il se bistouflex aussi. Ma bite c’est comme le couteau de Rambo, elle a pris la forme de mes doigts.

C’est quoi ta bande-son ?
C’est bizarre parce que dans tout ce que j’écoute, je recherche toujours cette sonorité cul, sexuelle. Sebastien Tellier, Kavinsky… Le morceau « Roche » de Tellier, je l’écoute depuis 3 ans, pareil pour « L’Amour et la Violence ». Tout ce qui me fait penser au cul, j’aime. L’album « Sexuality » est extraordinaire. Dans la BO de « Drive » y’a un truc « cul », c’est les années 80’s, Générations FM, les gros synthès, une époque qui m’évoque à la fois « Scarface » et les films de cul en VHS, la chatte poilue quoi. Voir Ron Jeremy dans le clip de LMFAO, ça c’est un clin d’œil que j’aime bien. Le Wu-Tang hésitait pas non plus à poser avec lui.

Dans « Tapis Moquette » tu dis que tu baises sur du Mobb Deep ?
Mobb Deep, c’est mon groupe préféré, c’est dark, ça reflète l’image de la musique que j’aime bien faire aussi. Leur seul morceau un peu sweet, c’est « Hey Luv » avec 112. Le morceau le plus doux sur lequel je peux baiser, y’a quand même Mobb Deep dedans, ça reste un peu « caillera », c’est que j’ai voulu dire dans le morceau que tu évoques.  « Je te baise sur du Mobb Deep One Twelve. ». J’ai du panache quand je baise, les nanas je leur serre le cou, j’ai ce côté animal, y a de la testostérone. Je suis l’homme de Cro-Magnon, je dirais pas que je ramène mes conquêtes par les cheveux dans ma grotte, j’aime bien qu’elles m’emmènent dans leur glotte par contre.

Un dernier mot ?
L’album « Michto » (Hostile/Emi Music) est toujours dans les bacs et y a les prolongations de ma tournée  Camping Car Tour à ne pas louper.

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